L'histoire commence dans un village à la bordure du royaume Dark et du royaume Light. Les villageois, soucieux de la bonne entente avec leur voisin, de nobles Haut-Elfes, donnèrent en mariage la fille du chef de village au prince du village voisin. Une alliance par le mariage du peuple Dark des Elfes des Bois avec un peuple Light de noble lignée comme les Hauts-Elfes ne pouvait aux yeux de tout le monde qu'être bénéfique aux deux nations et montrer l'union possible entre deux magies différentes.
Eléawyn, la jeune fille promise, n'était pas indifférente au charme naturel du prince. Son charisme et sa beauté fesait de lui le plus bel homme et le plus respecté de son village. Le mariage fut magnifique et la jeune fille s'installa de suite après au manoir du noble seigneur.
Le jeune prince se montrait tres attentionner à l'égard de la jeune Elfe des bois et les premiers mois furent en tout point merveilleux pour le jeune couple. De leur union naquit une petite fille. Elle ressemblait trait pour trait à sa mère, au désespoir de la famille du père et par la même par ce dernier aussi. En effet, ils gardaient espoir quand à l'apparence de cette fille, qu'ils voulaient ressemblant à leur peuple de Hauts-Elfes. Bien sur, tout le monde dirait qu'il n'y a que peu de difference entre les deux races, mais les Haut-Elfes tenaient pour rigueur toute assimilation physique aux Elfes des Bois.
Eléawyn nomma sa fille Ireth et se promit de la choyer comme il se doit, comme une mère avec son premier enfant. Mais son noble mari se détacha de la jeunne mère, la délaissant ainsi que leur fille, prenant ouvertement des maitresses toutes plus belles que les autres et bien sur Hauts-Elfes, il va de soi. Il l'injuriait lorsqu'il rentrait ivre certains soirs...quand il rentrait. Le reste de la maison ne leur adressait plus la parole, ne les conviait même plus au banquet sauf pour les plus important où il aurait été mal vu de ne pas les voir.
Eléawyn alors transmis à sa fille la haine envers ces nobles, envers l'homme mais aussi envers le Haut-Elfe qu'il représentait. Le mépris pour leur race et pour les hommes en général grandissait en elle, devenait palpable dans la grande chambre qui hébergeait la mère et la fille.
C'est à la veille de mes 8 ans que ma mère décida de me ramener dans son village natale. Elle, elle resterait au manoir, seule, afin de remplir son devoir d'épouse factice. Mais elle ne voulait pas que sa seule et unique fille vive parmis de tels ingrats qui ne respectaient même pas leur propres sang. Une fois la nuit tombée, nous nous sommes faufilées en dehors de la grande bâtisse jusqu'à l'aurée du bois. Ma mère me murmura :
-"Ma fille, toi ma chair, mon sang, cours, cours jusqu'au village de mes parents. La-bas tu y trouveras la paix et le respect,et tu pourras dévelloper tes capacités naturelles auprès des notres, sa voix changea pour un ton plus dur : Ne leur dis rien sur ce qui se passe ici, Jamais tu m'entends?"
-"Mais, mère...." protestais-je d'une faible voix,
-"Raconte leur seulement que je veux que tu apprennes l'art guerrier de notre patrie ainsi que le respect de la nature. Vas, dépêche toi, les gardes risquent d'arriver d'un instant à l'autre. N'oublies surtout pas que je te garderais toujours dans mon coeur ma fille !!!"
Elle me laissa la, seule, avec mon baluchon préparé dans l'après midi. Une longue route m'attendait, il ne fallait pas que je m'attarde. Je la regardai partir à petites foulées pour ne pas se faire repérer. Un dernier geste de la main....
Je me détournai et couru le plus vite possible, pleurnichant, jusqu'a ce que mes membres, encore jeunes et sans activités ne puissent plus tenir. Le souffle court, je m'arrêtai, je repensai à ma mère, à la maison...
Dans le même temps, je commençai à tourner sur moi même afin de me repérer. Comme une idiote j'avais courru sans regarder où j'allais. Bon, le nord me paraissait le plus probable par rapport au peu que l'on m'avait appris. Je repris donc la route, cette fois ci d'un pas plus régulier. C'était la première fois que je me m'aventurais si profondément dans la forêt. De temps à autre je m'arrêtai, j'observai, j'écoutai. Je me rendis compte que vivre dans ce lieu devait être formidable. Tout était calme et à la fois tellement vivant même à la nuit tombante.
Une lueur. Du bruit. Je me jetai à terre derrière un buisson. Des voix. Deux Elfes des bois apparurent, ils discutaient.
-"Tu crois qu'on va croisé des gardes haut-elfes toi? Qu'est ce que j'aimerais. Il parait qu'ils sont magnifiques!! Plus grands, plus beau..."
-"Ou la à mon avis à cette heure ci ils sont couchés les gardes. Tu crois qu'ils viendraient se promener dans la forêt toi? C'est vraiment peu probable, ils ne savent même pas ce que de construire une maison en sécurité dans un arbre? Hahahaha!!!"
Un bruit se fit entendre, pourquoi avais-je bougé ? Maudites jambes endolories.
-"Hé ! Qui va la ?" dit l'un des Elfes.
Je pris mes jambes à mon cou et courru le plus vite possible, les yeux fermés. Mais, mais que ce passe - t'il, je ne sentais plus le sol sous mes pieds. J'ouvris les yeux, un homme me tenait par le col de mon vêtement, et je ne pouvais que courir dans le vide, à un mètre du sol environ.
-"Laissez moi !! Lachez mon col !! Vous allez le déchirer et vous me faite mal !!! Sale mâle !! Lachez moi !!!"
-"Hahahaha !!!", riait-il d'une voix grave et chaleureuse,"Hé bien ma petite !!! tu m'as l'air bien hargneuse pour ton âge !! Arretes de gesticuler comme ça, tu vas te faire mal toute seule."
Il me déposa à terre tout en me maintenant doucement mais fermement. J'ouvris des yeux immenses lorsque je le vis enfin en face. C'était le troisième compagnon des elfes qui étaient passés devant moi. D'ailleurs ils arrivaient en courant derriere moi. Le grand Elfe continua :
-"Alors jeune elfette, que fais tu ici toute seule, à une heure pareille? Tu as l'air de venir de la grande maison des Hauts-Elfes ! Comment as tu pu t'éloigner sans te faire rosser par les gardes ?"
-"C'est...c'est....ma mère...qui m'envoit.....dans....dans son village natale..." begayais-je, confuse.
-"Humm, ta mère? Je connais qu'une Elfe des bois qui puisse avoir une fille vivant dans ce village, et c'est Eléawyn. Pourquoi t'enverrait-elle chez nous? Ce serait stupide et irrespectueux vis à vis de la famille du prince."
-"Elle veut....", je pris une grande bouffée d'air, "que j'apprene l'art de la guerre de son village ainsi que le respect de la nature." répétais-je mot à mot comme me l'avait dis ma chère mère.
Je fixais durement le visage de l'homme qui me tenait. Ma mère m'avait dit de ne jamais laisser un homme me touchait de quelques façon qu'il soit. Et je commençais à bouilloner intérieurement.
L'Elfe se tourna vers ses compagnons.
-"Rentrons au village, ça suffit pour cette nuit, amenons la jeune enfant auprès de son grand père, il saura quoi faire d'elle."
-"D'accord, rentrons pour cette nuit, répondit l'un des deux autre Elfes, de toute manière je suis sûr que l'on aurait rien trouvé."
Le grand Elfe me monta sur ses épaules et nous partîmes. Malgré mes cris, le trio continuait sa route sans en faire cas. Apparement, j'aurais pu crier à m'en arracher la poitrine que ça n'aurait éffrayé et averti que les bêtes sauvages alentour, ce qui les arrangeait plus qu'autre chose.
Nous arrivâmes au village, je fis connaissance avec mon grand-père. Vieux, grand, gentil malgré tout. Au fil des jours, il m'aprivoisa, je commençais à sortir dans le village. Enfin, à tomber de branches en branches, je n'allais pas tres loin, et on me récupérait plus qu'autre chose. Mais je pris de l'assurance au fur et à mesure que les mois passaient. Je m'entendais de mieux en mieux avec les autres enfants.
Je pensais tous les soirs à ma mère, restée seule, parmis ces barbares. Cela me rendait triste, et certains se demandaient pour quelles raisons, mais je ne dévoilais rien, on ne rompt pas une promesse faite à sa mère.
Il faisait beau ce jour là, les oiseaux commençaient à chanter joyeusement et les rayons du soleil inondaient ma couche. Le village avait l'air agité, beaucoup courraient, d'autres murmuraient, quel remu-ménage !
J'allai bientot avoir 14 ans, mon agilité et mes talents s'étaient considérablement dévelopés et j'étais la meilleure au tir à l'arc de mon village, à la stupeur de tous. Mais ce jour là, je sentais qu'il se passait quelquechose d'inhabituel.
Une fois débarbouillée et habillée, je descendis vers le lieu du remu-ménage. Les villageois formaient un grand cercle autour d'un objet. je m'approchais tout doucement, les gens murmuraient en me voyant arriver, tout le monde s'écarta pour me laisser entrer.
Ma mère. Oui ma mère était la, allongée, les yeux fermés, entourée de fleurs et de présents. Elle ne bougeait plus. Lorsque je voulu la toucher, je fis un pas en arrière surprise par la sensation. Elle était glacée.... Mes larmes se mirent à couler. Ma mère était morte et je n'avais pas pu la serrer une dernière fois dans mes bras.
Je fondis en larme et courru le plus vite possible afin de libérer ma colère.
C'était de leur faute !! C'est eux qui l'ont tuée !! A petit feu, elle s'est consumée de l'intérieur !! Pourquoi l'avoir laissé seule là-bas ? C'est ma faute aussi !! Pourquoi ne l'ai-je pas supplier de venir avec moi ?
