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Réels ou Imaginaires ? Mes récits sont un peu les deux, car il y a toujours une part de nous et donc de réel dans ce que l'on écrit ! Venez les lire et les commenter, je vous accueillerais avec plaisir !

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Périple dans la forêt de Whulh, 2ème partie

Elle arriva devant sa chambre, perplexe. Elle ne tiendrait pas dans cette petite salle. Elle prit ses affaires et alla faire un tour en dehors du village pour se dégourdir les jambes. Elle sentit qu’on la suivait, mais comme ça ne pouvait être que quelqu’un du village (peut être un élève) elle ne s’inquiéta pas outre mesure. Au bout de quelques centaines de mètres, elle arriva dans son petit havre personnel. Elle soupira….cela faisait longtemps qu’elle n’était pas venue se recueillir dans cet endroit. Maintenant, il était légèrement délabré, en le regardant attentivement, Ireth se demanda comment les élèves avaient pu trouver cet endroit intéressant…….Elle grimpa avec souplesse dans la cabane principale surplombant le terrain d’entraînement et entra dans la pièce. Un bruit sourd se fit entendre, un caillou avait atterri contre les planches de la petite baraque. Elle ressortit et attrapa au vol une deuxième pierre qui avait failli atterrir cette fois-ci sur le visage même de l’elfe. Eldûrmoth se tenait là en bas, souriant.

-« Tiens tu es ici ? Monte si tu veux !! J’aimerais savoir pourquoi tu m’as suivi et ….surtout pourquoi tu m’as retenue de tuer cette saleté de Haut-Elfe. »

L’elfe des bois grimpa alors lui aussi à l’arbre et se plaça à côté d’Ireth, qui s’était assise au bord de la plate-forme, les jambes pendantes au dessus du vide. Le ranger ne prononçait aucun mot et la jeune Elfe était de plus en plus devenue impatiente de n’écouter que le silence.

-« Mais vas-y parle, Que me veux-tu ? Rrrhhaaaa !!!! Puis tu m’énerves à la fin !! »

Elle se leva d’un bond et commença à faire le tour de la passerelle.

-« Je trouve que tu es bien susceptible, emportée et impatiente pour une servante de Neutra. Une question, connais-tu mon passé ? »

Ireth se retourna en direction de Eldûrmoth, surprise par ses paroles. En effet, depuis certains incidents, elle n’était pas digne de sa déesse et manquait à toutes les politesses envers les siens, tant sa haine avait triplé en force et en volume. Elle leva les yeux vers la lune, le ciel étant resté pur et sans nuage, et essaya de capter un peu de sérénité dans ses rayons. Elle prit une grande respiration et parla d’une voix plus posée, calme et attentive.

-« Non, pas vraiment, j’ai été absente longtemps tu sais……..Racontes toujours, peut être les souvenirs me reviendront. »

Eldûrmoth prit alors la parole et lui raconta ce qui était arrivé à son frère. Ireth fronça les sourcils, elle savait qu’ils haïssaient les Elfes des Bois mais de là à en faire des animaux à abattre. Un frisson rempli de haine la remplie soudain, si elle ne se maîtrisait pas, elle aurait été capable de foncer tout de suite dans leur ville et de tous les égorger comme des bêtes sauvages capturées à la chasse.
Elle respira encore une fois très profondément et le ranger repensa alors à Sadra qui lui aussi contenait sa haine envers les hauts-perchés.


-« Mais alors, comment as tu pu m’empêcher de l’égorger.. ? »

-« Je pense que mes longs voyages m’ont appris à me contrôler, et surtout à rester calme devant n’importe quelle situation. C’est pour cela que même si la haine commence à monter en moi à la vue d’un de ces chiens !! J’arrive encore à la contenir en me disant qu’un jour leur heure, la grande heure viendra et qu’à ce moment là, ce sera l’heure de ma vengeance. »

Le jour commença à se lever, il allait falloir revenir au village et continuer les exercices avec les élèves, comme si de rien n’était, comme si cette nuit avait été calme. Ireth se demandait encore quelle était la mission de ce Haut-Elfe. Il cherchait un objet, apparemment,….mais quel objet ?

Ireth s’assit de nouveau à côté de l’elfe, cette fois-ci enroulée sur elle-même en se tenant les jambes avec les avant bras. Elle le considérait de plus en plus comme un frère, plus que ceux du village…..sûrement à cause de la haine qui les unissait.


-« Tu penses qu’il venait pour quelle type de mission ? »

-« Je ne sais pas……il va falloir attendre son aveu. »

-« Tu viens à mon entraînement ? » Fit-elle de but en blanc.

Eldûrmoth, surpris, ne sut quoi répondre.

