Réels ou Imaginaires ? Mes récits sont un peu les deux, car il y a toujours une part de nous et donc de réel dans ce que l'on écrit ! Venez les lire et les commenter, je vous accueillerais avec plaisir !
-« Alors Eléawyn, ma petite, où en étions-nous ? »
-« Nous nous sommes arrêtés au moment où les dragons deviennent tout gentil…. enfin pas tous !! » dit la petite Elfe d’une voix enjouée.
-« Aaaahhhh oui ! Mais bien sûr, je m’en souviens à présent. Installe-toi, ma fille, et écoutes la suite de l’histoire. »
Eléawyn se blottit entre deux grosses racines, prête à écouter son père lui conter les récits anciens, seuls témoins de l’histoire de Ganareth.
-« L’histoire commence il y a quelques centaines d’années, j’étais alors moi-même un jeune elfe. Les Dragons n’étaient plus en mesure de résister aux habitants de Ganareth. Grâce à l’appui des Immortels et à celui des Dieux, et grâce à la Mana dégagée par les fontaines, ces derniers étaient devenus trop puissants. »
« Le onzième jour de l’An 8888, les Dragons signèrent un pacte de paix, « Le Grand Traité », par lequel ils reconnaissaient leur défaite. Seuls quelques Dragons continuèrent à résister et se replièrent dans les endroits les plus inaccessibles du royaume de Calder et de celui d’Aesir. Deux formes principales de Dragons hostiles restèrent sur notre belle Ganareth : Les Dragons Rouges, aux grands pouvoir de feu, »
L’elfe émit un bruit de cracheur de feu, et la jeune Eléawyn sursauta et ria joyeusement, plongée dans l’histoire de son Père.
-« Hihihi !! Arrêtez Père, hihihi !! «
-« Et les Dragons Bleus aux grands pouvoirs de glace. » fit-il en faisant semblant d’être figé par les glaces.
-« Hihihi !!! »
-« Le reste des Dragons se proposa de servir le monde pacifié. A Al-Drifa, où ils apprirent à vivre au contact des autres races, ils se montrèrent particulièrement utiles en servant de moyens de transport. Les Orcs et les Trolls étaient restés trop longtemps sous l’emprise des Dragons, et ne revinrent jamais à leur état normal. »
« La paix revenue, Gothar décida qu’il était temps de sanctionner les neuf Dieux, responsables, selon lui, des désordres et des massacres passés. Il accéda aux demandes des êtres de toutes races et promulgua un traité en dix points. »
« Après que tous les dieux eurent pris connaissance du traité, chacun fut envoyé dans le ciel, loin de Ganareth. »
-« Père, tu me remontreras où se trouvent les constellations ? A chaque fois j’ai du mal à me les rappeler. C’est pas si simple et pourtant tellement intéressant. «
-« Oui ma fille, ce soir avant de te coucher je te montrerais du haut de chez nous. Je peux continuer petite curieuse ? »
-« Oui, oui ! » dit-elle encore en riant.
-« Plus de 111 Ans s’écoulèrent pendant lesquels une certaine harmonie régna sur Ganareth. Al-Drifa devint une ville puissante et prospère, où s’échangèrent toutes sortes de marchandises. Des êtres se distinguèrent par un savoir-faire de plus en plus poussé. Ils se rassemblèrent pour former des guildes de métiers. Les plus vieux transmirent leurs précieux savoirs aux plus jeunes, et la civilisation se développa, en suivant de nouveaux axes. »
« Au cours de cette période de croissance, des êtres dont la soif de connaissances était la seule raison de vivre, se regroupèrent. Ils furent surnommés les Explorateurs. Bon nombre d’entre eux passèrent leur temps à parcourir, et à contempler le vaste monde. D’autres s’intéressèrent aux vestiges des civilisations, et accumulèrent une somme considérable de connaissances sur le lointain passé…. »
-« Caliomyr !! Caliomyr !! Viens vite !! Il y a un problème !! »
Un garde venait d’arriver en courant, un air paniqué sur le visage, ce qui était rare pour un elfe des bois et qui inquiéta fortement Caliomyr le père de la jeune fille.