Arrivée dans une clairière, je m'arretai et tombai à genoux !!! Je me mis à crier :
"Je vous maudit !! Vous, Hauts-Elfes de malheur !! Je me vengerais sur Vous !! Par Neutra, je vous promet de vous exterminer jusqu'au dernier !!"
Je conclus ma promesse par un cri effroyable sorti de je ne sais où. De mes entrailles peut-être. Tout le village se demanda quel animal pouvait crier ainsi.
Après m'être extériorisée, je me remis en route pour le village, je montai dans ma chambre, pris quelques affaires, vêtements, arc, carquois, flèches, nourriture...et je pris un chemin au hasard, me disant qu'au moindre Haut-Elfe que je croiserais, j'éxécuterais ma vengeance.
Sur le chemin, je croisi quelques voyageurs !! Je partageais de temps à autre un repas avec certains, j'en profitais pour écouter leurs histoires.
Un soir, après un repas copieu partagé avec des Elfes Noirs, j'entendis parler d'une communauté avec une histoire particulière. Torwen était leur chef, et résidait pendant quelques jours à peine à l'auberge du village voisin. Mes hôtes avaient l'air de se moquer de leur légende, disant que c'était pure affabulation pour se donner une raison de combattre les Haut-Elfes. Pour ma part, la seule chose qui m'importait dans cette histoire, c'etait le fait de rencontrer des gens ressentant la même haine que moi, dirigée vers le même peuple, et accueillant chaleureusement leurs semblables.
Je me dis qu'il fallait que je me dépêche si je voulais rencontrer Torwen avant son départ pour d'autres contrées. Je pris mon baluchon, mes armes et repris la route devant les yeux ébahis de mes hôtes. Quand j'y repense, ils ont du me prendre pour un être étrange !! Cela me plait, après tout, moins on en savait sur moi, plus je resterais myrtérieuse et plus on me laisserait tranquille.
L'aurée du bois, l'auberge se tenait là au bord de la route. J'avais coupé à travers bois pour aller plus vite. Je ne voulais absolument pas lui courir après sur la route, n'étant pas endurante et sans le sous pour prendre une monture. Il pleuvait abondemment, j'étais trempée jusqu'aux os mais peut importe, je supportais de mieux en mieux les intempéries. Questions d'habitude surement.
Je pousse la porte. L'auberge est bruyante, beaucoup de voyageurs sont déjà attablés, entrain de dévorer leur repas ou de boire à grande gorgées leur bière et hydromel. Je m'approche alors du comptoir et interpelle l'aubergiste.
-"Hé aubergiste !!", essayais-je de crier par dessus le vacarne !!
-"Hey petite !! que viens tu faire ici, tu es bien jeune dis moi !! Je peux t'aider ?"
-"Déjà apprend à me parler autrement, tu verras vite que la petite n'est pas née de la dernière pluie !! Je cherche un certain Torwen, l'aurais tu vu chez toi ?"
-"Oui il est là-bas", il pointe une table au fond de la salle bondée, "il est avec ses compagnons, que des Elfes Noirs, petite, tu ne peux pas te tromper !! Mais fais attention, ils n'ont pas l'air commode !!"
-"Ne vous inquietez pas, je sais très bien ce que je fais !!"
Je me dirige vers la table désignée précédemment par l'aubergiste. Le groupe a l'air occupé dans une grand discution, je m'approche lentement de leur table. Je repère un des elfes au milieu du groupe qui semble être le plus respectés et le plus grand. Je me tourne vers lui et le regarde, leur conversation s'interrompie :
-"Seigneur Torwen ? Est-ce bien vous ? J'aurais besoin de m'entrenir avec vous, est-ce possible ? "
Le seigneur Torwen tourna son regard vers moi.
Citation:
L'elfe noir, le visage à moitié caché par l'ombre de sa capuche, tourna la tête en direction de la jeune elfe venu le voir. Sans un mot, il se leva et l'invita à le rejoindre dans une petite salle plus appropriée à leur discussion. Ses compagnons le suivirent également et Torwen prit place en face de son interlocutrice autour d'une table rudimentaire.
D'un geste lent il rabattu sa capuche et laissa apparaître un visage calme et serein. Ses yeux se plissèrent en regardant le visage d'Ireth et cherchèrent à fixer son regard comme pour sonder le fond de son âme. Il posa une main à plat sur le bord de la table et de l'autre le coude pour amener sa main jusqu'au visage.
Torwen prit le temps nécessaire pour écouter l'histoire d'Ireth avec attention. Il prit alors la parole.
- Puisse l'avenir te préserver des horreurs du passé jeune elfe des bois. Puisque tu es venu ici en quête d'une communauté pour t'accueillir, je vais aller directement à l'essentiel.
Le sorcier se leva en silence et fit le tour de la table. Il s'approcha de l'archère et ôta une flèche de son carquois. Il prit la flèche à pleine main et regarda le visage de la jeune elfe avec quiétude. Il tendit un doit de l’autre main au dessus du visage d’Ireth et approcha la pointe de la flèche. Doucement, il piqua le bout de son doigt avec l’extrémité de la pointe métallique.
Deux gouttes d’un sang noir tombèrent sur le visage de l’elfe. La première tomba sur le front et fut aussitôt absorbée, comme attirée par l’intérieur du visage. La seconde tomba entre des les deux yeux et glissa le long du nez, passa sur le rebord d’une lèvre et tomba comme une larme dans la main Ireth. Au contact de celle-ci, elle se transforma en perle d’un noir de jais en forme de larme. Torwen reposa la flèche avec les autres, et reparti s’asseoir à sa place. Il leva la tête en direction de l’elfe des bois et prit un ton solennel.
- Que cette perle devienne le symbole de ta venu parmi nous
Ireth suivit l'Elfe Noir dans une petite pièce juste à côté. En faisant bien attention elle remarqua qu'un nain les accompagnait. Bien, cela montre que personne n'est rejeté dans cette communauté. Elle sourie. Torwen s'assit en face d'elle et la fixa profondément. Son regard avait l'air de la sonder jusqu'au plus profond de son être. Cela en était très troublant. Elle réussit tout de même à raconter son histoire. Tout le monde l'écoutait attentivement.
A la fin de son récit, Torwen se leva et se dirigea vers elle. Elle était paralysée lors des évenements qui suivirent. Elle ne savait plus quoi dire. Et quand elle vit les deux gouttes de sang tombées sur son visage, elle en fut presque émerveillée. La transformation de la goutte en perle avait été instantanée. Surprise, elle ferma sa paume puis la réouvrit pour regarder de plus près le joyaux. On pouvait y perdre le sens de la réalité rien en le regardant trop longtemps.
Elle se leva et s'inclina devant l'Elfe Noir.
- Merci, Seigneur Torwen, infiniment Merci. Je garderais cette perle jusqu'à ma mort s'il le faut. Ce présent est un insigne honneur et je ne l'oublierais jamais. Merci de m'accueillir au sein de votre communauté. J'espère vous être utile et m'entendre avec ses membres.
L'Elfe des bois sortit une petite bourse en cuir de sa ceinture et y plongea la perle en attente de trouver une chaine ou un lacet de cuir. Ici, elle serait en sécurité.
Ireth attendit la réaction des autres membres présents autour de la table.
Citation:
Après avoir scruter pendant quelques secondes la nouvelle arrivante, je fut le premier à prendre la parole :
<< - Bienvenue à toi, je me présente, Belphegor mage Illusionniste et alchimiste, fils du puissant illusionniste Antegor et dernier membre de sa lignée, *prend sa chope et la vide*. Si tu compte nous suivre, je peux t'assurer que tu n'aura pas assez de temps dans une vie pour tout raconter... >>
Il y eu à nouveau un silence, un ou deux toussotements puis je repris...
<< - Dans la magie Dark, il regne une certaine armonie, mon domaine reste celui de l'illusion je peux recréer un univers...mieux vaut ne pas sous-estimer mes charmes... >>
Je me resservi en bière et soupira, mon baton se remis à bleuir...
Citation:
Sadra repoussa sa bière devant lui et contemplait l'elfe-des-bois, pensif. Ses compagnons connaissaient les joies et les déboirs que Sadra avait eu avec le peuple des bois et sentirent une tension monter...
- Je suis Sadra, elfe-noir adorateur de Calder. Sache que si tu cherches des gens qui haissent les perfides, malfaisants, arrogants et suffisants "hauts-perchés", tu es à la bonne adresse... jeune elfe-des-bois... Ton histoire confirme encore une fois toute la cruauté et la bêtises de cette race qu'il faut éteindre, annihiler même, pour le bien de Ganareth ! Maintenant excusez-moi, j'ai besoin de prendre l'air...
- Hé, je te pique ta bière, Sadra ? demanda Agar en rigolant.
- Mouais, si tu veux Agar, lança Sadra sans se retourner.
Tous furent surpris, car ce n'était pas du genre de l'elfe-noir de laisser une bière comme ça, mais tous savaient qu'il réagissait étrangement dès qu'un ou une elfe-des-bois se trouvait près de lui. Aussi le laissèrent-ils seul un moment.
- Il va revenir dans pas longtemps et en voudra à Agar de lui avoir fini sa bière... dit Belphegor.
Citation:
Torwen regarda partir Sadra d'un sourir crispé et se retourna vers les autres. Il fit un geste circulaire pour regarder chaque visage présent, et rabatu sa capuche qui dissimula le haut de son visage dans l'ombre. Il se leva à son tour et mumura ces quelques mots avant de partir.
- Elle sera des notres.
- Soit la bienvenue parmi nous Ireth fille d'Eléawyn.
L'elfe-des-bois voyageait depuis plusieurs jours maintenant. Il devait retrouver cette personne. Rien ne l'en empêcherait, ni la pluie, ni le vent, ni l'obscurité...