-« Euh, écoutes, …..je sais pas, je pense qu’il vaut mieux que je reste au village jusqu’à ce qu’il avoue, et si tu veux je vous rejoindrais pour t’en parler une fois que j’aurais obtenu ses raisons. »

-« D’accord, faisons comme cela. »

L’elfe des bois descendit alors en faisant une pirouette, et retomba sur ses pieds comme un chat l’aurait fait. Eldûrmoth descendit à son tour et la suivit jusqu’au village.
Ils se séparèrent à l’entrée et Ireth se dirigea vers sa chambre préparer ses affaires pour l’expédition. Elle passa aussi pour récupérer un peu de nourriture pour quelques jours, ne sachant pas elle-même combien de temps ils partiront en excursion.
De retour au centre du village, les futurs explorateurs et espions l’attendaient tout en bavardant. Ireth passa à côté d’eux et leur fit signe de la main de la suivre. Ils s’arrêtèrent devant l’artisan pour récupérer des arcs et des flèches pour chacun.


-« Merci infiniment Nomir. A bientôt et que la lune te soit clémente. »

Le petit groupe continua lentement sa progression à l’intérieur de la forêt. Ils n’étaient plus très nombreux, sûrement que certains avaient dû abandonné au cours de la nuit. Ils étaient en tout et pour tout huit, pas un de plus, cela leur permettrait de faire plusieurs groupes de deux pour mener à bien certains exercices, se dit l’amazone

Le poids du silence était presque palpable, les jeunes archers et futurs espions étaient très anxieux et se demandaient sûrement ce qu’Ireth leur avait préparer. Surtout après ce qu'il s'était passé cette nuit.

La journée passa tout de même très vite. Ils s’entraînèrent à nouveau à l’arc sur des cibles mouvantes cette fois-ci, des petits animaux qu’ils dégusteraient au repas du midi, puis à celui du soir. L’après-midi, les courses poursuites s’enchaînèrent, à chaque fois deux fuyards partaient avec cinq minutes d’avance avant que le reste du groupe ne parte à leur recherche. Là, les élèves apprirent à distinguer des traces de leur « proies », à les battre à la courses mais aussi à les débusquer silencieusement. Ils dormirent très peu, Ireth les réveilla au beau milieu de la nuit pour un exercice de repérage et d’orientation. Tous en tenue de discrétion, ils s’essayèrent à distinguer des lieux qu’ils ne connaissaient pas et à distinguer leur coéquipiers dans la nuit, sachant que les elfes des bois n’ont pas la meilleure vue dans l’obscurité comparée à celle de leur cousin, l’elfe noir. Ils répétèrent ces différents exercices le lendemain, et Ireth fut heureuse de constater qu’ils apprenaient très vite. Elle pourra passer à l’étape suivante.

Autour des repas, les conversations allaient bon train, et l’amitié et la confiance s’installaient petit à petit dans le groupe. C’était primordiale pour la mission qui les attendaient tous. Ireth par contre se retirait de temps à autre. Elle avait besoin de faire le point sur elle-même, sur ses choix et sur ses réactions. Ses prières envers Neutra redoublèrent, implorant sa déesse de l’aider à contenir sa haine et à garder une certaine neutralité envers les évènements futurs.

Le troisième jour, ils eurent la visite de Eldûrmoth. Ils se préparaient tous pour partir vers une nouvelle épreuve lorsqu’un portail s’ouvrit à quelques mètres du campement. Le maître du temps en sortit comme s’il venait de passer une porte tout à fait normale et d’entrer dans une pièce, devant les yeux ébahis des jeunes Elfes.


-« Bonjour à tous !! Alors comment se passe ce petit séjour ? Ireth ne vous martyrise pas trop j’espère !! »

Les élèves rirent tous en cœur et lui rendirent ses salutations. Ireth quant à elle, sourit légèrement et s’approcha du Ranger. Elle savait que s’il était là ce n’était pas juste pour prendre de leurs nouvelles. D’un regard entendu, ils s’éloignèrent d’une trentaine de mètres du camp. Ils s’arrêtèrent et la jeune elfe croisa les bras.