-« Que se passe– t’il Fàmir ? »
Le garde regarda la fillette, montrant à Caliomyr qu’il était gêné de parler devant la fille du chef.
-« Je ne peux pas vous l’expliquer ici, il faut que vous veniez voir, au plus vite !! »
L’elfe s’accroupit pour se mettre à hauteur de sa fille. Il lui prit les épaules et la regarda dans les yeux.
-« Eléawyn, ma fille, rentre chez nous le plus vite que tu peux courir et dis à ta mère de rester toutes les deux là-bas !! Et surtout n’en bougez pas tant que je ne suis pas revenu, c’est bien compris ? »
La jeune Elfe hocha la tête.
-« D’accord Père, mais dis moi que se passe -t’il ? »
-« Pas le temps de discuter fillette !! Allez dépêche-toi de retrouver ta mère !! »
Caliomyr fonça derrière le garde et disparu dans la forêt. Eléawyn obéit à son père et couru aussi vite que ses petites jambes le pouvaient. Quelques minutes plus tard, essoufflée, elle arriva auprès d’Elvidë, sa mère.
-« Eléawyn, hé bien, que t’arrive –t’il ? Tu es bien essoufflée. Où est donc ton père ? »
La jeune elfe lui raconta le discours que lui avait tenu Caliomyr.
-« Alors va ! Montes chez nous je préviens le reste du village. Au vue de ce que tu me racontes, il vaut mieux que les autres soient aussi au courant, on n’est jamais trop prudent, retiens bien cela !! »
Eléawyn monta alors dans sa chambre et attendit. Plusieurs minutes passèrent pendant lesquelles elle se demanda où était passé sa mère. Elle essaya de se divertir, pris un panier et commença à le tresser. Sa mère arriva enfin, sereine comme à son habitude. Elle prit place à coté d’elle et lui caressa les cheveux. Elle sourit à sa fille :
-« Ne t’en fait pas mon enfant, ton père ne va pas tarder je pense. Il s’agit juste d’un problème à l’entrée de notre forêt rien de bien grave. Oh mais je vois que tu as recommençait ton panier ? »
La fillette ne répondit pas, elle avait d’autres préoccupations en tête.
Les heures passèrent, lentement. Elle entendirent alors du bruit venant de plus bas. Et la voix de son père se fit entendre au-dessus du brouhaha.
-« Père, Père est là !! »
Eléawyn descendit en trombe vers la source de tout ce remue-ménage. Elle aperçut son père et lui sauta dans les bras.
-« Père, tu es enfin revenu, racontes moi ce qui c’est passé, aller racontes moi !! »
-« Ahahah ma petite curieuse Eléawyn, ce n’est pas le moment jeune fille, retourne jouer, il faut que je réunisse le conseil…. »
Caliomyr reposa sa fille à terre et parti en direction de la salle du conseil. Mais Eléawyn ne voulait pas que cela se termine comme ça, elle voulait en savoir plus….sa curiosité dévorante la mena à suivre son père jusqu’à la salle du conseil afin d’écouter ce qui allait s’y dire. Elle entendit la voix de Caliomyr s’élever.
-« Mes amis, je dois vous avertir et nous allons devoir prendre une grande décision. L’heure n’est pas encore grave mais cela ne va pas tarder. Je reviens à l’instant de l’orée de la forêt et donc de notre territoire, et ce que j’y ai vu ne m’as pas réjouit, bien au contraire. Souvenez vous, il y avait un village Light juste à coté de la forêt, à quelques lieues, un petit village…celui ci a grandi, bien grandi…c’est une ville à présent, dirigé par de princiers Hauts-Elfes. »
Caliomyr toussota avant de reprendre.