Il avait retrouvé sa piste. Elle était chez les Seigneurs Dark, des combattants Dark vouant une haine féroce envers les hauts-elfes... tout comme lui-même.
Il était maintanant en vue de leur repair. De la musique et des rires... une fête. Elle n'allait pas durer, si la personne qu'il recherchait était ici.
Il frappa à la porte. Un elfe-noir dénommé Sadra lui ouvrit la porte.
- Tiens, encore un visiteur ! Entrez !
L'elfe-noir prit le manteau de l'elfe-des-bois et lui indiqua une chaise.
- Bonjour, mes Seigneurs, je me présente : Eldûrmoth Tirtaur, je suis un Ranger, Maître du temps et prie Neutra. Excusez-moi de troubler ainsi votre soirée, mais je viens directement de la forêt de Whulh, car je suis à la recherche de quelqu'un... une elfe-des-bois dénommée Ireth. Son grand-père la fait mander près de lui car de graves problèmes planent sur notre belle forêt...
Ireth se leva précipitemment à l'annonce du nouveau venu, l'air sombre. Elle se doutait que quelquechose n'allait pas, mais pourquoi avoir besoin d'elle. Elle répondit d'une voix décidée et sûr d'elle :
-"Bienvenu à toi mon ami, je suis Ireth Cithràviel, que Neutra veille sur toi, viens t'assoir pour te reposer un instant et te restaurer, ton voyage n' a pas du être facile. Tu en profiteras pour me raconter tout cela et ensuite nous aviserons notre départ."
L'Elfette le fit s'assoir à une table où elle apporta à boire et à manger pour le messager.
-"Que t'a dis mon grand-père, pourquoi me quémande-t'il? "
-"Caliomyr semble penser que le village voisin s'agite étrangement....je...je ne peut pas en dire plus.....pas ici du moins, il m'a demandé de vous ramener .... le plus vite possible, cette nuit même s'il le faut."
-"Par Neutra !! Il faut effectivement partir immédiatement. Finis de te restaurer pendant que je vais réunir les affaires nécessaires au voyage."
Ireth se leva et se dirigea vers ses appartements situés à l'étage. Son arc, sa dague, ses flèches, sa pélerine....de quoi se nourir. Il ne fallait pas trop se charger afin de pouvoir tenir plus longtemps et arriver le plus rapidement possible.
Elle redescendit, prête à partir.
-"Eldûrmoth Tirtaur, je suis prête, nous pouvons partir. " Ils se dirigèrent vers la porte et elle se retourna vers ses amis des Seigneurs Dark et vers leurs invités. "Mes amis, je suis désolée mais une affaire de la plus haute importance m'attend dans mon village natal. Je dois vous laisser et ce pour je ne sais combien de temps encore. Je vous enverrais régulièrement des nouvelles par message. Ne vous en faite pas, je ferais de mon mieux pour revenir entière." L'elfe des bois sourit légèrement. Elle fit un signe de tête à Torwen et s'avança vers Sadra. Elle aurait voulu le serrait dans ses bras mais savait que ce dernier l'aurait peut être mal pris, alors elle lui sourit uniquement et se tourna vers Agar. Elle le serra dans ses bras tout en se baissant bien sûr.
Dommage Tony n'était plus là ainsi que Décontamination et Asaroth. L'Elfe se tourna alors vers les invités, fit une révérence à Mor Amarth et s'avança vers Thanquol. D'un mouvement rapide, elle effleura sa joue de ses lêvres et retourna auprès du ranger.
-"Allons-y !! Une longue route nous attend !! A bientôt mes chers amis, amusez vous bien jusqu'au matin.....je reviendrais une fois mon village hors de danger. "
Elle fit un dernier signe de la main avant de se tourner rapidement et sortir de la taverne.
Sadra sortit à leur suite et s'approcha de Eldûrmoth.
- Tu es Maître du temps, n'est-ce pas ? Quand Ireth sera en lieu sûr, pourras-tu repasser par là ? J'aurais une bonne affaire à te proposer...
- Il faudra que l'on en discute... vous savez, Sadra, pour moi les déplacements ne sont pas un problème... Cette nuit, dame Ireth ne va parcourir que 6 lieues.
- D'accord... et heu... à propos de Dame Ireth... Il est prépérable qu'elle m.. nous revienne entière... Pour le bien de tous.
- J'ai compris le message, Sire Sadra... répondit l'elfe-des-bois un brin sarcastique.
Pendant qu'Eldûrmoth alla à son tour préparer sa monture, l'elfe-noir se dirigea vers Ireth.
- Sois prudente, petite soeur de guilde.
Sans répondre, Ireth enfourcha son dodo et rejoignit son frère de race qui s'éloignait déjà. Elle fît juste un léger signe de la main en guise d'au revoir.
Une fois le montures hors de vue, la fête reprit, moins joyeuse. Certains en profitèrent pour aborder des sujets plus sérieux...
Cela faisait déjà plusieurs heures que les deux elfes couraient à travers bois, la forêt semblait s'ouvrir et se refermer sur leur passage...Elle aidait les deux elfes, il fallait qu'ils arrivent et vite...Dispersant les meutes de loups, détournant chaque menace vers d'autres chemins, elle les poussait vers leur destination... Continuant toujours plus loin...Ils durent se résoudre à arrêter leur course effrénée... Lorsque Eldûrmoth Tirtaur ne pouvant plus tenir sur ses jambes s’effondra en pleine course terrasser par la fatigue...Ils décidèrent donc de monter leur campement si ce n'était pour la nuit en tout cas pour quelques heures ici même...Eldûrmoth allait ainsi pouvoir se reposer un peu de son long périple solitaire et reprendre des forces pour celui qui l'attendait cette fois en compagnie d'Ireth...
Il s'endormit aussitôt leur collation terminée...Ireth commença son tour de garde, mais ne tarda pas non plus à s'endormir, non sans avoir lutté de tout son être contre les effets de l’alcool et ceux de l’effort intense fournit quelques temps auparavant......
Ireth sursauta...
Elle se réveilla la tête chargée de fatigue et de questions...Elle fit un point sur ce qui l’entourait, elle tomba tout naturellement sur le feu qui éclairait encore le campement, elle prit une branche afin de le raviver un peu…Elle tourna brusquement sa tête vers la gauche et vit son compagnon dormant à poings fermés…Rassurée, elle se tourna de nouveau vers le feu...Puis, puis elle le vit...Ombre parmi les ombres...Forme encapuchonnée et brumeuse, psalmodiant dans une langue inconnue, agitant une de ses mains au-dessus d'une sorte de cristal...Un étrange brouillard couvrait ses pieds, sans qu’il ne fasse bouger autre chose que son bras, sans que le moindre courant d’air ne vienne faire bruisser les feuillages…Il s’agitait seul, se soulevant puis retombant, des formes naissaient pour s’entredéchirer…Puis, elle vit ce qu’il se passait une partie de ce nuage était absorbé par le cristal, on aurait pu croire qu’il faisait tout pour ne rentrer dans le cristal…Dans un dernier souffle ou peut-être était un cri, le fin filet de brume se détacha du cristal…La forme se retourna et commença à avancer vers Ireth…Passant au-dessus du feu, le nuage sembla se transformer en vapeur montant vers le ciel…La vision qu’elle eut lui glaça le sang…Le nuage n’était en rien fait d’eau ou de vapeur…Il s’agissait d’âmes…gnome, lutin, elfes…furent celles qu’elle eut le temps de distinguer avant que le brouillard ne revienne au pied de Thanquol….Oui, c’était bien le visage de Thanquol sous la capuche et ça elle en était sûr…
Ireth mit la main sur sa dague ………………
Ireth sursauta…
Elle se réveilla la tête chargée de fatigue et de questions...Elle fit un point sur ce qui l’entourait, elle tomba tout naturellement sur le feu qui éclairait encore le campement, elle prit une branche afin de le raviver un peu…Elle tourna brusquement sa tête vers la gauche et vit son compagnon dormant à poings fermés…Rassurée, elle se tourna de nouveau vers le feu...Puis, puis… se retourna tout aussi vite vers…Un coin de forêt sombre…Dans sa main un bout de parchemin entourant un petit cristal attaché à une cordelette en cuir…
Sur le papier ces quelques mots :
< Garde le à ton cou ...En espérant qu'il me permettra de revoir ce doux visage qui me rappelle tant d'heureux souvenirs...>
Si l'on regarde à l'intérieur du cristal, on peut voir une sorte de gaz blanc s'agiter comme si une tempête faisait rage à l'intérieur...
Ireth, remise de ses émotions de la veille, dues sans doute à ce cher Thanquol par elle ne sut quelle magie, repris son tour de garde après son compagnon. Elle sortit alors délicatement le pendentif du creux de sa poitrine. Le gaz blanchâtre à l’intérieur semblait toujours s’agiter. Juste à côté, elle avait suspendu la perle noire offerte par Torwen lui-même le jour de leur rencontre et de son admission parmi les Seigneurs Dark. Elle repensa à eux, à ses gens qui lui manquaient à présent….elle murmura ces quelques mots :
« Oh Seigneurs de la nuit
Vous qui m’avez accueilli
Pour vous je donnerais ma vie
Comme vous m’avez donné l’envie.
L’envie de me battre.
Par vengeance, ou par devoir,
Je me battrais jusqu’au bout
Et par Neutra je vaincrais.
L’envie de découvrir
De fabuleux royaumes,
Jusqu’aux plus lointains,
Même celui de Silmaris.
L’envie de revivre
Malgré la tristesse,
Contrôler la haine,
Et vivre la nature, sereine.
Et cette perle,
Cadeau prestigieux,
Toujours près de moi,
Signe de mon ralliement,
Cette perle si précieuse,
Lien symbolique, unique,
Source de réconfort,
Et de soutient.
L’envie d’aimer,.
Peut être, un jour,
Oublier la peine,
Et aimer la vie.