-« Alors dis-moi, qu’a-t-il dit ? »

-« Il ne nous a pas tout dit encore, mais Caliomyr pense qu’il nous a dit l’essentiel. Une prophétesse est arrivée depuis quelques temps déjà chez nos voisins. Elle a prédit à ces dirigeants que lorsqu’ils trouveraient le cristal blanc, la victoire leur appartiendrait et ils pourraient disposer de notre village sans problème. Apparemment, c’est depuis sa venue que les disparitions étranges se sont produites aux abords des frontières et que les confrontations se rapprochent. Il n’a pas voulu nous dire son nom, ou alors peut être ne le connaît-il vraiment pas, mais c’est de cette personne qu’il va falloir se méfier, plus que de ton père ou de ses parents. Et l’espion cherchait un cristal blanc……. » Eldûrmoth porta le regard au cou d’Ireth. « …..Comme celui ci. Il a même fait ta description et avait remarqué que tu le portais lorsque tu t’es jeté sur lui la dernière fois. »

-« Que compte faire mon grand-père de lui ? Maintenant qu’il sait ce que je porte ? »

-« Je ne sais pas du tout, ils continuaient encore à l’interroger lorsque je suis parti. Mais dis- moi où as-tu eu ce cristal ? »

-« Figures-toi que je ne comprend pas plus que toi ce qui se passe avec ce cristal. C’est un cadeau d’un…….ami très cher qui me l’a donné lors de la première nuit de notre voyage. D’après lui, il me permet de communiquer avec lui en le gardant à mon cou. Il m’a averti du danger la nuit où le haut-perché s’est introduit dans le village, une grande lumière s’est échappée du cristal pour me réveiller. Je ne connais pas grand chose de son pouvoir, seulement que j’ai pu communiquer une fois avec et qu’il m’a averti une deuxième fois d’un danger. Je trouve cela très mystérieux. Qu’en penses-tu ? »

Ils commencèrent à se balader autour du campement, rester immobile n’était pas trop dans leur habitude.

-« Je ne sais pas trop quoi en penser, Ireth. Seulement, j’espère que lors de notre prochaine mission, il ne s’éclairera pas en pleine dissimilation, comme une bougie dans une salle sombre et ce au moindre danger. »

-« Pour plus de sécurité je le cacherais dans un petit sac de cuir. Sa lumière ne pourra pas passer, je sentirai juste sa douce chaleur traverser le tissu. »

-« Bien ! Cela me rassure un peu. Dis moi, as-tu un coéquipier ? »

-«Ils sont huit, plus moi neuf et si tu restes avec nous aujourd’hui nous serons donc dix. Pourquoi cette question ? Cela te tente ? »

-« Pourquoi pas. Et puis, si on est censé faire la mission ensemble, autant que l’on s’exerce un peu avant non ? »

-« Tout à fait ! Allons-y, je crois que nos petits élèves s’impatientent un peu » Dit-elle dans un léger rire.

-« Nos élèves ? Non non, je suis tout à ton écoute madame la professeur !! » Fit Eldûrmoth en riant lui aussi.

Tout en se dirigeant vers le petit groupe, Ireth prit le cristal dans ses mains, décrocha son petit sac en cuir de sa ceinture, sourit une dernière fois en observant l’objet puis le plongea délicatement dans la petite sacoche qu’elle accrocha à la même place.
Elle annonça au groupe que Eldûrmoth fera partie du reste de l’expédition afin que leur professeur puisse elle aussi s’entraîner et discuter de la mission avec le Ranger. Les « élèves » furent fort ravis de compter parmis eux un nouveau venu, surtout que Eldûrmoth avait une assez bonne réputation dans le village.
Ce fut donc l’âme joyeuse qu’ils partirent tous sur le chemin de leur prochain apprentissage. Celui ci consistait plus à un métier d’acteur et de bon menteur qu’a un exercice physique. En effet, si certains d’entre eux devaient être confronté à une infiltration, cela les aiderait énormément. Chacun leur tour, ils s’essayèrent à inventer un scénario, à entrer dans la peau d’un habitant et à s’habituer aux quelques coutumes ayant cour chez les Haut-Elfes voisins mais aussi à ce qu’il ne faudrait pas dire ni faire en leur présence. Ireth savait très bien qu’ils n’auraient peut être pas besoin de ces compétences dans la mission qui venait, mais selon son résultat, et, pour leur avenir autant aborder cet atout du parfait espion.
Quand à la mission elle-même, le jeune professeur ne savait pas trop par où commencer. Tout d’abord, il faudrait établir un état des lieux de la situation à la frontière : l’avancement du village, le nombre de gardes et leur parcours, les placements et déplacements des espions et autres adeptes de la discrétion…..sachant que cela faisait longtemps qu’elle ne s’était rendu de ce côté de la forêt. Ensuite, ils iraient faire le rapport à Calyomir pour savoir s’ils devaient s’aventurer plus avant dans le village jusqu’à une infiltration incognito. C’était apparemment la meilleure solution……progresser d’étapes en étapes sans trop se précipiter.

