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Réels ou Imaginaires ? Mes récits sont un peu les deux, car il y a toujours une part de nous et donc de réel dans ce que l'on écrit ! Venez les lire et les commenter, je vous accueillerais avec plaisir !

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Périple dans la forêt de Whulh, 6ème partie

Un rire, mesquin, fort suivi d’un cri. Le reflet du soleil sur la lame d’une épée. Le bruit des chairs qui s’écartent pour la laisser passer.

Ireth se releva d’un bond, en sueur et essoufflée. Une main fraîche se posa sur son front pour la faire s’allonger. Elle vit des lèvres bouger mais elle n’entendait pas ce qu’on essayait de lui dire. La fatigue l’emporta de nouveau et tout redevint noir.

Plusieurs jours s’écoulèrent avant que l’amazone ne reprenne des forces. Même totalement guérie, elle subissait souvent l’assaut d’images indéfinissables et perdait régulièrement connaissance. Lorsqu’on lui posait des questions, elle ne se souvenait de rien, et elle demandait à plusieurs reprise ce qu’il s’était passé. Un silence gêné et perplexe s’installait alors qu’elle s’exprimait ainsi mais elle se sentait encore trop faible pour demander des explications plus durement. Au bout de deux semaines, elle se sentit capable de sortir de sa chambre pour prendre l’air et marcher un peu. Des cauchemars la hantaient la nuit et elle voulait les oublier un instant. Sans s’en rendre compte, elle se dirigeait vers les appartements de son grand-père. Elle ne l’avait vu à son chevet et se demandait ce qui avait bien pu l’en empêcher. Des images de lui gisant inconscient passaient devant ses yeux, elle n’osait envisager le pire.

Elle toqua discrètement à sa porte, n’entendant aucun bruit derrière. Elle essaya de chasser encore une fois les scènes de combat qui défilaient devant ses yeux. Un léger son traversa le bois et elle poussa la porte doucement.
Caliomyr était étendu sur son lit, souffrant, et il la regardait s’avancer vers lui, avec une joie qu’il ne pouvait exprimer que par son regard. Il tendit son bras vers elle.


-« I...rr…e…th ! »

Elle s’approcha encore jusqu’à la prendre dans les siennes.

-« Ne bouges pas Grand-père ! Je suis là…… »

Elle regarda son corps qui ne bougeait pas, un corps meurtri par le combat.

-« Mais que t’es-t’il arrivé pour être ainsi souffrant ? Oh Grand-père ! Pourquoi n’étais-je pas là pour te protéger… ? »

-« Tu étais…là…ma fille…..tu m’as ….sauvé…. de la…..mort ….. mais pas ….de…. la….souffrance….. »

La jeune elfe ne répondit pas tout de suite. Elle ne se souvenait pas d’avoir réussi à approcher lui et son père lors du combat. Elle se prit la tête entre les mains, consciente qu’il s’était passé quelque chose d’étrange. La bataille contre les Haut-Elfes…Mais oui ! Ça y’est quelques détails lui revenaient en mémoire…..Que lui arrivait-elle ?

-« Dans…quelques jours….j’irais mieux….je te raconterais….je…. »

-« Oui, dans quelques jours, pour le moment repose toi, je vais te laisser reprendre des forces. Juste une chose, qu’est-il arrivé à mon père ? »

-« Il…est…mort…. »

Ireth se releva et lâcha la main de Caliomyr. Ainsi son père n’était plus. Elle essaya de retenir un sourire et se dirigea vers la sortie.

-« Je reviendrais te voir grand-père.. »

Elle passa la porte, la referma délicatement puis retourna vers sa chambre, cette fois ci un sourire de contentement sur les lèvres. Elle ne comprenait pas cette joie mais cela valait mieux que la confusion qui régnait en elle depuis qu’elle avait repris ses esprits.

-« C’est ainsi qu’on réagit à la souffrance d’un parent ? En souriant ? »

L’amazone s’arrêta net en voyant un des membres du conseil s’avancer vers elle, la mine grave. Elle ravala son sourire et voulut s’expliquer.

-« Non, ne dit surtout rien, vu ton comportement, je me demande encore comment on peut accepter que tu restes ici ! »

Abasourdie, la jeune elfe suivit le conseiller des yeux sans savoir quoi dire. Il passa la porte de la pièce où se trouvait Caliomyr. Quant à elle, elle décida de retourner dans sa chambre pour le moment. Après cette remarque acerbe, elle n’avait qu’une envie, essayer de faire travailler sa mémoire et surtout se reposer encore un peu. Elle franchit alors le seuil et s’effondra à terre.