La Lune Sombre,
Notre bienfaitrice,
M’aide pour ces quelques mots,
Son reflet m’inspire.
En ce voyage qui m’éloigne de vous,
Mais me rapproche des miens,
Mon âme est partagée,
Et ne sais à qui penser.
Oh Lune Sombre
Dont l’ombre me dissimule
Fait moi revoir mes frères,
Fait moi revoir mes amis.
Que par ce cristal,
Je puisse aussi revoir
Les êtres chers à mon cœur.
Envois leur ce message
Qu’ils sachent …. »
La Jeune Elfe des Bois s’interrompit, ne sachant plus quoi dire. Une éclat lumineux surgit soudain du cristal, cela devait être le signal de départ. Elle fut tout de même surprise, ne sachant pas comment ce cristal pouvait bien fonctionner. Elle se retourna vers son compagnon de route et frère, espérant que tout cela ne l’avait pas réveiller. Son air serein montrait qu’il n’en était rien. Ireth observa encore une fois les deux pendentifs côte à côte et les remis à leur place en soupirant, cachés aux yeux de tous.
L’aube se levait petit à petit lorsqu’ils reprirent la route en direction de son village natal. Elle avait hâte de revoir son grand-père et se demandait ce qui avait bien pu arriver pour que l’on est besoin de sa présence. Pourvu que cela ne soit pas un trop grand malheur…..
Ils accéléraient le rythme à mesure qu’ils approchaient de leur objectif. Les montures commençaient à souffrir de ce long voyage. Eldûrmoth Tirtaur ralenti alors afin de se retrouver à hauteur d’Ireth.
-« Les montures sont trop fatiguées pour continuer ainsi. Prenons la voie du temps maintenant que nous sommes plus proches du village. »
Ils arrêtèrent leurs Dodo et descendirent. Ireth prit la bride de celui de son compagnon de route afin qu’il ait les mains libres. L’Elfe des bois commença alors une incantation dans leur langue natale….Un portail s’ouvrit, au centre une spirale en mouvement apparut.
-« Euh il faut vraiment entrer la dedans ? », prononça Ireth d’une voix peu confiante.
-« Aie confiance petite sœur !! Ce passage nous conduira à peine à quelques mètres du village. Par contre, il va falloir que tu rentres en premier avec les montures. Je dois être le dernier pour que le passage se referme directement derrière nous. Tu risques d’être un peu secouée à l’arrivée mais c’est passager et dans un laps de temps très court. »
Ireth fronça les sourcils en fixant le portail.
-« Bon allez, j’y vais, si jamais il m’arrive quoi que ce soit, tu sais ce qu’il peut t’arriver ? Tu…….»
Ses derniers mots s’évanouirent en même temps qu'elle franchit le portail.
C’était une sensation étrange, comme si elle flottait dans l’air. Il faisait noir et pourtant elle n’avait pas les yeux fermés et elle ressentait tout ce qui l’entourait. Elle eut soudain l’impression de s’évanouir, de perdre le contrôle. Elle lâcha les rennes des dodo et se sentit partir au loin……
Une voix lointaine la sortit du brouillard de ses pensées.
-« Ireth !….Ireth ! Réveilles toi ! Nous sommes arrivés. »
Elle ouvrit peu à peu les paupières, encore nauséeuse. Le visage de Eldûrmoth devint de moins en moins flou. C’était lui qui l’appelait, un instant elle aurait cru entendre la voix d’une autre personne, celui qu’elle aurait préféré voir……….Elle se releva doucement et porta la main à sa tête.
-« Tout va bien ? Pas trop secouée ? »
-« Mmmh si un peu mais cela passera. Où sommes-nous ? »
Ireth regarda autour d’elle, le lieu lui était familier. Ils étaient arrivés. A quelques pas, elle vit les premiers abris de son village natal, Canas Dolen. Ils étaient dans la clairière où jadis elle avait fait promesse de se venger des Haut-Elfes.
Elle se leva d’un bond, dépoussiéra ses habits et se tourna vers Eldûrmoth.
-« Allons-y !! Mon grand-père doit nous attendre. »
Il s’avancèrent vers le village, Ireth regardait chaque petite habitation, essayant de voir ce qui n’avait pas changé et ce qui l’avait été. Le village s’était considérablement agrandi en une trentaine d’années, de nouvelles familles s’étaient semble-t-il créées. Certains villageois les regardèrent passer en murmurant. Ils se demandaient qui était la personne accompagnant Eldûrmoth. Ireth était partie il y a tellement longtemps que personne n’aurait pu la reconnaître, et même pas par son accoutrement, qui avait changé au fil de son voyage vers les terres des Seigneurs Dark. Et puis, ses cheveux noirs n’étaient pas très courant dans ce village, et lointain était le souvenir de sa mère, oublié même peut être. L’Elfe se retourna un instant et constata qu’il se formait un petit attroupement derrière eux qui les suivaient. Ils se dirigèrent vers le centre du village, là où comme à son habitude elle trouverait la demeure du chef et la place principale. De plus en plus de monde les suivait et tout le brouhaha de murmures incessants avait fait sortir de chez lui le grand-père d’Ireth. Caliomyr n’avait rien perdu de sa prestance depuis la dernière fois qu’elle l’avait vu, mais elle lisait sur son visage un air grave. Serait-ce parce qu’elle était partie sans dire au revoir ou parce que la situation qui l’avait fait appeler était importante au plus haut point ? L’elfe l’apprendrait tôt ou tard.
- « Bienvenue à vous deux, cela fait quelques lunes que nous vous attendons. J’espère que le voyage n’a pas été trop éprouvant. Merci Eldûrmoth, je te ferais quérir en temps voulu afin de te remercier pour ton aide. Va te reposer en attendant ma discussion avec ma petite-fille. »
- « Bien Caliomyr, merci à toi, j’ai bien besoin de repos après ce long voyage. Je reviendrai lorsque le moment s’y prêtera. »
Eldûrmoth continua le chemin afin de rejoindre la couche qu’on avait du lui préparer.
-« Monte Ireth, nous avons une longue discussion qui nous attend. »
Le ton de sa voix était grave et n’attendait aucune réponse. Ireth monta sans sourciller, devant les regards ébahis des villageois. On entendait quelques murmures parmi la foule : « C’est Ireth ? Elle est vivante ? » « N’était-elle pas repartie chez les Hauts-Elfes ? » « Mais tout le monde l’a croyait disparue……morte……»
L’Elfe préféra ne pas relever les mauvaises rumeurs qui étaient en train de proliférer derrière son dos. Après tout, ils auront bien le temps de la connaître et peu importait ce qu’on pouvait dire à son sujet, tout cela ne la touchait plus désormais.
Ils montèrent jusqu’à la demeure de Caliomyr. Ils s’installèrent tous les deux dans un fauteuil tressé avec soin par les artisans du village. Ils étaient de loin les plus confortables qu’elle ait connu et ils lui ravivèrent les souvenirs de son enfance.
-« Ireth, ma chère Ireth, comme je suis heureux de te revoir après tant d’années. Il n’a pas été facile de te retrouver tu sais. Enfin qu’es tu allée faire dans un coin perdu comme celui où Eldûrmoth t’a trouvé. En plein dans les montagnes, ce n’est pas un lieu pour une elfe des bois voyons. Enfin si tu t’y plais c’est l’essentiel. »
La jeune Elfe sourit.
-« Ce n’est pas le lieu qui me plait mais les gens qui y vivent et j’y suis bien Caliomyr. J’ai même un petit pincement au cœur pour un elfe noir, qui l’eut cru. » ria - t’elle gaiement, son grand-père l’accompagna.
-« Ta mère et toi avaient toujours pensait que l’amour se trouvait ailleurs que dans notre propre race à ce que je vois. Mais méfie toi, ce n’est peut-être pas le bonheur que tu trouveras chez ces impurs. »
Ireth se leva d’un bond : « Qui traites tu d’impur Caliomyr ? Je t’interdis de parler ainsi des gens qui me sont chers autant que mes frères le sont à mon cœur. Ce n’est pas parce que ma mère et toi avaient fait une erreur que je vais moi aussi en commettre une. »
-« Hahahahaha !!! Je revois bien là le feu qui t’habitait déjà lorsque tu es partie pour je ne sais où. Mais trêve de plaisanterie, je ne t’ai pas fait appeler pour te réprimander. Racontes moi un peu qui sont ces gens qui te plaisent temps dans ces terres du Nord. »
Et Ireth raconta comment elle avait rencontré les Seigneurs Dark, leur vie, leur organisation, enfin la partie visible, ses voyages avec Sadra. Elle omit pour le moment leur chasse dans les bois, ne sachant pas comment son grand-père réagirait. Sa rencontre avec Thanquol fut elle aussi contée ainsi que les mauvaises habitudes de celui-ci.
-« Des champignons et du tabac ? Hum ça ne doit pas être un si mauvais elfe noir alors. Attends moi ici je reviens. »
Caliomyr revint avec un petit paquet fait de grandes feuilles de laurier. A l’intérieur, des champignons sûrement macérer par lui-même ainsi que du tabac, spécialité des villageois, d’ailleurs personne ne sait comment ils arrivent à le faire pousser, d’où la rareté du produit.
-« Tiens tu donneras cela à ton bien-aimé. » Ireth leva un sourcil. « Comment ? Ce n’est pas le cas ? Bon à ton ami si tu préfères, je pense que ça lui fera plaisir. »
-« Bon maintenant passons aux choses sérieuses et surtout celles pour lesquelles je t’ai fait quérir. »
Ireth qui s’était avachie au fur et à mesure dans le fauteuil, se redressa brusquement afin de se concentrer sur ce qu’aller lui dire son grand-père.