Mais le problème était personnel. Comment allait-elle réagir face aux lieux de son enfance, aux gens qu’elle reconnaîtrait, sans-doute, face à son père et à son ascendance……..Cette nuit là, après l’entraînement, Ireth alla se réfugier dans l’un des plus grands arbres alentour et entra en méditation. Elle interrogea son dieu, sa déesse, sur le comment réagir, comment rester neutre malgré la haine qui sommeillait en elle et qui ne demandait qu’à exploser.


Neutra,
Dieu ou Déesse qui préconise,
Une vie neutre, intègre et sereine,
Comment faire lorsqu’en moi, la haine
Comme un bûcher ardent s’attise.

Neutra,
Aide moi à garder le contrôle,
Toi en qui j’ai mis toute ma foi,
Je ne veux pas jouer un rôle
Pour les autres et surtout pour moi.

Neutra,
Je te fais prières et louanges,
Oh toi, Déesse de l’équilibre,
Non pas pour que les êtres changent
Mais pour que tous nous soyons libres.

Neutra,
Aide moi à comprendre pourquoi,
Pourquoi en moi cette haine.
Que ta quiétude vienne en moi,
Que ma prière ne soit pas veine.


Comme réponse elle n’eut que le silence mais elle sentait que son message était arrivé et que le moment venu, elle aurait la réponse.
Lorsqu’elle revînt de sa petite ballade, tout le monde dormait déjà, elle s’installa elle aussi près du feu et plongea dans un profond sommeil.

Le quatrième et dernier jour d’entraînement loin du village, l’apprentie professeur annonça au groupe qu’ils allaient bientôt revoir famille et amis, repos et bonne nourriture à la tombée de la nuit. Ce jour, Ireth avait l’air plus reposée et plus sereine que la veille, après sa discussion avec Eldûrmoth. Pourtant, elle se posait encore milles questions intérieures et surtout à propos du cristal offert par Thanquol.
Toute la journée fut rythmée par une rapide révision des exercices des jours précédents, et par quelques petits jeux finals avant de festoyer une dernière fois ensemble et de repartir en direction du village. La jeune elfe leur déclara leur laisser deux jours de repos mais en restant sur leur garde, et qu’elle leur donnait rendez-vous à la sortie opposée ce jour là à la nuit tombée. Entre temps, le ranger et elle auraient parlé à Calyomir et organisé la suite des entraînements ou des évenements. Elle les remercièrent aussi pour leur assiduité et leurs progrès tout au long du séjour.


De retour à Canas Dolen, chacun partit en direction de son logis, Ireth et Eldûrmoth se dirigeant ensemble vers l’habitation du chef du village. Caliomyr s’y trouvait déjà, près à partir pour une autre réunion du conseil.

- « Aaaahh !! Mes enfants !! Vous voilà de retour. Vous tombez bien, je me rend justement dans la salle du conseil. Déposez vos affaires, mettez vous à l’aise et rejoignez nous au plus vite. Nous discuterons de l’entraînement et aussi des prochaines missions……..bien sûr, nous aborderons le sujet des révélations et aveux de l’espion….. »

Le grand-père d’Ireth suspendit cette dernière phrase tout en la regardant intensément puis il dirigea son regard vers son cou. Ne voyant plus le cristal, il releva la tête et plongea dans ses yeux un regard entendu.

- «Bêd erin Sidh, nîn iell !!»

- «Bêd erin Sidh à toi aussi grand-père. »

Les deux elfes des bois se rendirent chacun dans leur chambre pour passer une autre tenue, se rafraîchir et poser toutes leurs affaires de campement. Puis, il se retrouvèrent tous les deux devant la salle du conseil attendant de se faire annoncer et accepter au cours de la réunion.
Le garde revint et leur indiqua d’un geste qu’ils pouvaient entrer. Les sages du conseil étaient au nombre de cinq, comme le chiffre désignant Neutra et aussi pour trancher lors d’un quelconque vote. Les deux jeunes elfes s’inclinèrent devant les membres et prirent place là où des sièges restaient vacants. Caliomyr alla droit au cœur du sujet qu’ils devaient aborder, tout le monde écoutant solennellement.


