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Réels ou Imaginaires ? Mes récits sont un peu les deux, car il y a toujours une part de nous et donc de réel dans ce que l'on écrit ! Venez les lire et les commenter, je vous accueillerais avec plaisir !

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Périple dans la forêt de Whulh, 5ème partie

Les pensées se bousculaient dans son esprit. Elle était tiraillée entre l’envie de vengeance et celle de ne pas décevoir ceux qui lui faisaient confiance. Comme elle décidait de s’y rendre à pied, elle accéléra le pas. La forêt qui l’entourait frémissait légèrement sur son passage. Le vent sifflait dans les branches et les animaux fuyaient bruyamment sur son passage. Mais plus elle se rapprochait, plus le silence s’installait. Arrivée devant les murs de la ville, elle vit que la garde s’était renforcée. Elle s’accroupit dans les herbes hautes afin de les observer et de trouver un emplacement, discrètement. Elle banda son arc en direction de la porte, puis elle sentit ses membres diriger la pointe vers le crâne d’un des gardes. Si elle ne se contrôlait pas, le garde Haut-Elfe allait pâtir de ce message. La pointe indiqua le bas du visage, juste en dessous de l’armature de son casque.
Ireth ferma les yeux, troublée. Lorsqu’elle les rouvrit, sa flèche était partie et elle vit le garde poser précipitamment la main à sa gorge. Lorsqu’il la retira pour inspecter sa main, elle se rendit compte qu’elle avait retenu sa respiration et elle expira de soulagement. Il n’avait qu’une éraflure, le projectile l’avait à peine effleuré et s’était planté dans le bois de la petite porte, juste derrière lui.
Son compagnon regarda dans la direction du projectile, s’avançant petit à petit, l’hallebarde en joue. A ce moment-là, le corbeau quitta l’épaule de l’amazone et se lança vers les deux elfes dans un cri rauque. Elle profita de leur inattention pour sortir de sa cachette et suivre le chemin du retour. Elle s’éloigna un petit peu puis s’arrêta afin de s’assurer que le message serait aperçu sur l’empennage de la flèche. Le garde égratigné était en train de l’examiner et il appela son compagnon. Il prit la lettre, vit à qui elle était destinée, et entra dans la cité par la petite porte.

La lettre serait transmise, se dit l’elfe des bois. Elle prit donc le chemin en direction de son village.
L’aube avancée plus vite qu’elle ne pensait, et elle accéléra le pas. Le corbeau la rejoint, sain et sauf et la suivi jusqu’à la salle du conseil. Tout le monde l’attendait et tout le village semblait s’animer abondamment. Elle se dirigea vers Caliomyr, droite comme une flèche, les mains derrière le dos, attitude du parfait soldat au rapport.

-« Le message est bien arrivé, grand-père »

-« Dans quelles conditions ? » Il la regarda d’un air sévère mais elle ne faiblit pas.

-« Le corch m’a déstabilisé au moment où je visais la porte mais le garde n’a qu’une égratignure… »

Des murmures étonnés s’élevèrent encore une fois, elle commençait à en avoir l’habitude à présent.

-« Bien ! Allons préparer nos troupes, la bataille approche de plus en plus et nos éclaireurs nous ont appris que leur armée est bientôt prête. » Il hésita un instant. « Ireth, j’aimerais que tu restes en arrière… »

L’amazone n’en revenait pas. Elle ouvrit la bouche mais aucun son ne voulait en sortir.

-« J’ai déjà perdu une fille à cause de ce monstre….je ne veux pas perdre mon unique petite-fille. »

-« Grand-père ! Je t’en prie, laisse moi participer à cette bataille. J’ai perdu une mère à cause de Kevirl, laisse moi accomplir ma vengeance…. »

Elle plongea ses yeux remplis de détresse mais aussi de détermination dans ceux de Caliomyr.

-« Pour elle, grand-père ! Pour notre village ! »

Un silence s’installa dans l’assemblée. Eldûrmoth s’avança aux côtés de la jeune elfe des bois.

-« Caliomyr ! Je veillerais sur elle durant la bataille si cela peut vous rassurer. »

Ireth tourna vivement la tête vers son ami. Pourquoi tout le monde semblait croire qu’elle ne pouvait pas se débrouiller. Elle sentit la colère monter en elle.