-« Tu te souviens des petits accros que l’on avait avec la ville d’a côté, juste avant que tu ne partes précipitamment et que ta mère ne nous revienne ? »
-« Oui bien entendu, mais ce n’était que des petits problèmes et des disputes de nobles pour un peu de terre, rien de bien méchants. »
-« Hum oui jusqu’à ce que l’on nous ramène ta chère mère alors que tu sais bien qu’il en faut beaucoup avant qu’une elfe des bois meure ainsi. Et puis, ta mère n’étant plus et toi disparue…..le pacte établi entre nos deux peuples était rompue quasiment. »
Ireth eut un sursaut, pourquoi n’était-elle pas restée auprès des siens. Elle sentit une rage profonde l’envahir, une rage contre elle-même, contre ses actes immatures. Mais la vengeance qu’elle avait senti monter en elle ce jour là serait maintenue.
-« Que veux-tu dire par là ? Qu’est-il arrivé après mon départ ? »
-« Et bien, jeune elfe, sache que cette ville de Haut-elfes, ou du moins ses dirigeants, lorsqu’ils ont appris ta disparition, se sont empressés d’envoyer des soi-disant ambassadeurs afin de nous réclamer des parcelles de forêts qui d’après eux leur étaient dues. Alors que les accords que nous avions passé des années en arrière précisés toutes les frontières qui nous appartenaient et qui étaient délimités par la forêt. Tu imagines un peu les problèmes qui se sont créés par la suite. Kevirl, ton père, se laissa manipuler par sa famille, à moins que son âme même ait été contaminée par la haine, et me défia à mîntes reprises. »
Le grand-père d’Ireth se leva alors de son siège et se mit à marcher dans la pièce.
-« Cela fait depuis ton départ que l’abcès de la haine grandit mais n’éclate pas encore. Mais je sens que cela ne va pas tarder. C’est pour cela que je t’ai fais chercher et aussi pour savoir si vraiment tu avais disparue. Dans mon cœur, je le sentais mais il fallait une preuve à tout le monde mais aussi à ces Hauts-Elfes. » Caliomyr accentua ce dernier mot comme s’il allait s’énerver. Ainsi lui aussi commençait à les dénigrer malgré sa sagesse et son calme légendaire. « Tu es dotée des même dons que ta mère, je le sais et je l’ai vu lors des entraînements dans ton enfance. J’ai besoin de toi pour diriger un groupe d’espions et de renseignements. En effet, en plus d’avoir des problèmes de territoire, j’ai peur qu’il ne se passe quelque chose de plus grave encore.
Après le décès inexpliqué de Eléàwyn, d’autres faits inhabituels se sont manifestés. Certains animaux sont devenus fous aux approches de la ville ainsi que certains des nôtres. Je ne peux pas te dire ce qu’ils leur arrivaient exactement, cela m’a juste été rapporté, mais il y a quelque chose de démoniaque dans ces évènements. »
Ireth fronça les sourcils.
-« De démoniaque ? Veux-tu dire que les gens subiraient des sorts de sorcier aux alentours des frontières ? »
-« Je ne peux pas m’avancer, il va falloir enquêter et les gens que j’ai déjà envoyé en mission ne nous sont pas revenus. Ca va être à toi d’entraîner certain d’entre nous à la discrétion et à la dissimulation afin d’enquêter là-bas. Ton père même ne te reconnaîtra pas j’en suis certain. Si Eldûrmoth n’avait pas était avec toi, même moi je me serais demandé qui tu étais. »
-« Bien, si c’est ce que tu souhaites, après m’être reposée je rassemblerais quelques personnes. Mais il faudra que tu sélectionnes toi même ceux que tu penses être à la hauteur. Et je me chargerais de les former et de monter un plan. »
Caliomyr hocha de la tête et dirigea Ireth dans la chambre qu’il lui avait réservé. Elle y déposa ses affaires et ferma la porte. Beaucoup de questions mais aussi des souvenirs lui vinrent à l’esprit. Elle eut du mal à s’endormir et son sommeil fut souvent interrompu par de mauvais rêves. Ainsi elle allait bientôt revoir son père Kevirl. Comment allait-elle réagir en le voyant ? En pensant à lui, la jeune elfe ne pouvait s’empêcher de penser à la vengeance qu’elle s’était promise d’exécuter il y a trente ans de cela. Elle essaya de se rendormir jusqu’au petit matin.
Quelqu’un toqua à la porte. La voix de Caliomyr se fit entendre :
-« Ireth, tu es réveillée, je peux entrer ? »
L’elfe se leva précipitamment.
-« Oui oui bien sûr entre. »
Caliomyr avait revêtu sa robe pour les grandes occasions, peut être allait-il réunir le conseil des sages afin de savoir comment la mission s’organiserait. Il lui apportait aussi son petit déjeuner, fait de tisanes et de fruits de la forêt. Ireth dégusta ces mets qu’elle n’avait plus l’habitude de manger chez les Seigneurs Dark. Un vrai délice qu’elle se promettait de faire découvrir à ses amis.
-« Comment comptes-tu organiser la matinée ? »
-« Je vais tout d’abord réunir le conseil, des messagers sont déjà partis cette nuit afin qu’ils soient au rendez-vous. Mais avant cela, je vais te présenter à ceux que j’ai sélectionnés, peut être que tous ne te conviendront pas, mais aux premiers entraînements tu pourras faire ton choix. Ils sont tous jeunes et dignes de confiance, crois-moi, je ne pense pas que tu seras déçue. Je voulais qu’Eldûrmoth vienne avec toi mais apparemment, une autre mission lui a été donnée en cours de route. Il vous rejoindra plus tard, du moins je l’espère car ses talents peuvent être primordiaux à la réussite de la mission. »
Le Grand Sage se dirigea vers la porte.
-« Je t’attendrais en bas, je te laisse déjeuner tranquillement et reprendre des forces. »
Ireth finit son petit déjeuner et revêtit ses habits, discrets et saillants, qu’elle avait choisi exprès pour la chasse et les missions de discrétion. Ainsi vêtue, elle pourrait montrer à ses nouveaux espions quelle tenue portée lors de l’entraînement et plus tard lors du plan élaboré par ses soins.
Elle descendit lentement les escaliers tout en observant le groupe de jeunes elfes qui l’attendaient sur la place centrale. Ils étaient une petite dizaine mais Ireth ne pourrait pas les garder tous, cela était trop pour une mission des plus secrètes. D’ailleurs se réunir en plein milieu du village n’était pas trop à son goût, et les villageois eux-même commencèrent à former une petite troupe de curieux tout autour d’eux.
Elle arriva devant le groupe et se racla la gorge. Ils tournèrent la tête dans sa direction à part quelques-uns……….Ceux là seraient rapidement éliminés, l’ouie fine doit faire partie d’eux même, elle ne s’apprend pas ou si peu.
Solennellement, elle fit un signe de tête voulant dire de la suivre, elle croisa le regard de son grand-père, un regard compréhensif et entendu.
Ils se dirigèrent silencieusement vers la sortie du village, à l’opposé des frontières communes des Hauts-Perchés, comme elle aimait à dire. Quelques murmures se firent entendre au sein du groupe, elle s’arrêta brusquement, au point que certains faillirent se percuter et se retourna.
-« Ceux qui ne sont pas capables de se taire et de ne faire aucun bruit pendant plus de dix minutes sont priés de retourner immédiatement au village. Nous n’aurons pas besoins d’eux. Merci. »
Les élèves se regardèrent les uns les autres, étonnés qu’ils étaient qu’Ireth les ait entendus discuter. Ils se turent et se mirent cette fois-ci en file indienne. L’Elfe des bois continua alors le chemin le plus silencieusement possible. On n’entendait plus que les oiseaux qui chantaient et les rongeurs s’enfuir sur leur passage. Ireth sourit intérieurement. Bien, se dit-elle, ils ont l’air de savoir écouter mieux que ce que je ne pensais.
Cela faisait plus d’une heure qu’ils marchaient dans la forêt, sans bruit, lorsqu’ils entrèrent dans une clairière. Ireth se mit au centre et tourna plusieurs fois la tête. Les alentours semblaient vides de tout intrus, ils allaient pouvoir commencer. Elle leur fit signe des mains de s’avancer devant elle. Timidement, quelques-uns osèrent mettre un pied devant l’autre, d’autres hésitèrent mais se lancèrent tout de même au bout de quelques minutes. Une fois le petit groupe formé et le silence établit, Ireth prit la parole.
-« Bien !! Je suppose que vous êtes au courant de la raison pour laquelle l’on vous a fait convoqué. Pour ceux qui auraient la mémoire courte, tant pis pour eux….je préfère parler le moins possible de notre mission, n’oubliez pas qu’elle doit rester secrète, même aux gens du village, même à votre famille…..ou à toutes autres personnes que vous côtoyez. » L’elfe des bois baissa légèrement le ton. « Sachez aussi que pour aujourd’hui je ne vous ferais qu’une introduction……hum…..disons que vous rentrerez chez vous pour une fois….Demain…..il sera possible que nous restions plus longtemps ensemble, deux jours peut être trois ou plus…cela dépendra de votre comportement. Prévoyez le nécessaire, en tout cas. »
Ireth commença à repartir mais se retourna brusquement.
-« Ah oui !!! une dernière chose jeunes elfes. Je ne sais pas si Caliomyr vous a prévenu, mais il se pourrait que certains d’entre vous ne terminent pas cette formation et ne participent pas à la mission. Donnez le meilleur de vous-même et vous resterez à mes côtés. Que Neutra vous aide à franchir les étapes. »
L’elfe des bois continua son chemin en accélérant de plus en plus le rythme de la marche, puis de petites foulées elle passa à la course et au slalom entre les arbres. Le groupe arrivait à suivre au début sans se perdre mais au fur et à mesure, on aurait dis qu’Ireth cherchait à les semer. Quelques-uns uns abandonnèrent, de peur de se perdre sûrement, d’autres persistèrent, certains, les meilleurs, réussirent à ne pas se faire distancer et étaient à une vingtaine de mètres d’elle à peine. D’un seul coup, elle accéléra une dernière fois et disparue à la cime d’un arbre, tout cela dans le plus grand silence. Les premiers arrivés s’arrêtèrent net et commencèrent à chercher de gauche à droite où leur instructrice avait bien pu disparaître. L’amazone attendit quelques minutes, attendant que la plus grande partie du groupe les rejoigne. Elle réapparut alors devant leurs yeux ébahis, sautant d’une branche d’une hauteur de quelques mètres.