-« Nous avons interrogé l’espion et voilà ce qu’il en est ressortit. Eldûrmoth a du déjà t’en parler brièvement. Il a eu du mal à parler, nous avons dû lui certifier que tu n’étais plus là pour qu’il ose enfin se livrer. Tu lui a fait une sacré peur…………..Hum, revenons à ses révélations. Il nous a raconté qu’une prophétesse est arrivée depuis quelques temps déjà chez eux. Elle a prédit à la famille royale que lorsqu’ils trouveraient un cristal blanc détenu ici, la victoire leur appartiendrait et qu’ils pourraient disposer de notre village sans problème. . Il n’a pas voulu nous dire son nom, ou alors peut être ne le connaît-il vraiment pas, mais c’est de cette personne qu’il va falloir se méfier, plus que de ton père, Kevirl ou de ses parents. En tout cas, le résultat est qu’il a été envoyé ici pour fouiller nos habitations à la recherche d’un cristal, et ce dernier, il l’a vu briller autour de ton cou lorsque tu t’ai jeté sur lui. Si nous le relâchons, il est fort probable qu’il s’empresse de révéler ce précieux détail à ses dirigeants. Je savais que nous étions proche d’un grand évènement déterminant pour notre village, mais je ne pensais pas qu’il arriverait si vite. »

Le sage Caliomyr se leva de son siège et fit le tour des membres réunis en marchant lentement.

-« Apparemment, c’est depuis la venue de cette prophétesse que les disparitions étranges se sont produites aux abords des frontières et que les confrontations se rapprochent. Du moins c’est ce que le conseil en a déduit. Ireth, il va falloir accélérer l’entraînement des jeunes espions. Où en sont-ils ? »

L’amazone se leva pour s’adresser à l’assemblée.

-« Ils sont au nombre de huit actuellement. Nous avons terminé avec satisfaction la première étape, mais il leur manque encore les réflexes qui ne s’apprennent pas en seulement deux ou trois jours. Je pensais que j’aurais le temps encore, une semaine environ, pour approfondir ce qu’ils ont déjà vu, puis peut être faire des essais de passage de portail pour qu’ils s’habituent à ce genre de dispositif en cas d’ennuis. Moi-même, je n’y suis pas trop habituée et j’ai eu du mal à rester lucide et consciente après le dernier passage.» Elle tourna la tête et regarda le ranger. « Avec l’aide d’Eldûrmoth s’il le souhaite bien sûr. »

-« Je suis tout à fait prêt à aider dans ce domaine. Ma magie est à votre service du moment qu’elle peut aider à vaincre mes pires ennemis. »

Le ranger regarda Ireth avec un sourire sournois à peine visible et un regard rempli de flammes aux dernières phrases. La jeune elfe hocha de la tête, lui faisant savoir qu'elle avait compris le message.

-« Tu leur as laissé combien de temps avant le prochain apprentissage ? »

-« Deux jours de repos…… »

-« Parfait, vous avez deux jours alors pour faire une reconnaissance des lieux et de la situation. Je ne veux pas que l’on risque la vie de ces jeunes elfes avant de savoir où nous mettons les pieds.»

L’amazone resta de marbre mais était tout de même étonnée par l’annonce de son grand-père. Le temps devait pressé pour qu’il prenne une telle décision sans lui demander son avis.

-« Aucun problème ? Vous partirez au milieu de la nuit, après vous être reposés. Vous pouvez y aller. »

Les derniers mots de Caliomyr n’engageait aucune réponse de la part des deux futurs espions. Ils s’inclinèrent alors et sortirent de la salle du conseil. Ils marchèrent côte à côte en silence jusqu’à arriver au point de séparation. Ils se regardèrent droit dans les yeux puis Ireth se retourna pour se diriger vers sa chambre.

-« Ireth…. »

Elle se retourna, le regard d’Eldûrmorth semblait vouloir lui révéler quelque chose. Elle l’interrogea de ses yeux.

-« Bonne Nuit, Repose toi bien !! » Sa voix était d’une grande douceur.

-« Merci…Bonne Nuit à toi aussi »

Puis chacun se retourna rejoindre ses appartements pour dormir le peu d’heures qu’il leur restait. Lorsque l’amazone arriva dans la pièce, elle s’installa sur le sol, les jambes en tailleur, puis ferma les yeux. Elle émit alors la même prière que la fois d’avant, afin que sa mission n’échoue pas à cause de ses stupides réactions. Elle vérifia aussi que son cristal était bien dissimulé par la bourse de cuir puis se prépara pour aller se coucher. Elle doutait qu’elle arrive à s’endormir, mais au moins se reposerait-elle un peu si elle s’allongeait.

Elle fut sortie de sa torpeur par son grand-père. Elle se mit immédiatement sur ses pieds et se prépara pendant qu’il partait faire de même chez le ranger. Elle se chargea au minimum et se restreint au strict nécessaire : Son arc et quelques flèches, sa dague dont elle vérifia à plusieurs reprises sa dissimulation, ainsi qu’un peu de nourriture et d’eau. Elle se dirigea vers la salle du conseil où devait l’attendre le ranger et Caliomyr. Ce dernier avait les traits fatigués, peut être n’avait-il pas dormis de la nuit. Quant à celui qui l’accompagnera, il avait l’air frais et prêt pour l’aventure, sans pour autant ne pas avoir le visage grave.