Lorsqu’elle se réveilla, elle gisait encore sur le plancher. Combien de temps s’était écoulé ? Personne n’était venu s’inquiéter de son état. Elle essaya de se relever, mais ses gestes étaient lents et le mouvement difficile. Au moment où elle tenta de se mettre à genoux, une douleur à la tête et aux côtes l’en empêchèrent et elle s’allongea de nouveau. Elle n’avait pas formulé le moindre petit cri ni gémissement de douleur, à croire qu’elle commençait déjà à l’endurer. Déterminée à rejoindre son lit, elle essaya de ramper jusqu’à lui. Un bruit cristallin lui parvint qui fit empirer son mal de tête. Elle regarda dans sa direction et aperçu le pendentif de Thanquol. Comment était-il revenu à son cou ? Eldûrmoth le lui avait arraché et….cette douleur dans le crâne…..Elle releva la tête et en quelques mètres, réussi à se hisser sur le matelas douillet. Elle sombra à nouveau dans l’inconscience.

Une voix lui chuchotait à l’oreille.

-« Ireth… »

Ses yeux s’ouvrirent péniblement. Sa vision était trouble et elle essaya de chasser les images de son cauchemar encore latent. Une elfe se tenait à ses côtés, quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. Un instant, elle aurait pu croire voir sa mère, et son cœur s’était mis à battre de joie. Mais lorsque sa vue revint, elle fut déçue de ne voir qu’une simple soigneuse venue s’inquiéter de son état.

-« Relevez-vous, il faut que je regarde votre blessure. »

Sa voix était douce mais l’amazone fronça tout de même les sourcils d’un air désapprobateur. Sa voix avait un ton grave et narquois.

-« Laissez-moi, je n’ai plus de blessure qui vous concerne à présent. »

La clerc ne se démonta pas et resta devant elle, attendant de se faire obéir, un regard doux sur son visage. Mais Ireth n’était pas du même avis. Elle posa ses deux mains à plat sur le lit pour se relever et se tourna vers l’elfe des bois.

-« LAISSEZ MOI JE VOUS DIS !! »

L’elfe ouvrit cette fois-ci de grands yeux horrifiés et sortit comme si elle avait vu un fantôme derrière l’amazone.

-« Cen Barthach ! »

Elle arracha alors le pendentif, mais son mal de tête ne partit pas et les images de mort hantaient encore son esprit et sa vue. Des détails lui revenaient petit à petit, elle se voyait tirer sur une sorte de mage, une illusionniste ou une enchanteresse peut être. Son père se tenait à côté. Elle se souvenait du coup d’épée qu’on lui avait donné, de la douleur, des soins et de la mort d’Eldûrmoth. En revoyant la scène, des larmes montèrent jusqu’à ses yeux. Mais elle les retint, elle ne devait pas pleurer, elle se l’était interdit.

Elle se leva, sentant ses forces revenir et la brume se dissiper. Ses pas la menèrent près de la salle du conseil. Elle se balada dans les rues du village, les gens la regardaient d’un air étrange, et elle releva la tête en signe de défit. Pourquoi l’observaient-ils ainsi ? Elle accéléra le pas en direction de son petit havre de paix. Cela faisait trop longtemps qu’elle n’y était pas retournée. A vrai dire, elle n’aurait pas pu aller si loin les jours précédents.


Elle ne monta pas dans sa petite hutte, elle ne voulait pas épuiser le peu de force qu’elle avait repris. Elle circula dans la clairière, autour des cibles, essayant de ressentir le calme du lieu et ainsi retrouver sa sérénité habituelle. Mais elle n’y arrivait pas. La forêt ne lui redonnait pas plus d’énergie, ne lui chuchotait plus ses airs sereins et doux. Tristement, elle retourna dans sa chambre, complètement perdue et cette fois-ci la tête basse, ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Sur le chemin, un soldat l’interpella.

-« Dame Ireth, Caliomyr vous réclame à son chevet. »

-« Merci »

Puis, d’un pas précipité, elle se dirigea vers les appartements de son grand-père. Elle toqua à l’entrée.