-« Bien !! Vous venez d’avoir un léger aperçu de ce que peut être une course poursuite. Dans ce cas-ci, c’est vous qui me poursuiviez mais pensez qu’il se peut que vous soyez dans la situation inverse et que c’est vous que l’on poursuivra un jour, d’où ce petit test d’orientation et d’endurance. Je vois que parmi vous, certains ont abandonné, j’espère pour eux qu’ils retrouveront le chemin du retour…..à moins que l’on ne les croise ce soir sur le chemin du retour. »
Elle avait prononcé cette dernière phrase d’un air ironique mais en même temps elle espérait qu’il ne leur arrive rien, même si loin des frontières, on est jamais trop sûr. Un des jeunes elfes l’interpella :
-« Dites moi, comment avez-vous fait pour disparaître ainsi sans que l’on vous remarque ? »
L’amazone émit un léger rire d’étonnement.
-« Tout simplement en grimpant dans cet arbre que vous voyez ici-même. Il m’a fallu beaucoup d’entraînement et de mises en situation réelles pour réussir ce genre de prouesse. Il faut allier souplesse et rapidité. Vous aussi un jour vous y arrivez, ne vous en faite pas mais il faudra fournir beaucoup d’efforts. Car si vous ne savez pas cela, il se peut que l’on ne vous revoit jamais une fois parti en mission. Une poursuite peut très vite arriver, une embuscade par exemple ou lors de mission d’espionnage, la découverte de votre identité réelle peut vous faire poursuivre par les espionnés. Mais nous parlerons de tout ça une autre fois. Nous essayerons plus tard l’effet inverse, l’un de vous devra jouer le poursuivi et nous autres seront à ses trousses jusqu’à qu’on le débusque. Bien entendu je donnerais un peu de temps à la « proie » avant que les chasseurs ne partent. »
Ireth observa les alentours afin de mieux se situer et réfléchir à la bonne direction à suivre. Pour le moment, il ne fallait absolument pas qu’ils s’approchent trop des hauts-perchés, cela serait trop risqué et de plus, ils pouvaient eux aussi avoir des espions dans la forêt même si ce n’était pas leur territoire.
-« Allons-y maintenant, avant de passer à un autre exercice, nous allons trouver le lieu idéal. Suivez-moi ! Peut-être allons-nous rencontrer les traîneurs. »
Elle reprit alors la direction empruntée auparavant lors de la course-poursuite pour retourner en premier lieu dans la clairière de départ. Sur le chemin, le groupe retrouva quelques rescapés mais pas tous….apparemment ils avaient fait demi-tour et étaient rentrés au village. Tant mieux, la sélection naturelle avait agit d’elle même et dès le début !! Revenus sur leurs pas, le groupe bifurqua sur la droite au lieu de continuer tout droit vers le village. Bientôt ils virent apparaître une espèce de camp d’entraînement, comprenant des cibles, un parcours semé d’embûches et une petite cabane perchée, Neutra seule devait savoir ce qui s’y cachait.
L’instructrice se retourna vers ses élèves.
-« C’est ici que nous continuerons aujourd’hui. C’est moi même étant jeune qui l’avait construit afin de m’exercer loin du village….et ainsi faire d’énormes progrès. Ne vous attendez tout de même pas à quelque chose de corsé, vos familles ne voudront plus vous laisser partir demain si vous revenez en petits morceaux ce soir…… Nous allons commencer par le tir à l’arc, outil indispensable que, logiquement, vous maîtrisez parfaitement, vu votre âge. Pour ceux qui ont oublié leur arc et leur carquois, je dois avoir encore quelques un de mes anciens outils dans la cabane…Restez ici je reviens. »
L’elfe des bois se dirigea vers l’arbre supportant la cabane de bois et monta avec rapidité et légèreté sur la plate forme. Elle poussa la porte et en ressorti quelques minutes plus tard avec cinq ou six arcs, accompagnés de carquois remplis de flèches. Elle descendit délicatement et se rapprocha du groupe.
-« Voilà servez-vous, pour l’entraînement ce sera bien suffisant, mais par la suite je vous conseille d’aller voir notre empenneur, qu’il vous fabrique votre équipement, j’irais lui rendre visite pour lui donner mes instructions sur le type de bois et le type d’objet. Maintenant, prenez place devant les cibles, il n’y en a pas assez pour chacun d’entre vous, mais vous passerez à tour de rôle, sans vous bousculer sinon il peut y avoir un accident. »
Les cinq premiers archers se tinrent en position selon les instructions de l’amazone. A son signal, il décochèrent leur flèche à une rapidité phénoménale, du moins pas tant que cela pour des elfes des bois…..Les cinq autres prirent le relais et ainsi de suite. Elle leur apprit différents exercices, différents positionnements et leur fit viser à des distances à chaque fois différentes……….Tout cela jusqu’à la tombée de la nuit.
Ils rangèrent alors les arcs et les carquois empruntés et ils reprirent tous le chemin du retour. Comme à l’aller, il se fit en silence, et cette fois-ci personne ne prononça une parole même en chuchotant. Arrivés au village, Ireth leur confia une dernière chose.
-« Les lieux où nous nous rendons doivent rester totalement secrêts même pour vos familles ainsi que les exercices. Je sais que cela est très dur mais j’espère que vous tiendrez ce secret au sein de notre groupe. Demain rendez vous avant l’aube à la clairière, armés, vêtus, et attentifs comme un départ en mission. N’oubliez pas des vivres et le strict nécessaire pour un voyage de quelques jours. »
Les élèves repartirent alors chez eux, exténués et fourbus de la tête au pied. Ireth ne semblait pas ressentir l’effet de la fatigue mais elle sentait que son corps était légèrement fourbu suite aux récents voyages. Il lui fallait encore passé chez leur artisan pour lui commander tout ce qu’il fallait pour le lendemain. Heureusement qu’elle savait qu’il ne travailler que une partie de la nuit, il était insomniaque et une partie de l’après midi. Une fois la commande passée, elle se faufila discrètement dans sa chambre sans réveiller son grand-père et plongea dans un sommeil profond.
Pendant la nuit, bien avant l’aube, l’elfe des bois sursauta. S’asseyant rapidement sur son lit, elle essaya de reprendre ses esprits et de se rappeler ce qui l’avait réveillé. Elle sentit alors une douce et soudaine chaleur autour de son cou. C’était le cristal blanc offert par Thanquol qui réagissait mais elle ne savait pas à quel phénomène. Elle le sortit de sous sa tunique et il se mit à illuminer toute la pièce, presque à en éblouir l’elfe. L’objet voulait l’avertir d’un danger certes, mais lequel ? Elle tendit l’oreille mais ne perçut rien d’anormal. Si, quelque chose était étrange, mais cela ne l’avait pas perturbé au départ. Le silence. Habituée au silence des grottes des Seigneurs Dark, elle ne s’était pas rendu compte qu’ici dans une forêt, cela n’était pas normal. Elle essaya de se concentrer un peu plus, et de réfléchir à ce qui pouvait se passer à l’extérieur. Elle prit rapidement et discrètement son arc, son carquois, remit sa dague dans sa botte et décida de jeter un œil par la porte et dans tous les cas prévenir son grand-père du danger potentiel. Toujours pas un bruit !!! Qui pouvait être l’intrus assez imprudent pour s’infiltrer dans un village d’elfe des bois? Un haut-perché ? Ils n’étaient pas assez intelligents pour calculer les risques d’un tel projet, cela était une bonne hypothèse.
Elle arriva près de la chambre de Caliomyr sans n’avoir rien aperçu pour le moment, pas même un mouvement. Elle toqua discrètement et se faufila en regardant de gauche à droite pour ne pas se laisser surprendre. Son grand-père était assis sur son lit, Ireth mit un doigt devant sa bouche au moment où il s’apprêtait à ouvrir la sienne. Elle lui murmura alors ce qui lui semblait étrange. Effectivement, Caliomyr aussi semblait devenir inquiet et commença à se préparer.
Les deux elfes se figèrent d’un seul coup. Un cri horrible venait d’être poussé au sein du village. Les deux parents se regardèrent et foncèrent le plus vite possible vers l’émission du bruit. L’amazone sauta les quelques mètres qui séparent les habitations du sol pour arriver le plus vite possible près de la victime. Elle s’arrêta net lorsqu’elle faillit rentrer dans l’individu responsable de ce cri. D’un geste rapide, elle l’attrapa par la manche et le plaqua à terre, sa dague sur sa gorge.
L’individu ouvrit des yeux horrifiés. Elle reconnut tout de suite l’individu, ou du moins sa race et elle esquissa un sourire cruel au coin des lèvres en observant le haut-elfe apeuré sous sa dague.
-« Qu’es tu venu faire ici ? » Le criminel laissa planer un grand silence. « Réponds avant que je ne t’égorge !!!! »
Ireth avait hurlé ces mots venant du plus profond de ses entrailles.
Le haut-elfe tremblait de tout ses membres et regardait de gauche à droite, cherchant peut être un salut.
-« Je….je…….ne…glups !!! »
La dague s’enfonçait de plus en plus sur sa veine.
-« Ne....me……tuer…..pas…..s’il ….vous plait. Je vous…..dirais …….tout….vraiment…tout…..»