-« Mes enfants, écoutez moi ! La mission qui vous attend n’est pas des plus simples, je le sais. Mais avant d’entreprendre quoique ce soit, vous savez que nous ne pouvons faire autrement que de vous y envoyer. »

Tous deux hochèrent la tête par consentement.

-« Ce que je vous demande, c’est de nous fournir le plus de renseignements possible sur leurs structures et leur organisation. Soyez prudents bien sûr, je veux vous revoir vivants. Bon courage ! »

Les deux aventuriers se regardèrent en hochant la tête et partirent en direction de la frontière Dark et Light, sans même un regard en arrière. Lorsqu’ils franchirent la lisière de la forêt qui délimite Canas Dolen, Eldûrmoth s’arrêta un instant et s’adressa à l’amazone.

-« Es tu sûre de vouloir participer à cette mission à deux ? »

Ireth se tourna vers lui, le regard étonné par sa question.

-« Mais bien sûr, où vas-tu chercher ce genre de question ? Tu ne veux pas m’accompagner c’est ça ? »

-« Non, non, pas du tout !! C’est juste que je me demandais si je ne te gênerais pas…. ou le contraire…..Nous n’avons pas souvent fait ce genre de chose ensemble, et j’espère que notre duo ne sera pas trop….. médiocre…. » Il hésita sur le dernier mot, et la jeune elfe sourit.

-« Ne t’en fais pas, je suis certaine que tout se passera bien, il suffit juste que chacun de nous écoute l’autre et que l’on reste prudent et maîtres de nous….. Allez viens, le temps file pendant que l’on discute et la lune disparaîtra bientôt si l’on ne se dépêche pas. »

Et ils reprirent leur chemin de manière à ce que personne ne puissent retrouver leur traces et les suivre depuis le village .

Ils parcoururent les quelques kilomètres les séparant de la frontière en passant d’arbres en arbres et en zigzagant silencieusement. Ils s’arrêtaient de temps à autre pour monter sur une haute branche et observer les alentours. Il ne fallait surtout pas manquer de prudence, cela pourrait leur être fatal.

Ils s’approchaient de plus en plus de leur cible présumée, lorsqu’ils entendirent des pas à quelques mètres. Ireth fit signe au ranger de monter dans l’arbre le plus proche et elle le suivit immédiatement. Au moment où elle rejoignit une branche sûre, un Haut-Elfe apparut en bas de leur repère, semblant chercher une chose inconnue.


-« Hey, mais que fais-tu ? On ne doit pas quitter notre poste, tu le sais bien….Sinon, on est foutu !! »

Un autre venait d’arriver, apparemment soucieux des ordres et de sa vie.

-« J’ai entendu quelqu’un venir, j’en suis certain. Je sais que on doit pas quitter nos postes, mais là c’est pour une raison valable ? Non ? »

-« Hum, Euh, oui si tu le dis, mais allez !! Viens !! Ca fait trop longtemps qu’on est parti !! »

-« Mouais, mais je suis sûr de ne pas avoir rêver. »

Soudain, le corps de l’amazone, peut satisfait de la posture qu’il avait adopté décida de bouger légèrement et la branche craqua. Elle retint sa respiration, tandis que le Haut-Elfe se retourna précipitamment en direction du bruit.

-« Tu vois je te dis que je n’ai pas rêver, il y a quelqu’un par ici j’en suis sûr. »

-« Mais ça doit être un petit animal, ou même un oiseau qui sait. Te fais pas de souci pour ça, s’il y a un elfe des bois qui passe par là tu sais bien qu’on les réceptionne toujours comme il faut. »

Le craquement recommença mais cette fois-ci, ce n’était pas Ireth. Elle leva les yeux et vit l’auteur du bruit, un corbeau s’envola en croassant et tourna autour des deux gardes.

-« Ah et bien tu vois, ce n’était qu’un corbeau ! Qu’est-ce que je t’avais dit. »

-« Oui bon ça va hein ! Retournons à nos postes ! »

Et les deux Haut-Elfes s’éloignèrent.
Le corbeau vint alors se poser à un mètre de l’amazone et d’Eldûrmoth et pivota sa tête comme s’il réclamait quelque chose. La jeune elfe le regarda attentivement, puis, prit sa gibecière et en sortit quelques miettes de gâteau sec. Le volatile s’empressa de les picorer, n’en laissant pas un seul reste.


-« Tu….tu connais cet oiseau ? » me demanda, surpris, Eldûrmoth.

