Réels ou Imaginaires ? Mes récits sont un peu les deux, car il y a toujours une part de nous et donc de réel dans ce que l'on écrit ! Venez les lire et les commenter, je vous accueillerais avec plaisir !
Yano 8831, Hurdjay de Terr’Mid’Pring…Ce Marn, Caliomyr se leva tout excité. Cela faisait 20 Yano que son frère avait rejoint leurs parents dans leur combat contre les dragons. Lui avait du encore rester au village, sous la surveillance de Tirith-Dî. Quelle peste cette nourrice lorsque ses parents n’étaient pas présents !! Rendir avait pu lui échapper lui au moins. Depuis tout ce temps, seul à seul avec elle, il se rendait compte qu’elle trouvait tous les prétextes possibles pour qu’il se fasse accuser de tous les maux possibles. Mais en ce djay de la Liberté, il allait enfin être débarrassé de sa présence. Elle pourrait rejoindre les siens, ce village d’humains qu’elle avait quitté il y a de cela 50 yano. Ses parents allaient revenir le chercher et il pourra enfin recevoir les enseignements de la guerre et combattre avec eux leurs oppresseurs. Mais avant cela, il fallait qu’il accomplisse une mission qu’il s’était promis d’effectuer le djay de ses 50 yano : Donner une bonne leçon à cette nourrice de malheur pour qu’elle ne remette plus les pieds ici.
Laera Zaelgrut se réveilla en sursaut…pour s’apercevoir qu’elle ne pouvait faire aucun mouvement. Elle était complètement immobilisée sur son lit par un étrange enchevêtrement de corde, de résine et de tissus noués les uns aux autres. Sa colère enfla au fur et à mesure qu’un visage se dessinait devant ses yeux. Caliomyr ! Ce garnement ne perdait rien pour attendre. Il allait le sentir passer une fois qu’elle serait sortie de ce bric-à-brac. Au prix de quelques éraflures, brûlures et déchirures, elle réussit à dégager ses bras puis se saisit d’une dague toujours à porter de son oreiller pour trancher les cordes et les lianes de tissus qui l’entouraient. Cela lui prit environ une Hor avant de tout se débarrasser puis deux de plus pour enlever toute la résine sur sa peau ainsi que dans ses cheveux et ses vêtements. Elle remit sa chambre en état rapidement puis se rua enfin à l’extérieur à la recherche du jeune elfe.
Elvil-Gan descendit de son dodo suivi de sa compagne. D’autres elfes semblaient les avoir accompagnés mais ces derniers restèrent sur leur monture. Caliomyr alla se jeter dans les bras de sa mère puis dans ceux de son père, tout heureux à l’idée qu’ils venaient le chercher. Mais son père ne montra pas sa joie et garda le visage sombre.
-« Que se passe-t-il Ada ? »
-« Nîn Nên, ne t’en fais pas, je tiendrais ma promesse, mais … Saches que vu les circonstances actuelles, j’aurais préféré ne pas avoir à t’emmener avec nous. »
-« Où…où est Rendir ? »
-« Il est resté sur place, avec son maître. Ils ont trop besoin de ses services. » Répondit Milana. « Tes affaires sont-elle prêtes, Caliomyr ? Nous ne pouvons pas rester trop longtemps, quelqu’un t’attend impatiemment et nous-même sommes très attendus. »
Au moment où le jeune elfe alla répondre, une voix haineuse surgit de l’escalier de leurs appartements.
-« CALIOMYR ! ESPECE DE … »
Tirith-Dî s’arrêta au moment où elle aperçut les parents du garçon et elle se fendit d’un énorme sourire et d’une voix mielleuse.
-« Ooohhh !! Mais vous voilà de retour ! Quelle surprise ! Avez-vous fait bon voyage ? »
Puis l’humaine s’approcha de plus en plus, les bras tendus vers Caliomyr faisant mine de le prendre dans ses bras. Le jeune elfe s’esquiva vivement et lança un regard de braise à sa nourrice. Faisant comme si elle n’était pas intervenue, il se tourna vers ses parents.
-« Je vais chercher mes affaires, je n’en ai pas pour longtemps. »
Il fit rapidement demi-tour et se dirigea en courant vers sa chambre. Une fois disparu de leurs yeux, Elvil-Gan et sa femme reportèrent leur attention sur l’humaine. Milana prit en premier la parole d’une voix qu’elle voulut sèche et sans intonation.
-« Je pense que vous pouvez aussi faire les vôtres, Tirith-Dî. Nous n’aurons plus besoin de vos services à présent. Il me semble qu’il vous tardait de retourner dans votre contrée familiale. Le moment est venu pour effectuer ce voyage. »
-« Nous ne saurions comment vous remercier de vos loyaux services pendant tant d’années. Néanmoins … »
Elvil-Gan se rapprocha de son cheval et y prit un lourd et encombrant paquet.
-« Nous tenons à vous offrir ceci en guise de remerciements. Ce n’est pas grand-chose mais cela peut peut-être vous être utile à votre retour chez vous ! »
Il le tendit à la nourrice qui s’approcha pour le prendre d’un air soupçonneux. Elle effectua tout de même une petite révérence.