-« Je n’ai pas besoin de protecteur ! Pourquoi personne ici ne me fait confiance ? »

-« Laes, tu es jeune et inexpérimentée même si tu es douée dans ta voie pour ton âge. Je sais que je peux bien te faire confiance, mais saches que tu ne seras pas aux premières lignes… »

L’amazone se rembrunit, salua l’assemblée sans même un regard pour le ranger et sortit, énervée. Son ami la suivit encore une fois, elle se dirigea vers sa chambre. Il l’intercepta sur le chemin.

-« Nîn Meleth ! Attend moi ! »

Elle se figea et attendit qu’il la rejoigne.

-« Que veux-tu ? Me protéger pendant que je monte les marches ? »

Elle le fixa d’un regard ironique.

-« Arrêtes tes lutineries ! Je sais très bien que tu peux être un atout pendant ce combat, et j’ai dit cela à ton grand-père pour qu’il te laisse venir avec nous, au détriment de mon inquiétude. Alors ne me blâme pas s’il te plaît ! »

Elle détourna son regard du ranger puis continua jusqu’à chez elle, lui sur les talons.

-« Eldûrmoth, excuse-moi, je….je veux tellement …. »

L’elfe des bois la prit dans ses bras, elle posa sa tête sur son épaule. Il la prit par le menton et déposa un léger baiser sur ses lèvres.

-« Prépares toi ! Nous devons y aller. »

Il sortit de la pièce et elle l’entendit passer la passerelle. Elle soupira, elle aurait bien voulu rester encore un moment dans ses bras, mais l’heure du combat approchait. Elle choisi la tenue la plus souple mais aussi celle qui la recouvrait le plus, afin de se protéger des coups et flèches adverses. Elle remit en place son carquois, les deux compartiments remplis de deux sortes de projectiles différents. L’un enduit de poison et l’autre de flèches normales. Celles enduites d’huile inflammable seraient apportées sur un chariot, prêtes à l’emplois. Son arc dans la main, une épée courte sur le flan gauche et une dague à droite, elle sortit à toute vitesse pour rejoindre la troupe qui déjà se préparait à partir aux abords du village.

Elle se plaça à l’arrière du rang des archers. En tournant la tête, elle remarqua Eldûrmoth parmi la troupe d’à côté, mais dans les premiers rangs. Il tourna alors aussi son regard dans sa direction et lui fit un immense sourire, confiant. Son inquiétude du se lire dans ses yeux car son sourire disparut et il hocha la tête avec un clin d’œil, comme pour la rassurer.

Elle détourna son regard. Le chef arrivait devant les troupes, juché sur un dodo de combat. Le suivaient les différents chefs des autres villages, venus en renfort. C’était la première fois qu’elle voyait son grand-père en tenue de combat. Elle se souvint de sa mère lui racontant qu’il était un grand guerrier, devenu un sage par les siècles mais un redoutable adversaire au corps à corps. Les premiers rayons du soleil transperçant les feuillages se reflétaient sur son armure de plate. Son épée et sa hache de chaque côté de sa monture, une épée à deux mains dans le dos, il semblait implacable. La tête haute, il se positionna devant les différents groupes de soldats.


-« Mes enfants ! »

Sa voix grave porta jusqu’au fond des troupes. Les murmures cessèrent et toutes les têtes se tournèrent dans sa direction.

-« L’heure de la bataille est proche ! Adressons tous une prière à nos dieux pour qu’ils se tournent en notre faveur ! Nous vaincrons, quoiqu’il arrive, car notre cause est JUSTE ! Et personne ne pourra nous détruire tant que nous défendrons le royaume de Neutra et nos précieuses vies !! »

Une clameur monta petit à petit dans les troupes.

-« Caliomyr ! Caliomyr !! »

D’un geste de la main, il fit taire tout le monde.

-« Ne sous-estimer pas ceux que l’on va combattre. Ce sont eux aussi des elfes après tout ! Alors respectez-les même dans le combat ! Que les dieux soient avec nous !»