-« IRETH !!!!LACHE –LE !!! »
Caliomyr ordonna à Eldûrmoth de faire reculer la jeune elfe du prisonnier, et de laisser les gardes le ligoter et s’en occuper.
Ireth se débattait de toutes ses forces mais le ranger la tenait fermement.
-« Caliomyr, cet homme est un Haut-Elfe laisse moi m’en occuper ce sont des êtres abj……. »
-« Assez !!! Impertinente et bornée !!! On ne refuse pas mes ordres jeune elfe !!! Cet homme est notre prisonnier et nous allons l’interroger, ce n’est plus de ton ressort à présent !! »
Et son grand-père s’en alla à la suite des gardes et du prisonnier. Eldûrmoth la lâcha légèrement et elle se dégagea.
-« Tu ne devrais pas t’emporter comme ça à chaque fois que tu vois un Haut-Elfe, cela te trahira lors des missions qui nous attendent. »
-« Je sais, mais cela était plus fort que moi……Mais je sais ce que je fais. Quand est-il de la victime ? »
-« Elle a juste été blessée, ce n’est pas très grave. En tout cas son cri a été suffisant pour effrayer l’agresseur. Je ne sais pas ce qu’il cherchait mais apparemment il fouillait chaque hutte. Etrange….. »
-« En effet…. »
Ireth replongea dans ses pensées tout en retournant dans sa chambre. Elle ne pourrait rien faire tant que ce haut-perché n’avait rien dit de sa mission.
Elle arriva devant sa chambre, perplexe. Elle ne tiendrait pas dans cette petite salle. Elle prit ses affaires et alla faire un tour en dehors du village pour se dégourdir les jambes. Elle sentit qu’on la suivait, mais comme ça ne pouvait être que quelqu’un du village (peut être un élève) elle ne s’inquiéta pas outre mesure. Au bout de quelques centaines de mètres, elle arriva dans son petit havre personnel. Elle soupira….cela faisait longtemps qu’elle n’était pas venue se recueillir dans cet endroit. Maintenant, il était légèrement délabré, en le regardant attentivement, Ireth se demanda comment les élèves avaient pu trouver cet endroit intéressant…….Elle grimpa avec souplesse dans la cabane principale surplombant le terrain d’entraînement et entra dans la pièce. Un bruit sourd se fit entendre, un caillou avait atterri contre les planches de la petite baraque. Elle ressortit et attrapa au vol une deuxième pierre qui avait failli atterrir cette fois-ci sur le visage même de l’elfe. Eldûrmoth se tenait là en bas, souriant.
-« Tiens tu es ici ? Monte si tu veux !! J’aimerais savoir pourquoi tu m’as suivi et ….surtout pourquoi tu m’as retenue de tuer cette saleté de Haut-Elfe. »
L’elfe des bois grimpa alors lui aussi à l’arbre et se plaça à côté d’Ireth, qui s’était assise au bord de la plate-forme, les jambes pendantes au dessus du vide. Le ranger ne prononçait aucun mot et la jeune Elfe était de plus en plus devenue impatiente de n’écouter que le silence.
-« Mais vas-y parle, Que me veux-tu ? Rrrhhaaaa !!!! Puis tu m’énerves à la fin !! »
Elle se leva d’un bond et commença à faire le tour de la passerelle.
-« Je trouve que tu es bien susceptible, emportée et impatiente pour une servante de Neutra. Une question, connais-tu mon passé ? »
Ireth se retourna en direction de Eldûrmoth, surprise par ses paroles. En effet, depuis certains incidents, elle n’était pas digne de sa déesse et manquait à toutes les politesses envers les siens, tant sa haine avait triplé en force et en volume. Elle leva les yeux vers la lune, le ciel étant resté pur et sans nuage, et essaya de capter un peu de sérénité dans ses rayons. Elle prit une grande respiration et parla d’une voix plus posée, calme et attentive.
-« Non, pas vraiment, j’ai été absente longtemps tu sais……..Racontes toujours, peut être les souvenirs me reviendront. »
Eldûrmoth prit alors la parole et lui raconta ce qui était arrivé à son frère. Ireth fronça les sourcils, elle savait qu’ils haïssaient les Elfes des Bois mais de là à en faire des animaux à abattre. Un frisson rempli de haine la remplie soudain, si elle ne se maîtrisait pas, elle aurait été capable de foncer tout de suite dans leur ville et de tous les égorger comme des bêtes sauvages capturées à la chasse.
Elle respira encore une fois très profondément et le ranger repensa alors à Sadra qui lui aussi contenait sa haine envers les hauts-perchés.
-« Mais alors, comment as tu pu m’empêcher de l’égorger.. ? »
-« Je pense que mes longs voyages m’ont appris à me contrôler, et surtout à rester calme devant n’importe quelle situation. C’est pour cela que même si la haine commence à monter en moi à la vue d’un de ces chiens !! J’arrive encore à la contenir en me disant qu’un jour leur heure, la grande heure viendra et qu’à ce moment là, ce sera l’heure de ma vengeance. »
Le jour commença à se lever, il allait falloir revenir au village et continuer les exercices avec les élèves, comme si de rien n’était, comme si cette nuit avait été calme. Ireth se demandait encore quelle était la mission de ce Haut-Elfe. Il cherchait un objet, apparemment,….mais quel objet ?
Ireth s’assit de nouveau à côté de l’elfe, cette fois-ci enroulée sur elle-même en se tenant les jambes avec les avant bras. Elle le considérait de plus en plus comme un frère, plus que ceux du village…..sûrement à cause de la haine qui les unissait.
-« Tu penses qu’il venait pour quelle type de mission ? »
-« Je ne sais pas……il va falloir attendre son aveu. »
-« Tu viens à mon entraînement ? » Fit-elle de but en blanc.
Eldûrmoth, surpris, ne sut quoi répondre.
-« Euh, écoutes, …..je sais pas, je pense qu’il vaut mieux que je reste au village jusqu’à ce qu’il avoue, et si tu veux je vous rejoindrais pour t’en parler une fois que j’aurais obtenu ses raisons. »
-« D’accord, faisons comme cela. »
L’elfe des bois descendit alors en faisant une pirouette, et retomba sur ses pieds comme un chat l’aurait fait. Eldûrmoth descendit à son tour et la suivit jusqu’au village.
Ils se séparèrent à l’entrée et Ireth se dirigea vers sa chambre préparer ses affaires pour l’expédition. Elle passa aussi pour récupérer un peu de nourriture pour quelques jours, ne sachant pas elle-même combien de temps ils partiront en excursion.
De retour au centre du village, les futurs explorateurs et espions l’attendaient tout en bavardant. Ireth passa à côté d’eux et leur fit signe de la main de la suivre. Ils s’arrêtèrent devant l’artisan pour récupérer des arcs et des flèches pour chacun.
-« Merci infiniment Nomir. A bientôt et que la lune te soit clémente. »
Le petit groupe continua lentement sa progression à l’intérieur de la forêt. Ils n’étaient plus très nombreux, sûrement que certains avaient dû abandonné au cours de la nuit. Ils étaient en tout et pour tout huit, pas un de plus, cela leur permettrait de faire plusieurs groupes de deux pour mener à bien certains exercices, se dit l’amazone
Le poids du silence était presque palpable, les jeunes archers et futurs espions étaient très anxieux et se demandaient sûrement ce qu’Ireth leur avait préparer. Surtout après ce qu'il s'était passé cette nuit.
La journée passa tout de même très vite. Ils s’entraînèrent à nouveau à l’arc sur des cibles mouvantes cette fois-ci, des petits animaux qu’ils dégusteraient au repas du midi, puis à celui du soir. L’après-midi, les courses poursuites s’enchaînèrent, à chaque fois deux fuyards partaient avec cinq minutes d’avance avant que le reste du groupe ne parte à leur recherche. Là, les élèves apprirent à distinguer des traces de leur « proies », à les battre à la courses mais aussi à les débusquer silencieusement. Ils dormirent très peu, Ireth les réveilla au beau milieu de la nuit pour un exercice de repérage et d’orientation. Tous en tenue de discrétion, ils s’essayèrent à distinguer des lieux qu’ils ne connaissaient pas et à distinguer leur coéquipiers dans la nuit, sachant que les elfes des bois n’ont pas la meilleure vue dans l’obscurité comparée à celle de leur cousin, l’elfe noir. Ils répétèrent ces différents exercices le lendemain, et Ireth fut heureuse de constater qu’ils apprenaient très vite. Elle pourra passer à l’étape suivante.
Autour des repas, les conversations allaient bon train, et l’amitié et la confiance s’installaient petit à petit dans le groupe. C’était primordiale pour la mission qui les attendaient tous. Ireth par contre se retirait de temps à autre. Elle avait besoin de faire le point sur elle-même, sur ses choix et sur ses réactions. Ses prières envers Neutra redoublèrent, implorant sa déesse de l’aider à contenir sa haine et à garder une certaine neutralité envers les évènements futurs.
Le troisième jour, ils eurent la visite de Eldûrmoth. Ils se préparaient tous pour partir vers une nouvelle épreuve lorsqu’un portail s’ouvrit à quelques mètres du campement. Le maître du temps en sortit comme s’il venait de passer une porte tout à fait normale et d’entrer dans une pièce, devant les yeux ébahis des jeunes Elfes.
-« Bonjour à tous !! Alors comment se passe ce petit séjour ? Ireth ne vous martyrise pas trop j’espère !! »
Les élèves rirent tous en cœur et lui rendirent ses salutations. Ireth quant à elle, sourit légèrement et s’approcha du Ranger. Elle savait que s’il était là ce n’était pas juste pour prendre de leurs nouvelles. D’un regard entendu, ils s’éloignèrent d’une trentaine de mètres du camp. Ils s’arrêtèrent et la jeune elfe croisa les bras.