-« Non, pas du tout. J’ai bien connu un corbeau qui m’a aidé à retrouver mon chemin lorsque je suis partie de mon village. Mais c’était il y a un peu plus de trente ans, et un corbeau ne vit pas aussi longtemps malheureusement.» Elle s’adressa à l’oiseau : « En tout cas, merci beaucoup à toi, mon ami. Tu nous as sauvé la vie. Je ne sais pas comment je pourrais te remercier…. »

Le corbeau s’approcha petit à petit des deux elfes et finit par grimper sur l’épaule d’Ireth.

-« Bon, je crois que nous avons un nouveau passager !! »

Les deux elfes et leur nouvel ami descendirent de leur cachette puis reprirent leur excursion discrète. Ils prirent vers l’Est tout d’abord, suivant toujours de quelques mètres l’orée du bois, là où les gardes guettent à longueur de temps la possible arrivée de quelconques espions ou visiteurs importuns. A chaque fois qu’ils se rapprochaient trop des gardes ou qu’un de ces derniers avait l’ouie plus fine, le corbeau leur était d’une grande aide et savait détourner leur attention, tandis que les deux espions s’éloignés silencieusement. Ainsi, ils parcoururent les deux cotés, faisant à chaque fois demi-tour lorsque la forêt s’arrêtait ou lorsqu’elle se détournait de la palissade de la cité. Ils purent analyser, pendant tout ce trajet, les différents tour de garde, les endroits mieux gardés que d’autres, et le sérieux des soldats. Quelque chose d’autre intrigua Ireth. Mis à part quelques portes pour que les tours de gardes se fassent plus rapidement, la grande entrée principale et celle qui lui faisait face dans ses souvenirs d’enfance, avait disparu. Ou du moins avait disparu de ce côté-ci de la forêt. Ainsi, son père aurait changé toute la sécurité de sa ville depuis bien longtemps. Les palissades avait pris de la hauteur, le nombre de garde avait triplé, si ce n’est plus, et les portes principales avaient été changés de place ou peut être même supprimé. La mission allait devenir plus difficile que prévu, surtout pour pourvoir entrer dans la cité. Ils décidèrent de s’éloigner un peu pour pouvoir discuter tranquillement et sans risque.

Eldûrmoth prit la parole en premier.

-« Ecoutes Ireth, je crois avoir trouvé une solution pour pouvoir entrer dans cette cité. »

-« Comment ça ? C’est la ville où je suis née et tu la connaîtrais mieux que moi ? Vas-y expose ton idée. »

-« As-tu bien observé les gardes ? Je veux dire par leur comportement mais leur visage ou leur morphologie ? »

-« Je t’avouerais que j’ai plus observé leur équipement et leur tours de garde que ce genre de petits détails….Où veux-tu en venir ? »

-« En fait, je les est bien observé, et je suis absolument sûr de pouvoir affirmer que certains sont des elfes des bois, et de notre village de surcroît. Je ne sais pas comment ça se fait, mais peut être que les fameuses disparitions dont parlait Caliomyr sont liées à ces gardes. Qui nous dit qu’ils ne les ont pas enrôlés pour s’en servir comme larbins ou comme gardes et que seuls les plus récalcitrants nous sont revenus morts ? »

L’amazone se mit alors à réfléchir suite aux remarques pertinentes de son compagnon de route. Cela résoudrait le problème des disparitions et en plus, cela leur permettrait de pouvoir entrer dans la ville sans être pris à défaut de morphologie non conforme.

-« Félicitations Eldûrmoth, alors là, sans toi, je crois que je serais passée à côté d’une telle information. Te rends-tu compte de ce que cela va nous ouvrir comme portes ? Et pas n’importe quelles portes !! »

Ils décidèrent alors de retourner près des murs et d’attirer un couple de garde dans leur direction. Ireth prit un caillou à terre et le lança à une bonne distance à sa droite. Un des soldats réagit et secoua le bras de son compagnon. Il lui murmura quelque chose et s’approcha seul du bruit. Les deux elfes des bois tenaient leur couteau dans la main, près à bondir sur leur proie. Puis le corbeau émit un léger bruit qui fit venir le deuxième. Voilà qui est mieux, se dit l’amazone. Les deux gardes avançaient à pas prudents, scrutant l’espace sombre devant eux. Eldûrmoth et Ireth se déplaçaient en même qu’eux afin de pouvoir se retrouver dans leur dos et les prendre par surprise. Chacun de leur pas étaient calqués par les deux espions. Quant ils furent assez loin de l’orée du bois, ils décidèrent de passer à l’action et fondèrent sur leur ennemis, couteau au poing ciblant la gorge sous le casque pour l’une et le dos entre deux pans d’armure pour l’autre. La mort était venu rapidement, juste un râle était sorti de leur bouche. Ils enfilèrent alors les armures en essayant de ne pas y mettre trop de sang. Ils se sentaient lourd sous ces épais bout de fer et n’avaient pas l’habitude de porter autant de protection sur eux. Il fallait se dépêcher, la relève n’aller pas tarder et il fallait que personne ne remarque l’absence de garde à cet endroit ci. Ils reprirent alors les places que les vrai gardes occupaient auparavant et attendirent qu’on vienne les remplacer. La jeune elfe des bois avait signalé au corbeau de les observer discrètement mais de faire attention de ne pas se faire attraper par les perfides. Après un certain temps, deux autres gardes arrivèrent enfin.