Il se tourna en direction du champ de bataille, se glissant à travers les arbres et les feuillages. Ireth ne savait pas quelle était toute la tactique. Elle savait juste que certains se mettraient à découvert à l’orée de la forêt tandis que d’autres se camoufleront dans les arbres et taillis voisins. Ils étaient divisés en fonction de leurs talents. Elle faisait partie du groupe d’archer à distance, ceux dont les flèches allaient les plus loin et les mieux situées. Un chariot les suivait rempli d’arc et de flèches de rechange. Le groupe d’Eldûrmoth serait celui qui resterait dans les taillis du temps que les autres commenceraient le combat. Ils se dispersèrent tous, son bien aimé en tête des rangers. Elle ne put réprimer un froncement de sourcils et pria pour qu’il ne lui arrive rien.

De loin, elle put voir que leur convoi se formait aussi de troupe de combattants mêlés à des soigneurs, afin que ceux là soit au plus proche. Un autre groupe se composait de lanceur de sort pour la plupart offensif. Elle fut plus ou moins surprise de constater que des nécromanciens faisaient parti de leur troupe mais en même temps, ils étaient en territoire Dark, alors pourquoi pas. Son grand-père était le moins à cheval de tous sur la pratique des différentes magies, quelle soit destructrice ou constructrice. Et elle, cela ne la dérangeait pas au contraire, quel atout face à ceux qu’ils allaient affronter.

Ils franchirent la lisière de la forêt, en laissant leur chariot à l’abri des fougères. Un petit groupe serait chargé de faire le relais afin de leur apporter. La plaine qui s’étendait devant leurs yeux était légèrement en pente, ce qui lui permit de voir son grand-père discuter avec son conseil puis se diriger vers le centre de ce qui sera bientôt leur champ de bataille. La forêt continuait sur leur gauche, permettant à leur troupe de s’y dissimuler à loisirs et d’y déposer des pièges. L’amazone avait remarqué aussi que des portails de téléportation avaient été disposés au niveau du village. Sûrement quelques explorateurs, en ce moment même, avaient la lourde tâche d’en ouvrir d’autre afin de s’assurer une retraite en cas d’échec.

Elle se décala sur la droite afin de pouvoir observer ce qui se tramait au centre de la plaine. Caliomyr s’était immobiliser, imités par les autres membres du conseil et chef de village. Elle vit alors son père s’avancer à son tour. Il n’était pas seul. Malgré la distance, il lui sembla voir la silhouette de la femme qu’elle avait vue dans la citée, celle qui apparemment faisait peur aux soldats. Ils étaient accompagnés d’un autre homme en armure, d’allure jeune et dynamique. Aurait-elle eut un frère après la disparition de sa mère ? Elle ne le saura pas. Néanmoins, elle reposa son regard sur celle qui accompagnait Kevirl. Elle était vêtue d’une longue robe et de ce qui semblait être un bâton de mage, orné d’une orbe lumineuse. Soudain, quelque chose la brûla au niveau de la poitrine. Elle avait oublié d’enlever son cristal, mais à présent elle sentait qu’il devait luire d’une lumière plus forte que d’habitude. Plus la dame se rapprochait, plus le pendentif s’échauffer.

Elle décida alors de ne plus regarder l’étrange personne puis dirigea son regard vers le reste de la plaine. Trop absorbée par les évènement précédents, elle n’avait pas vu la grande armée qui se tenait en face d’eux. Ils étaient aussi nombreux qu’eux, mais armés différemment. De plus, elle porta son regard vers les murailles, situées à une centaine de mètres, songeant qu’il devait se cacher quelque part derrière quelques renforts bien préparés. Un peu comme leur tactique en fait….mais elle ne sut si sa supposition était juste ou non. Un mouvement brusque sur la gauche lui fit tourner la tête. Kevirl et son grand-père semblaient se disputer mais la distance et le vent étouffaient leurs voix.

Sans qu’elle s’en aperçut vraiment, elle avait sorti le bijoux lumineux de son plastron, et il pendait à présent aux yeux de tout le monde. Il luisait avec une telle intensité, qu’elle se demanda si l’armée en face n’avait pas elle aussi braqué son regard vers l’amazone. Elle se sentit avancer en direction du petit groupe, une haine montant petit à petit au creux de son cœur et de son ventre. Ses yeux la brûlaient et elle sentit une force incommensurable s’insinuer dans son esprit, son corps, tout son être la brûlait. Mais elle continua, ne commandant plus ses jambes.

-« Caliomyr, ressaisis toi ! Tu es prêt à perdre des tiens encore une fois pour une forêt ? Ne sois pas ridicule voyons…. »

-« Tu sais très bien que ce n’est pas pour une simple forêt Kevirl » coupa son grand père.