-« Entrez ! »

Elle poussa la porte et vit son ancêtre assis sur le lit, le conseiller croisé la veille, apparemment, planté à côté de lui. Il la regarda d’un air sévère tandis que son grand-père lui fit un immense sourire. Elle lui rendit, plus faiblement, et s’approcha de lui.

-« Tu m’as fait quérir Caliomyr ? »

-« Oui Nîn nên ! Approche-toi encore. »

Elle s’exécuta docilement, jetant de temps en temps un œil au grand elfe non loin de là.

-« Tu sais Ireth, je pense que ma vie va bientôt se terminer et….Non ne dis rien s’il te plaît, laisse moi parler…..et j’ai beaucoup de chose à te raconter avant de partir dans l’oubli…Ttss, laisse moi finir je t’ai dit. Je ne veux pas que tu m’interromps jeune fille.» Il reprit sa respiration. « Je dois t’expliquer ce qu’il s’est passé lors de la bataille puis ensuite je dois te parler d’un endroit où j’aimerais que tu te rendes. »

La jeune elfe des bois se rapprocha encore de son interlocuteur, car sa voix était faible. Elle s’assit au bord du lit.

-« Je t’écoute, dis moi tout ce qu’il s’est passé. Je ne me souviens plus de beaucoup de choses. »

Caliomyr lui raconta alors la bataille qu’ils avaient menés contre la cité de son père. La folie qui l’avait prise avant de commencer, l’illusionniste qui épaulait Kevirl et qui avait aussi prédit que le cristal serait leur perte. La mort d’Eldûrmoth pour la sauver lui fit citer aussi, puis la façon dont elle s’était battu dans la mêlée pour atteindre les deux chefs de guerre. Son grand-père lui raconta que lorsqu’il l’avait aperçu, son visage avait changé, il exprimait toute sa rage, sa haine mais aussi une certaine joie malsaine du combat. Ses yeux étaient injectés de sang, et tout ses muscles tendus dans une force inimaginable. Le cristal brillait de milles feux qui éblouissaient tout assaillant. Il lui décrit aussi la façon dont elle tua de sang froid son père, du cri qu’elle avait poussé et de son évanouissement.

Au fur et à mesure du récit, l’amazone revoyait tout en image devant ses yeux. Elle comprenait à présent la réaction des gens du village mais aussi de la clerc qui était venue auprès d’elle.

Le désespoir la submergeait entièrement.

-« Tu m’inquiètes beaucoup Ireth, et avant que je m’en aille, je souhaiterais que tu te rendes quelque part. Tu dois penser comme moi que tu n’a plus vraiment ta place ici après ces évènements. Surtout que par ton attitude, les adeptes de Neutra ne te reconnaîtront plus comme des leurs. Et tes nouveaux amis doivent te manquer à présent. »

Le jeune elfe acquiesça de la tête, ne voulant pas l’interrompre. Caliomyr se tourna vers le conseiller.

-« Par contre, j’aimerais m’entretenir seule avec ma petit fille, s’il vous plaît. »

Son interlocuteur sembla surpris puis vexé et sortit de la pièce en regardant d’un drôle d’air Ireth.

-« Ne fais pas attention à lui, ce qui l’importe avant tout c’est que le village reste au calme et prospère sagement. D’ailleurs, ce sera sûrement lui qui sera élu à la suite de ma disparition et cela sera une très bonne chose. Bon, revenons à nos dodos ! Es-tu déjà allé dans les belles terres d’Agnar ma fille ? »
-« Non, jamais Caliomyr. Enfin, j’ai déjà traversé des montagnes mais elles restaient franchissables et accessibles. Pourquoi cette question ? »

-« Car c’est là-bas que tu trouveras le château de Elgg Ogglin et ses terres. »

Il remua dans son lit pour remonter un peu plus. N’y arrivant pas, il s’allongea finalement de tout son long, dans un râle de douleur. Ireth voulu l’aider mais il l’en empêcha.

-« Ireth va au de-là de toutes les terres, au Nord, tu trouveras une presqu’île….Il te faut…passer…le portail…..Tu y arriveras, j’en ….suis sûr…… Regarde dans……l’armoire……il y a toutes les indications…..C’est ton destin ma chère fille………accomplis le ………..Je t’en supplie….»