-« J’ai peur pour notre famille, mes amis. Ce village semble vouloir s’étendre et cela il faut absolument l’éviter. Je crains aussi pour notre belle forêt. Je propose donc que l’un de nos émissaires aille chercher l’un de leurs dirigeants ou ambassadeurs afin d’en discuter…Je ne veux pas avoir d’ennuis et je ne veux pas de guerre…. notre race est trop précieuse pour être abattue…. Tout le monde à bien compris. »
-« Oui Caliomyr, je m’occupe d’envoyer cet émissaire et te tiendrais au courant dès son retour. » répondit un des membres du conseil.
-« Bien vous pouvez disposer, venez me retrouver dès qu’il en sera nécessaire. »
Eléawyn se cacha un peu plus lorsqu’elle entendit les membres du conseil sortir de la salle, heureuse de ce qu’elle venait d’apprendre. Il serait bien d’aller faire un tour près de cette fameuse ville. Il doit y avoir tellement de belles choses et de gens différents.
Les jours et les mois passèrent, Eléawyn essayait de suivre de temps à autres les émissaires, ce qui lui permit de progresser dans la dissimulation et l’art de la discrétion. D’après ce qu’elle comprenait, il était peu facile de parlementer avec les dirigeants de cette ville et ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur la préservation du territoire des Elfes des Bois.
Les petites guerres commencèrent, on se chamaillait pour un arbre, une parcelle de terrain, certains bloquaient les routes commerciales….et Eléawyn grandit dans ce climat incertain. Elle se rapprochait de plus en plus de son père et devenait chaque jour une jeune Elfe de plus en plus belle. Elle se découvrit une facilité dans la discrétion, la dissimulation dans n’importe quel type de terrain. Son père découvrant cela, décida de se servir des talents de sa fille afin de monter un plan. Un beau jour, il l’a fit appeler à ses côtés et lui fit une proposition.
-« Ecoutes moi bien, ma fille. Je vais avoir besoin de tes dons. Cela concerne le village de Hauts-Elfes aux abords de la forêt. J’ai besoin que régulièrement tu ailles voir et écouter ce qui s’y passe. Et surtout, observer si certains pénètrent dans notre forêt…Il va falloir que tu fasses attention, je n’ai pas envie qu’ils sachent que l’on a une espionne maintenant. »
Caliomyr sourit en regardant sa petite Eléawyn.
-« Oui Père, ne vous en faites pas je ferais de mon mieux pour ne pas être découverte. »
Ainsi s’écoulèrent les années. La jeune elfe des bois s’informait régulièrement de ce qui se déroulait au sein du village voisin . Et d’un petit hameau, il devint bientôt une ville puis une citée fortifiée. Pour le moment, aucun mal ne fut fait à la forêt elle-même et le village de Canas Dolen se sentit moins en danger, sans pour autant baisser leur surveillance. Eléawyn n’était pas la seule à les espionner. Rapidement, ils se multiplièrent et purent même former des groupes de rôdeurs. Mais la fille de Caliomyr et d’Elvidë préférait rester en solitaire. Cela lui permettait de s’enfoncer toujours plus loin, tout près de la frontière, sans attirer la moindre attention.
Un elfe noir vint un jour leur rendre visite. Caliomyr semblait bien le connaître, mais il s’attira alors le regard méfiant de ses concitoyens. Les elfes des bois, en général, n’appréciaient guère les elfes des autres magie, destructrice comme constructrice. Mais cette dernière était tout de même plus à craindre dans leur esprit. Le chef du village, par contre, semblait ne pas en tenir compte. Il accueillit l’étrange personnage dans ses appartements et ils y passèrent de nombreuses lunes à deviser de choses et d’autres. De temps en temps, on pouvait même entendre leur rire traverser les murs. Eléawyn n’appréciait pas beaucoup qu’un inconnu à la peau sombre lui vole ainsi l’intérêt de son père. Tout au long de sa présence au sein du village, elle s’arrangea pour être le moins possible chez elle. Elle y préféra les ballades en forêt et certaines nuits, elle élisait domicile dans un arbre, munie de quelques provisions substantielles.
C’est allongée sur une branche qu’un haut-elfe la découvrit au petit matin. Il fut sous le charme au moment où il avait posé les yeux sur elle. Il monta sur une branche voisine et décida de la réveiller à l’aide d’une branche bien fournie en feuillage. La jeune elfe, elle devait à présent avoir dans les 150 ans, surprise, se réveilla en sursaut une dague en direction de l’intrus.