-« Hey !! vous deux !! c’est bon on prend vot’e place. Circulez, y’a plus rien à voir. »

Ireth voulut répondre à leur impertinence mais en croisant le regard de son compagnon, elle se rendit compte que cela serait très mal vu. En plus, c’étaient des Hauts-Elfes qui les avaient remplacé et à son avis, ils ne devaient pas traiter les elfes des bois comme leur égaux.
Ils baissèrent la tête pour acquiescer et prirent la direction de la petite porte. Plus que quelques mètres et ils seraient entre les murs de la cité. Elle essaya de ne pas presser le pas afin de ne pas trop éveiller les soupçons et franchit le porche des murailles. Ils refermèrent la porte et s’arrêtèrent face à la ville qui se dévoilaient sous leur yeux ébahis.


D’immenses bâtisses s’étalaient les unes à côté des autres. Le terrain allait en descendant jusqu’à une grande place, ce qui laissait aux nouveaux arrivés une vue prenante sur une grande partie de la ville. Les gens semblaient s’affairer comme dans toutes grandes villes, des commerçants vantaient leurs marchandises tandis que des enfants jouaient et riaient à gorges déployées dans les rues adjacentes, leurs yeux encore collés de leur longue nuit, les femmes bavardaient entre elle, peut être en train de colporter telle ou telle rumeur, ou tout simplement à parler couture et repas du déjeuner.

Les deux nouveaux soldats essayèrent de repérer la caserne du regard, Ireth ne se souvenant plus où elle se trouvait, puis les années passant, elle avait sûrement changé de place. Le palais, par contre, se distinguer sans problème aux abords de la grande place centrale. Des gardes étaient postés à chaque porte, immobiles, prêts à empêcher tout intrus d’y pénétrer. Soudain, en parcourant la cité des yeux, l’amazone repéra ce qui devait servir de caserne et de logis pour les soldats. Un bâtiment assez sévère mais assez grand pour une armée entière. Il allait falloir être prudent encore une fois. Même si il était peu probable qu’on leur pose des questions, il ne faudrait pas qu’ils fassent la moindre erreur. Observer, espionner, passer inaperçu, telles étaient les attitudes qu’ils devaient adopter.

Ils descendirent la route menant au centre de la ville, avant de bifurquer en direction de la caserne. Ireth se demanda s’il n’aurait pas mieux valu qu’ils aillent dans une taverne, comme tout bon soldat revenant de garde. Mais elle préférait attendre de voir comment les autres soldats elfe des bois réagissaient, avant de commettre la moindre erreur. Surtout que l’aube ferait bientôt place au matin et qu’il aurait été étrange qu’ils n’aillent pas se reposer après leur tour de garde.

Ils firent semblant de converser joyeusement le long du trajet, ne réveillant aucun soupçon chez les gens qu’ils croisaient. Ils ralentirent leur pas et leur discussion lorsqu’ils aperçurent la caserne. Apparemment, l’entrée des simples gardes ne se faisait pas par devant, ils durent donc contourner la baraque pour apercevoir un de leur nouveau compagnon de métier sortir par une petite porte derrière.
Au moment où ils la franchirent, un brouhaha incessant emplirent leur fines oreilles. Eldûrmoth plissa les sourcils de mécontentement et la jeune elfe fit de même. Quelques têtes se tournèrent à leur arrivée, mais les regards semblaient plutôt méprisant, et ils décidèrent de ne pas trop s’attarder dans cette pièce.

La salle était remplie de soldats buvant et mangeant à tout va, mais tous ressemblaient trait portrait au Haut-Elfe classique. Certains plus épais que d’autres mais tous avaient ce regard reconnaissable entre tous : méprisant et hautain. Ireth réprima son désir de tous les attaquer et traversa la pièce tête baissée jusqu’à la suivante. Ici, les même bruits, moins assourdissant mais aussi gênant. En levant les yeux, elle remarqua que la salle était moins remplie de monde. Et presque tous les occupants étaient des elfes des bois. Ils étaient au bon endroit.

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