Elle avait armé une flèche et commençait à tendre petit à petit la corde, visant la femme près de son père. Tout le monde s’arrêta de parler alors qu’elle se trouvait à environ une vingtaine de mètres.

Plus tard, on lui apprit que ses yeux étaient devenus rouges et que son pendentif rognait petit à petit l’armure de cuir qu’elle portait, un sourire narquois et cruel sur les lèvres. Elle en vit les dégâts par la suite. Mais au moment présent, elle n’était plus la même. Et plus rien n’importait mis à part ceux qu’elle tenait en joue. Sa cible ouvrit de grands yeux étonnés, et elle crut l’entendre parler.


-« Le…le cristal…….arrêtez là, elle a le cristal…. »

La lumière s’intensifia encore, mais Ireth ne sentit même pas la brûlure. Et jamais elle n’aurait pu tenir son arc bandé aussi longtemps sans cette force sortie d’elle ne savait où. Elle voulut profiter de cet élan. La voix de son père la fit tressaillir.

-« Zaelgrut ! Faites quelque chose, vite ! »

Elle essaya de prononcer quelques mots pour lancer un sort…..

Trop tard……la fameuse Zaelgrut venait de recevoir une flèche dans l’épaule tenant son bâton. Un cri de douleur sortit de sa bouche. L’amazone arma son arc d’une seconde flèche et visa cette fois ci plus au centre. Caliomyr réagit alors et descendant de sa monture, se dirigea vers elle.


-« Ireth, nên, ne fais pas ça…… »

Le second projectile se planta dans la poitrine de l’illusionniste, comme tout le monde s’en rendit compte par la suite. A la stupeur de toutes les personnes à portée de vue, son jeune corps étendu à terre se changea en celui d’une vieille humaine. Mais la jeune elfe des bois n’en avait cure, elle s’était à présent concentrée sur son père et le visait. Il la fixa, surpris par le nom qu’avait prononcé Caliomyr.

-« Alors Kevirl, quelle impression cela fait-il de se voir menacer par son propre sang ? »

Son rire sarcastique résonna dans la tête de l’amazone.


-« Je ne crains pas les menaces….et quant à toi, saches que tu fais une grave erreur. Je t’ai renié il y a de cela bien des années et ton sort m’importe peu, jeune elfe ! Zaelgrut était faible et c’est pour cela que tu l’as atteinte, il n’en sera pas de même pour moi…. »

La haine montait encore en elle, si cela était encore possible. D’impatience, elle lâcha encore une fois sa corde en direction du Haut-Elfe. Mais elle n’avait pas prévu que le jeune garçon qui était à son côté réagirait.

-« PERE !! NON !!! »

Il se jeta devant Kevirl et reçu la flèche à sa place. Froidement, il jeta un œil sur son défenseur et reporta son regard sur l’amazone. Il n’avait même pas de compassion pour son fils…se dit Ireth intérieurement. Quel Monstre !

-« Pauvre Ireth, que veux-tu de moi ? Venger ta mère ? Tu as du hériter de son idiotie….Elle a voulu me braver, me trahir, et regarde où elle est à présent….en mourrant elle a rompu le pacte entre nos deux contrées. »

Il hocha la tête latéralement d’un air faussement désespéré.

-« Vous persistez à perte, vous ne gagnerez pas cette bataille et en plus de perdre votre village vous allez perdre beaucoup des vôtres…..Quel désespoir ! »

La jeune elfe des bois s’apprêta à lancer un autre projectile, bien décidée à ne pas rater sa cible pour cette fois. Soudain, elle sentit comme un mouvement dans son dos. Elle voulut se retourner pour faire face à son assaillant, mais Eldûrmoth la saisit à temps et, l’immobilisant d’un bras, de l’autre arracha brutalement son arc puis son pendentif. Elle se débattit de toutes ses forces, sans se rendre compte que petit à petit, ses jambes faiblissaient et son regard se faisait moins rouge et moins dur. La fatigue l’emporta et si le ranger ne la tenait pas fermement, elle se serait sûrement écroulée au sol. Sa voix par contre n’avait pas changé de ton.