Un long silence s’installa. Caliomyr, les yeux ouverts, venait de rendre son dernier souffle. L’elfe des bois se pencha sur lui pour lui fermer les yeux puis le pris dans ses bras. Il était trop tard à présent pour rattraper le temps. Elle aurait tellement aimé le serrer dans ses bras de son vivant. Mais elle se releva, il ne fallait pas qu’elle pleure, elle aurait bien assez le temps plus tard. Il fallait qu’elle obéisse aux dernier vœux de son grand-père et le plus vite possible avant qu’on entre dans la pièce et qu’une autre personne prenne sa place.

Plutôt que d’avertir les sentinelles, elle se leva et ouvrit les portes de l’armoire qu’il avait désigné. Il y avait divers livres, tous assez anciens, ainsi qu’un peu de linge, mais un seul retint son attention….Elgg Ogglin. Il se trouvait dans un recoin entre plusieurs livres. Elle le prit délicatement dans ses mains puis le feuilleta rapidement. Des cartes, des textes, des annotations…tous les renseignements devaient être là. Elle regarda une dernière fois sur les étagères mais rien ne semblait pouvoir lui servir. Elle referma les portes, puis essaya de réfléchir sur la ruse possible afin de sortir le livre de cette chambre. Elle retourna dans le meuble, prit un grand morceau de tissu et l’entoura avec. Elle se pencha sur son grand-père, dans la même position qu’auparavant. Elle cria :


-« Grand-père ! Non ! Restez avec nous ! Je vous en prie …. »

Un garde entra alors, suivit du conseiller qui devait surveiller de près. Il s’approcha du corps de Caliomyr pour lui ressentir son souffle. D’un mouvement de tête, il fit comprendre que tout était fini et il posa un regard triste sur Ireth. La jeune elfe se leva alors puis se dirigea vers la sortie.

-« Qu’emmenez-vous ? »

-« C’est un cadeau qu’il m’a fait. Une fois que je suis revenue vers lui avec, il m’a dit au revoir et s’est éteint...Je pense que je vais devoir partir prochainement. Comme il l’a dit, je n’ai plus ma place ici, et je suis la dernière de la famille. Je n’ai plus rien à faire à Canas Dolen ! »

Elle se tourna pour regarder d’un air de défi le sage elfe. Son regard s’était durci mais il lui parla avec respect, ce qui l’étonna.

-« Ireth, votre destin va vous emmener loin d’ici, mais sachez que vous serez quand même toujours chez vous à Canas Dolen. En tout cas tant que ce sera moi qui en tiendrait les rennes et il en serait de même pour les autres conseillers. Bêd erin Sidh Ireth ! »

Il lui sourit d’un air entendu et l’amazone baissa la tête en remerciement.

-« Merci à vous ! Bêd erin Sidh Conseiller ! »

Elle passa la porte et pris la direction de sa chambre. Elle rassembla ses affaires éparpillées un peu partout puis s’apprêta à partir. Elle savait qu’elle oubliait quelque chose. Elle se retourna et vit le cristal au même endroit où elle l’avait jeté. Elle le ramassa et le remit autour de son cou. Après tout, ses migraines n’avaient pas empiré en son absence, il n’en était donc pas la cause. Elle jeta un dernier regard à la pièce et franchit le seuil. Elle passa à la réserve se servir en nourriture. Personne n’osait lui parler, et certains faisaient même en sorte de ne pas se trouver sur son chemin ou de détourner la tête. Une flamme de colère monta dans son esprit. Elle ne pourrait jamais plus revenir dans ce village. A moins qu’on la supplie d’y retourner, plus jamais elle n’y mettrait les pieds sans avoir l’air d’une folle aux yeux de tous ses semblables.

Une fois son sac terminé, elle se décida à prendre le chemin du retour vers les terres des Seigneurs Dark. La route fut longue et épuisante pour l’amazone. Elle devait parcourir plus de chemin qu’à l’aller, ne pouvant plus bénéficier des portails de son ami Eldûrmoth. Petit à petit, elle commençait à oublier tous les évènements passés. Elle était obligée de faire de longue pause pour se reposer mais la seule chose dont elle se souvenait était qu’il fallait retrouver les grottes de sa famille d’adoption. Les provisions qu’elle avait emporté ne furent pas suffisante et elle dut se servir dans ce que fournissait la forêt pour ne pas mourir de faim ou de soif. Son dodo filait pourtant à vive allure durant le trajet mais elle trouvait le temps long, trop long. Au bout de quelques jours, elle sortit du royaume de Neutra, traversa diverses routes plus ou moins fréquentées. Puis, elle aperçut enfin la frontière des terres d’Esdeh'Kã. Un soupir de soulagement lui échappa. Elle allait enfin pourvoir se reposer de son long périple.