-« Merci infiniment pour ce présent, je ne regrette en rien les années passées à vos côtés et suis heureuse d’avoir vu vos enfants devenir adulte. Ma contrée me manque il est vrai, je vais me préparer rapidement afin d’effectuer le voyage. »
L’humaine posa le paquet sur la table et commença à le débarrasser de son enveloppe. Elle y trouva tout le nécessaire pour le retour auprès des siens : Une robe longue mais souple et saillante, un bâton de marche, fort bien sculpté, plusieurs besaces et ustensiles pour boire et manger et enfin une pèlerine chaude pour se protéger du vent et se dissimuler aux yeux des autres voyageurs. Au creux du linge se mit à briller un petit objet. Elle s’en empara du bout d’un doigt et découvrit une cordelette de cuir de laquelle pendait un petit pendentif argenté. Lorsqu’elle voulut le poser dans sa paume, une grimace faillit traverser ses traits.
-« Ce dernier présent vous servira à trouver facilement votre route et surtout à éviter les encombres dues aux prédateurs et autres voleurs de grand chemin. J’espère que vous n’aurez pas à vous en servir trop souvent… » Le ton de Milana semblait fort peu courtois mais contenu.
Tirith-Dî se força à sourire en se retournant vers ses anciens patrons.
-« Merci encore, je prendrais grand soin des dons que vous faites. Que la déesse soit avec vous ! »
Puis, comme mue par une force étrange, elle s’empara précipitamment de ses affaires et fonça vers ses appartements. Elle croisa en chemin Caliomyr qui ne lui donna même pas un regard de merci ou de salut. Plus tard, de sa fenêtre, elle les vit monter en selle puis repartir par le chemin d’où ils étaient arrivés, le jeune elfe entre eux deux.
Un pendentif bénit par leurs druides …Quelle horreur ! Comment ont-ils pu m’offrir ça ! C’est un blasphème, une honte ! Comme si je suivais leur religion !
Laera Zaelgrut venait de finir de boucler toutes ses affaires. Elle emmitoufla le médaillon dans un chiffon, bien décidée à l’abandonner au pied d’un arbre en sortant du village. Une fois son sac sur les épaules, elle prit une petite fiole encore posée sur sa table puis la lança dans la chambre avant de sortir en fermant rapidement la porte. Un sourire narquois naquit sur ses lèvres et elle ne le quitta pas même en franchissant les limites du village d’elfe des bois. Personne sur sa route n’osa croiser son regard et son départ se fit dans un silence presque parfait. On n’entendit plus parler de Tirith-Dî, alias Laera Zaelgrut à Canas Dolen.
Le voyage s’effectua pratiquement sans embûche. Ils durent faire un détour pour ne pas risquer de tomber sur un champ de bataille ou une embuscade. Caliomyr en fut déçu mais son père lui expliqua que le temps viendra où il pourra croiser le fer. Avant, il devait subir un dur entraînement auprès d’un maître d’armes compétent de leur entourage. Sur le chemin, il apprit qu’il ne reverrait pas son frère tout de suite, ce dernier étant au cœur de la bataille contre une partie de l’armée de Dragoon. Son enthousiasme retomba quelques peu à cette annonce mais il fit en sorte de ne pas le montrer à ses parents. Au bout de quatre djays, le jeune elfe vit le paysage alentour changer. Des arbres mis à mal commençaient à laisser la place à la roche du royaume des montagnes. La température se mit à baisser progressivement et ils durent se couvrir plus que de coutume.
Ils durent descendre de leurs montures, le chemin montagneux étant trop étroit pour pouvoir passer à dodo. Caliomyr se trouva entouré devant et derrière par son père et sa mère. L’ascension les ralentie quelque peu mais ses parents ne semblèrent pas s’en inquiéter. Encore un djay, disaient-ils, et ils arriveront à bon port. L’elfe n’avait pas l’habitude de faire un si long et dur voyage, et malgré les encouragements, il commençait à se fatiguer rapidement. La nockt, il devinait les tours de gardes que prenaient Elvil-Gan ou Milana. Il allait de surprise en surprise lors de ce voyage, car jamais il n’avait vu ses parents dans de telles circonstances, et il en apprenait chaque jour un peu plus sur leur compte. Petit à petit, il découvrit que des grottes se dessinaient le long de leur route. Elles semblaient totalement dépourvues de toutes présences vivantes, animales ou humaines.
Soudain, son père s’arrêta net et Caliomyr faillit percuter le dodo devant lui. Une immense cavité se dévoila à ses yeux lorsqu’il se pencha de côté afin de savoir la raison de ce brusque arrêt. Elvil-Gan se retourna, un doigt sur la bouche pour leur faire signe de se taire. Il reprit alors sa marche, d’un pas lent et attentif. Tout cela commença à inquiéter le jeune elfe et il se rapprocha un peu plus de lui. Deux hommes surgirent alors devant eux. Armés de longues armes, leurs visages étaient impressionnants de dureté et leurs peaux très sombres. Caliomyr se dit qu’ils devaient être de la race des elfes noirs dont lui avait déjà parlée sa mère durant son enfance.
-« QUI VA LA ? »
-« Dites à votre chef que la famille Cithràvièl lui apporte ce dont il était convenu ! Les combats avec les grands cracheurs se rapprochent ! Notre temps est compté ! »
Les deux elfes noirs croisèrent leurs regards et celui de droite disparut dans l’obscurité de la grotte tandis que celui de droite rester à barrer leur route. Au bout d’un certain moment, pendant lequel le jeune elfe se demandait ce que signifiait tout ceci, le garde revint d’un pas plus léger et la mine moins sombre.
-« Il vous attend messire Cithràvièl, laissez nous nous occuper de vos montures, nous allons les mettre à l’abris le temps de votre visite. Vos affaires vous attendront dans vos quartiers. »
Sur ces mots, les deux gardes leurs ouvrirent le passage et ils s’engouffrèrent à l’intérieur. Lorsque Caliomyr voulut se retourner, ils avaient déjà disparu.