Tirith-Dî se prépara rapidement et partit faire de même avec les deux enfants dont elle avait la responsabilité depuis quelques monad. Elle n’aimait pas particulièrement ces elfes des bois prétentieux et sûrs d’eux mais au moins vivait-elle au calme dans cette forêt et il n’y avait aucun risque pour que sa maison s’enflamme sous les assauts d’un dragon. Cette race d’elfe n’était en plus pas la plus difficile à surveiller et à éduquer. Ils savaient écouter, obéir et n’avait jamais d’intentions malveillantes envers quoique ce soit. Très prudent de nature, il ne leur arrivait jamais de se perdre ou de se briser un os. Le plus dur pour elle était de supporter ce misérable surnom de Tirith-Dî et de garder son mépris à l’intérieur. Ses pensées fourmillaient toujours tandis qu’elle s’occupait des deux jeunes elfes. Pourquoi toujours tout traduire dans leur satanée langue ? Elle avait un nom et un prénom que diable ! Pourquoi ne pas l’utiliser ? Laera Zaelgrut n’était pas très joli d’accord, mais de là à ne pas s’en servir…
Une fois fin prêts, Caliomyr et son grand frère sortirent en courant de leur chambre suivis de près par leur nourrice. Ils dévalèrent les escaliers en riant. Sûrement Rendir avait-il encore nargué son petit frère et ils se poursuivirent jusqu’à la table principale de la famille. Leur mère était déjà en train de s’affairer pour placer les victuailles dessus et leur père se frottait encore les yeux pleins de sommeil, assis à son extrémité. Une bonne odeur emplie leur narines et fit gronder leur estomac affamés de petits garçons.
-« Ne courez pas ! Vous allez tout renverser ! »
La voix de leur Tirith-Dî les freina instantanément et ils s’installèrent dans le calme de chaque côté de leur père, face à face, tout en se tirant la langue lorsque personne ne les regardait. Un messager se présenta à Elvil-Gan. Ce dernier fronça les sourcils et Caliomyr l’observa, inquiet.
-« Vous allez devoir repartir, Ada ? »
-« Oui, Nîn nên ! Je crois bien que oui, malheureusement. Ces dragons ne nous laisseront pas tranquilles tant qu’il en restera encore un sur notre belle Ganareth. »
Milana s’approcha de son compagnon.
-« Cela ne fait que quelques Djay pourtant, pourquoi nous rappellent-ils déjà ? »
-« Apparemment les rangs de l’ennemi se sont renforcés pratiquement après notre départ. Ils sont en train de rappeler tous ceux qu’ils avaient laisser partir. »
Les deux enfants baissèrent la tête vers leur assiette et se mirent à manger sans plus d’enthousiasme.
Les deux silhouettes s’éloignaient une fois de plus. Caliomyr et Rendir virent leur parents partir pour une autre bataille. Encore et toujours cette guerre. Quand cela finirait-il ? Caliomyr tapa du pied sur une racine à proximité et s’en retourna dans le village. Rendir, d’un naturel un peu plus serein que son petit frère par son âge, le suivit sans commentaire. Ils rejoignirent leur nourrice pour savoir ce qu’elle leur avait préparé comme emploi du temps ce djay.
Ainsi défilèrent les monad puis les yano. Milana et Elvil-Gan revenaient de temps en temps mais restaient rarement plus d’une decad. Les enfants étaient uniquement sous la responsabilité de Tirith-Dî et des autres membres de la bourgade. Caliomyr, à plusieurs reprises, exprima son souhait de se joindre à leur expédition, essuyant bien entendu un refus à chaque requête. Les deux frères grandissaient de plus en plus, et gagnaient en force, habilité et courage. Caliomyr se débrouillait mieux dans le maniement des armes et boucliers alors que son grand frère savait manier la nature avec art. Souvent, ils avaient l’impression qu’un esprit malfaisant rôdait dans les environs de Canas Dolen. Pourtant, leur inquiétude était rapidement traitée d’invention d’esprit jeune et aimant les histoires à dormir debout.
Ils l’avaient encore laissée seule avec ces deux monstres ! Plus ils grandissaient, plus il devenait difficile de les faire rester au même endroit plus d’une demi-hor. Laera dépassa les dernières habitation afin de partir à leur recherche. Si seulement ils savaient…Ils feraient moins les fiers devant elle. Il lui tardait qu’ils s’en aille enfin pour partir à l’aventure avec leur cchhherrss parents. « Pas avant au moins leur 50 yano avait annoncé leur père. Je ne veux que mes fils voit une telle horreur trop tôt. Cela ne pourrait que les en dégoûtait ou au contraire leur faire adorer d’une mauvaise façon. Ils n’ont pas encore la sagesse suffisante. »
Comme si la sagesse était utile dans une mélée alors que des vies tombaient à chaque coup d’épée ou de lance…Ces elfes des bois sont vraiment...Stupides !