En voyant le visage souriant, Eléawyn se détendit légèrement.
-« Qui êtes vous donc pour me déranger ainsi ? »
-« Qui pensez-vous que je suis, belle inconnue ? »
-« Répondre à une question par une autre question, quelle belle ruse….Je ne vous connaît pas, donc je peux supposer que vous venez de la citée voisine de notre village. Me trompais-je ? »
-« Effectivement, vous êtes perspicace. Que faites-vous ainsi perchée ? Fuyez-vous quelque chose ? Où attendiez-vous tout simplement votre prince charmant ?»
L’elfe des bois émit un grand rire.
-« Non, je ne fuis rien du tout et je ne souhaitais absolument pas rencontrer un prince charmant. Encore faudrait-il qu’il en existe dans nos contrées. Dois-je donc répéter ma question ? Qui êtes-vous et que faites vous sur mes terres ?»
-« Excusez-moi, je vous réveille et je ne me présente même pas, quel manque de courtoisie ! …..Je me nomme Kevirl, pour vous servir et je viens bien de la ville voisine. Et vous ? »
La jeune elfe s’équipa de ses affaires et descendit de sa branche, elle leva la tête vers le bel inconnu.
-« Je suis Eléawyn Cithràviel, fille de Caliomyr et d’Elvidë. »
Le haut-elfe l’imita avec moins de grâce et retomba à quelques pas de l’elfe des bois.
-« Pourquoi dites vous que ce sont vos terres ? »
-« Tout simplement car c’est à mon père qu’appartient ces terres, jusqu’à la limite de la forêt. Et cela depuis bien des centaines d’années. En doutez-vous ? »
-« Que de questions et de réponses entre nous….A présent que vous le dites, c’est fort possible en effet. Sauf si on émet l’hypothèse que ma famille s’est installée ici bien avant la votre. Surtout que je viens de faire la connaissance d’un tel village….Vous devez bien savoir vous dissimuler pour ainsi ne pas vous faire remarquer. Comment s’appelle votre lieu de vie ? »
-« Canas Dolen, qui dans notre langue veut dire village caché….il est donc normal que vous n’en ayez connaissance. »
Elle lui tourna le dos puis s’apprêta à retourner chez elle. Puis, replongeant dans ses souvenirs, elle fit demi-tour et fit face à Kevirl.
-« Comment cela se fait-il que vous ne connaissiez pas notre village ? Il me semble pourtant que cela fait quelques décennies que vous nous faites la « guerre » pour quelques parcelles ou pour certains convois de marchandises…..Quel mensonge voulez-vous me faire croire ? »
L’inconnu sembla se troubler légèrement mais lorsqu’il parla, sa voix était sûre. -« Je ne vous fais aucun mensonge, disons que je ne le sais pas officiellement et que j’en ai juste entendu des rumeurs. En tout cas, c’est une information que seuls les plus hauts placés connaissent très bien, les gens de plus basse lignée n’en entendent même pas des bribes. Il se trouve que mes parents n’ont peut être pas ressenti le besoin de me confirmer cette information et que moi-même ne leur ai jamais posé la question. » Elle fronça les sourcils. -« Vos parents…….Ah ! Je vois ! Vous êtes l’un de ses enfants de nobles qui prendront les rennes d’une ville sans rien en savoir à l’avance….mauvaise donne. » Kevirl prit un air buté. -« Vous vous méprenez sur mon statut et sur ma famille, jeune elfe. A l’avenir, ne jugez pas avant de connaître. » -« A l’avenir ? Parce que vous comptez me revoir peut être ? » -« Bien sûr, demain au même endroit et à la même heure, damoiselle. » Puis il lui fit une révérence et se releva avec un grand sourire. Eléawyn se retint de rire. -« Vous voilà bien prétentieux. Nous verrons bien si demain le destin nous amènera au même endroit à la même heure. » Elle tourna les talons et partit en direction de son village.