-« Lâchez-moi ! Rendez-moi mon cristal ! Il faut que je le tue, que je le TUE ! Je veux le voir souffrir autant que ma mère à souffert pendant des dizaines et des dizaines d’années….»

-« Ireth, c’est moi, calme-toi. »

Son ami rangea le cristal dans sa petite besace puis la serra encore plus fort comme elle continuait à se débattre malgré la fatigue. Kevirl prit les reines du dodo de son fils et lui répondit dans un long rire sonore.


-« Tu vois, tu ne peux plus rien contre moi, chère fille ! Caliomyr, que la bataille commence ! Je t’attendrais pour un face à face ! »

Au moment où il se retourna, il s’immobilisa très rapidement. Quelques soldats de son armée avançaient dans leur direction. A la suite de la disparition de l’illusionniste, les elfes des bois ensorcelés avaient retrouvé leur raison et rejoignaient leur camps.

Le Haut-Elfe repris son chemin, croisant ses anciens soldats qui firent un grand détour afin de l’éviter. Pendant ce temps, Eldûrmoth entraîna la jeune elfe à l’abri de la forêt. Elle se débattait encore mais il réussit à l’éloigner de la plaine. Elle le regardait avec colère et un regard rempli de reproche qu’elle n’osait prononcer.

-« Cela ne sert à rien de me regarder ainsi Nîn Meleth ! Je le fais pour ton bien, que tu me crois ou non. Maintenant, reprend des forces en restant ici… »

-« Mon….mon cristal, rend-le moi…..Eldûr…. »

-« Non ! Il a trop de pouvoir sur toi ! Je ne sais pas d’où cela vient, mais la seule hypothèse possible c’est qu’un esprit malfaisant l’habite et qu’il se sert de toi pour agir. Je le garde sur moi. Je ne serais pas loin...repose-toi ! »

Ireth recula légèrement jusqu’à rencontrer un arbre dans son dos, puis s’assit contre son tronc. Elle regarda dans quelle direction était parti le rôdeur, bien décidée à récupérer son pendentif au moment opportun. Son arc gisait encore là où se tenaient son père et son grand-père quelques instant plus tôt. Il lui restait juste sa dague et son épée elfique, de facture fine et légère. Elle faisait parti de ce dont elle s’était munie avant de partir à la bataille.

Elle reporta son attention sur ce qu’il allait bientôt se dérouler. Kevirl avait rejoint ses troupes tandis que Caliomyr remontait de nouveau le moral des siens afin que tout se déroule comme cela était prévu. Elle observa comment les troupes se disposaient, les guerriers en premières lignes, leurs boucliers brandis comme protection. L’armée de Haut-Elfe s’avança petit à petit, et son grand-père attendit le meilleur moment pour partir eux aussi à l’assaut. En tournant la tête en direction de son ancien groupe, elle les vit se disposer en plusieurs lignes, la charrette et son chargement suivant derrière.

Soudain un cri retentit. L’assaut était donné. Elle n’arriva pas à se résigner à devoir rester ainsi à l’écart. Lorsqu’elle vit les premiers guerriers rencontrer leurs adversaires, elle se leva d’un bon et fonça en direction du centre de la bataille. Au passage, elle se baissa pour récupérer son arc et quelques flèches supplémentaires. Elle vit que Kevirl avait finalement laissé son dodo et combattait au corps à corps. Caliomyr se rapprochait de lui, sûrement pour un dernier duel. Tout d’abord, Ireth se joignit de nouveau aux archers, ne sachant pas trop si elle savait se défendre avec son épée. Mais elle l’aurait pu de toute manière, s’étant imposée un entraînement assez dur avec quelques autres guerriers. Elle se tint alors à son post, dans les premières lignes, tout en essayant d’éviter les assaut magiques et à distance de leurs ennemis.

Elle arrivait à faire quelques victimes et cela l’enchantait de plus en plus, faisant une nouvelle fois monter en elle la haine et la colère. Mais elle resta maître d’elle-même et essaya de viser le mieux possible.

Une joie inopinée s’infiltrait en elle, une joie qu’elle n’avait jamais connu auparavant. Devant elle, au centre du conflit, elle vit alors son grand-père à peine à quelques mètres de Kevirl, et là, elle s’arrêta un instant. Elle laissa tomber son arc et empoigna son épée de la main droite et sa dague de l’autre main. Elle était moins agile à l’épée qu’aux tirs à distance, mais pour le moment, ce qui lui importait, c’était de voir mourir son père, définitivement. Sans entendre ses compagnons qui l’appelaient, elle fonça dans la masse, décidée à faire quelques victimes et d’éclabousser enfin ses lames du sang des perfides.