C’est avec plaisir qu’elle arriva enfin auprès de l’auberge des Seigneurs Dark. Apparemment, son retour ne fut pas comme elle souhaitait, car personne ne lui fit un accueil en grande pompe. Elle était partie trop longtemps, peut être l’avaient-ils oublié se dit-elle. Elle retrouva tout de même ce bon nain de Agar, qui l’aida à s’occuper de ses affaires et en profita pour décharger aussi les siennes. Voyant que personne ne s’intéressait à eux et ne venait les aider, ils se dirigèrent d’un même pas à l’intérieur de la taverne, histoire de se relaxer un instant autour d’un bon verre de bière pour le forgeron et de liqueur pour l’elfe des bois. Mais alors qu’ils passaient le seuil, une surprise les attendait. Tous les membres ou presque s’étaient réunis et les attendait pour célébrer leur retour. C’est avec joie qu’ils se mêlèrent à la fête mais Ireth, épuisée, s’endormit sur la table.

Le lendemain, elle se réveilla dans sa chambre à sa grande surprise. Quelqu’un avait du l’amener ici pour qu’elle se repose mieux qu’à moitié contorsionnée sur une table d’auberge. Puis l’enfer repris. Des douleurs affreuses au niveau des tempes, des images d’horreurs défilaient devant ses yeux et elle perdait souvent connaissance. Sadra, inquiet, voulait tout faire pour savoir ce qui lui était arrivé, mais elle avait du mal à se souvenir. Il voulu même lui enlever son précieux pendentif croyant à une possession par ce dernier. Pauvre Thanquol, il se fit accuser par l’elfe noir, alors qu’il n’y était pour rien si un esprit malfaisant s’était emparé du cristal lors du passage du portail d’Eldûrmoth. C’est la conclusion qu’elle en avait déduit après que ses crises se fut espacées.

Il manquait tout de même quelqu’un dans les grottes. Torwen, leur représentant, ne s’était pas fait voir depuis bien des lunes, et cela inquiétait tous les Seigneurs Dark. Après une missive les informant que leur guilde se mettait en veille, Sadra partit suivis de près par Belphegor et TrolKabu. L’amazone ne savait plus quoi faire. Les plus précieux de ses amis de guilde s’en étaient allés, et elle-même était divisée entre son désir de rester pour leur représentant, partir en quête de spiritualité pour renouer avec sa déesse Neutra ou rechercher ses plus chers amis.
Elle choisit alors la retraite. Beaucoup trop de pensées et d’évènements récents l’avaient éloigné de sa déesse, et elle ne se retrouvait plus vraiment dans ses préceptes.

Ireth laissa une lettre sur ce qui allait devenir son ancienne couche. Elle expliquait à ses anciens amis de guilde son départ, et ses raisons. Elle avait de plus en plus de mal à prier Neutra, et peut être que sa retraite spirituelle l'aiderait à renouer avec la Déesse.
L'air maussade, elle rassembla ses dernières affaires, qu'elle avait accumulé pendant toute cette année et essaya de chasser les mauvais souvenirs pour ne garder que les bons. Avant de franchir la porte, elle se retourna une dernière fois sur son ancienne demeure. Elle l'avait débarrassé de toutes les plantes et arbustes qu'elle avait apporter pour plus de bien être et la pièce semblait vide. Quelqu'un d'autre pourra prendre cette chambre plus tard......
Elle descendit en direction de la taverne. L'ambiance ne battait pas son plein, mais on apercevait encore de la lumière et quelques silhouettes y déambuler. Elle lui tourna le dos, mit sa capuche sur sa tête, son baluchon sur l'épaule et partie en direction de la forêt. Le livre de son grand-père ballottait dans son sac, il serait ouvert plus tard, lorsqu’elle en ressentirait le besoin.
La nuit approchait et elle voulait se trouver un petit havre pour s'y installer et y commencer ses prières. Elle y resterait sûrement plusieurs jours, si ce n'est plus, le temps qu'il faudrait pour se retrouver et s'unir à nouveau avec la divinité.

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