Elle se rendit compte qu’elle s’épuisait assez rapidement, mais elle réussit néanmoins à esquiver quelques attaques, au prix de quelques éraflures. Elle s’essoufflait à vouloir se créer un chemin jusqu’aux chef des deux parties. La bataille était rude et elle s’en rendait compte à ce moment là. Le sol était jonché de corps d’elfes des bois et de haut-elfes.

Elle se figea. Quelque chose de froid, de glacial venait de pénétrer dans son corps, au milieu de ses côtes. Une douleur fulgurante la prit au cœur, tellement surprenante qu’aucun son ne sortit de sa bouche. La lame ressortit brutalement de son être et elle tomba à genoux les mains sur la blessure
.

-« Nnnoooonnnn !! Iiirreettthhhh !!! »

Quelqu’un criait son nom, elle crut reconnaître la silhouette de son aimé mais sa vue et son ouie se troublaient à présent. Elle vit la personne la venger de ce coup puis se diriger vers elle en courant. Eldûrmoth la prit dans ses bras en hurlant.

-« Soignez-la vite !! Dépêchez-vous ! »

Elle sentit son corps reprendre vie et force. Les petites blessures étaient en train de guérir tandis que la douleur aux côtes s’atténuait. Elle leva la tête et lui sourit. Son sauveur lui rendit et voulu la serrer plus fort dans ses bras mais il reçut alors lui aussi une attaque dans le dos. Ireth écarquilla les yeux, horrifiée, et attrapant son épée se jeta sur l’agresseur qui ne prononça pas un mot lorsqu’il passa de vie à trépas. Elle se pencha sur le rôdeur mais il était trop tard, malgré le sourire encore figé sur son visage, il ne respirait plus. Tout en regardant à droite et à gauche pour ne pas se faire surprendre de nouveau, elle posa un dernier baiser, s’attendant à voir son corps revivre….mais rien n’arriva.

Elle vit alors que sa main cherchait le cristal dans la sacoche. Elle s’en empara et le remit à son cou tout en se relevant. Le pendentif se remit à briller, d’une lueur plus faible, mais il lui chauffait de nouveau la poitrine. Elle s’empara alors de son épée tombée à terre et en profita pour prendre celle d’Eldûrmoth en remplacement de sa dague. Lorsqu’elle dirigea enfin son regard vers ce dont elle se dirigeait avant, la haine, la colère ainsi qu’une force surhumaine s’insinuèrent en elle une nouvelle fois. Elle n’avait plus qu’un but : Kevirl. A son étonnement, elle réussit à manier les deux épées ensemble, talent qu’elle ne se connaissait pas mais qui devait venir uniquement du cristal, lorsqu’elle y réfléchit par la suite.

L’amazone avait réussit à se créer une tranchée jusqu’à son père avec facilité. Lorsqu’elle arriva derrière lui, il s’apprêtait à achever Caliomyr gisant à ses pieds, d’un dernier coup de lame. C’est alors qu’elle ne se maîtrisa plus du tout. Elle fonça sur eux avec un hurlement sauvage, et c’est de tout son élan que l’épée d’Eldûrmoth alla se planter dans le dos du Haut-Elfe. Elle la retira en la faisant tourner dans la plaie béante puis planta la seconde épée, avec moins de force mais plus au milieu du dos. Alors qu’elle la retirait, le corps de sa victime alla s’effondrer à côté de son grand-père.

Le vacarme cessa autour d’elle. Les soldats s’étaient arrêtés, effrayés par ses yeux et l’expression de son visage barbouillé de sang. Elle fixait le corps de son père, essoufflée, un sourire naissant sur les lèvres. Soudain, un rire commença à secouer sa poitrine. Un rire cruel mais à la fois heureux de l’action accomplie qui s’intensifia jusqu’à ce que des mots le remplacent.

-« Je t’ai eu Kevirl……tu en doutais peut être, cher père, mais pas moi ! »

Puis tout autour d’elle se mit à tournoyer. Elle perdit l’équilibre et tomba de tout son long, inconsciente.

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