-« Alors dis-moi, qu’a-t-il dit ? »
-« Il ne nous a pas tout dit encore, mais Caliomyr pense qu’il nous a dit l’essentiel. Une prophétesse est arrivée depuis quelques temps déjà chez nos voisins. Elle a prédit à ces dirigeants que lorsqu’ils trouveraient le cristal blanc, la victoire leur appartiendrait et ils pourraient disposer de notre village sans problème. Apparemment, c’est depuis sa venue que les disparitions étranges se sont produites aux abords des frontières et que les confrontations se rapprochent. Il n’a pas voulu nous dire son nom, ou alors peut être ne le connaît-il vraiment pas, mais c’est de cette personne qu’il va falloir se méfier, plus que de ton père ou de ses parents. Et l’espion cherchait un cristal blanc……. » Eldûrmoth porta le regard au cou d’Ireth. « …..Comme celui ci. Il a même fait ta description et avait remarqué que tu le portais lorsque tu t’es jeté sur lui la dernière fois. »
-« Que compte faire mon grand-père de lui ? Maintenant qu’il sait ce que je porte ? »
-« Je ne sais pas du tout, ils continuaient encore à l’interroger lorsque je suis parti. Mais dis- moi où as-tu eu ce cristal ? »
-« Figures-toi que je ne comprend pas plus que toi ce qui se passe avec ce cristal. C’est un cadeau d’un…….ami très cher qui me l’a donné lors de la première nuit de notre voyage. D’après lui, il me permet de communiquer avec lui en le gardant à mon cou. Il m’a averti du danger la nuit où le haut-perché s’est introduit dans le village, une grande lumière s’est échappée du cristal pour me réveiller. Je ne connais pas grand chose de son pouvoir, seulement que j’ai pu communiquer une fois avec et qu’il m’a averti une deuxième fois d’un danger. Je trouve cela très mystérieux. Qu’en penses-tu ? »
Ils commencèrent à se balader autour du campement, rester immobile n’était pas trop dans leur habitude.
-« Je ne sais pas trop quoi en penser, Ireth. Seulement, j’espère que lors de notre prochaine mission, il ne s’éclairera pas en pleine dissimilation, comme une bougie dans une salle sombre et ce au moindre danger. »
-« Pour plus de sécurité je le cacherais dans un petit sac de cuir. Sa lumière ne pourra pas passer, je sentirai juste sa douce chaleur traverser le tissu. »
-« Bien ! Cela me rassure un peu. Dis moi, as-tu un coéquipier ? »
-«Ils sont huit, plus moi neuf et si tu restes avec nous aujourd’hui nous serons donc dix. Pourquoi cette question ? Cela te tente ? »
-« Pourquoi pas. Et puis, si on est censé faire la mission ensemble, autant que l’on s’exerce un peu avant non ? »
-« Tout à fait ! Allons-y, je crois que nos petits élèves s’impatientent un peu » Dit-elle dans un léger rire.
-« Nos élèves ? Non non, je suis tout à ton écoute madame la professeur !! » Fit Eldûrmoth en riant lui aussi.
Tout en se dirigeant vers le petit groupe, Ireth prit le cristal dans ses mains, décrocha son petit sac en cuir de sa ceinture, sourit une dernière fois en observant l’objet puis le plongea délicatement dans la petite sacoche qu’elle accrocha à la même place.
Elle annonça au groupe que Eldûrmoth fera partie du reste de l’expédition afin que leur professeur puisse elle aussi s’entraîner et discuter de la mission avec le Ranger. Les « élèves » furent fort ravis de compter parmis eux un nouveau venu, surtout que Eldûrmoth avait une assez bonne réputation dans le village.
Ce fut donc l’âme joyeuse qu’ils partirent tous sur le chemin de leur prochain apprentissage. Celui ci consistait plus à un métier d’acteur et de bon menteur qu’a un exercice physique. En effet, si certains d’entre eux devaient être confronté à une infiltration, cela les aiderait énormément. Chacun leur tour, ils s’essayèrent à inventer un scénario, à entrer dans la peau d’un habitant et à s’habituer aux quelques coutumes ayant cour chez les Haut-Elfes voisins mais aussi à ce qu’il ne faudrait pas dire ni faire en leur présence. Ireth savait très bien qu’ils n’auraient peut être pas besoin de ces compétences dans la mission qui venait, mais selon son résultat, et, pour leur avenir autant aborder cet atout du parfait espion.
Quand à la mission elle-même, le jeune professeur ne savait pas trop par où commencer. Tout d’abord, il faudrait établir un état des lieux de la situation à la frontière : l’avancement du village, le nombre de gardes et leur parcours, les placements et déplacements des espions et autres adeptes de la discrétion…..sachant que cela faisait longtemps qu’elle ne s’était rendu de ce côté de la forêt. Ensuite, ils iraient faire le rapport à Calyomir pour savoir s’ils devaient s’aventurer plus avant dans le village jusqu’à une infiltration incognito. C’était apparemment la meilleure solution……progresser d’étapes en étapes sans trop se précipiter.
Mais le problème était personnel. Comment allait-elle réagir face aux lieux de son enfance, aux gens qu’elle reconnaîtrait, sans-doute, face à son père et à son ascendance……..Cette nuit là, après l’entraînement, Ireth alla se réfugier dans l’un des plus grands arbres alentour et entra en méditation. Elle interrogea son dieu, sa déesse, sur le comment réagir, comment rester neutre malgré la haine qui sommeillait en elle et qui ne demandait qu’à exploser.
Neutra,
Dieu ou Déesse qui préconise,
Une vie neutre, intègre et sereine,
Comment faire lorsqu’en moi, la haine
Comme un bûcher ardent s’attise.
Neutra,
Aide moi à garder le contrôle,
Toi en qui j’ai mis toute ma foi,
Je ne veux pas jouer un rôle
Pour les autres et surtout pour moi.
Neutra,
Je te fais prières et louanges,
Oh toi, Déesse de l’équilibre,
Non pas pour que les êtres changent
Mais pour que tous nous soyons libres.
Neutra,
Aide moi à comprendre pourquoi,
Pourquoi en moi cette haine.
Que ta quiétude vienne en moi,
Que ma prière ne soit pas veine.
Comme réponse elle n’eut que le silence mais elle sentait que son message était arrivé et que le moment venu, elle aurait la réponse.
Lorsqu’elle revînt de sa petite ballade, tout le monde dormait déjà, elle s’installa elle aussi près du feu et plongea dans un profond sommeil.
Le quatrième et dernier jour d’entraînement loin du village, l’apprentie professeur annonça au groupe qu’ils allaient bientôt revoir famille et amis, repos et bonne nourriture à la tombée de la nuit. Ce jour, Ireth avait l’air plus reposée et plus sereine que la veille, après sa discussion avec Eldûrmoth. Pourtant, elle se posait encore milles questions intérieures et surtout à propos du cristal offert par Thanquol.
Toute la journée fut rythmée par une rapide révision des exercices des jours précédents, et par quelques petits jeux finals avant de festoyer une dernière fois ensemble et de repartir en direction du village. La jeune elfe leur déclara leur laisser deux jours de repos mais en restant sur leur garde, et qu’elle leur donnait rendez-vous à la sortie opposée ce jour là à la nuit tombée. Entre temps, le ranger et elle auraient parlé à Calyomir et organisé la suite des entraînements ou des évenements. Elle les remercièrent aussi pour leur assiduité et leurs progrès tout au long du séjour.
De retour à Canas Dolen, chacun partit en direction de son logis, Ireth et Eldûrmoth se dirigeant ensemble vers l’habitation du chef du village. Caliomyr s’y trouvait déjà, près à partir pour une autre réunion du conseil.
- « Aaaahh !! Mes enfants !! Vous voilà de retour. Vous tombez bien, je me rend justement dans la salle du conseil. Déposez vos affaires, mettez vous à l’aise et rejoignez nous au plus vite. Nous discuterons de l’entraînement et aussi des prochaines missions……..bien sûr, nous aborderons le sujet des révélations et aveux de l’espion….. »
Le grand-père d’Ireth suspendit cette dernière phrase tout en la regardant intensément puis il dirigea son regard vers son cou. Ne voyant plus le cristal, il releva la tête et plongea dans ses yeux un regard entendu.
- «Bêd erin Sidh, nîn iell !!»
- «Bêd erin Sidh à toi aussi grand-père. »
Les deux elfes des bois se rendirent chacun dans leur chambre pour passer une autre tenue, se rafraîchir et poser toutes leurs affaires de campement. Puis, il se retrouvèrent tous les deux devant la salle du conseil attendant de se faire annoncer et accepter au cours de la réunion.
Le garde revint et leur indiqua d’un geste qu’ils pouvaient entrer. Les sages du conseil étaient au nombre de cinq, comme le chiffre désignant Neutra et aussi pour trancher lors d’un quelconque vote. Les deux jeunes elfes s’inclinèrent devant les membres et prirent place là où des sièges restaient vacants. Caliomyr alla droit au cœur du sujet qu’ils devaient aborder, tout le monde écoutant solennellement.
-« Nous avons interrogé l’espion et voilà ce qu’il en est ressortit. Eldûrmoth a du déjà t’en parler brièvement. Il a eu du mal à parler, nous avons dû lui certifier que tu n’étais plus là pour qu’il ose enfin se livrer. Tu lui a fait une sacré peur…………..Hum, revenons à ses révélations. Il nous a raconté qu’une prophétesse est arrivée depuis quelques temps déjà chez eux. Elle a prédit à la famille royale que lorsqu’ils trouveraient un cristal blanc détenu ici, la victoire leur appartiendrait et qu’ils pourraient disposer de notre village sans problème. . Il n’a pas voulu nous dire son nom, ou alors peut être ne le connaît-il vraiment pas, mais c’est de cette personne qu’il va falloir se méfier, plus que de ton père, Kevirl ou de ses parents. En tout cas, le résultat est qu’il a été envoyé ici pour fouiller nos habitations à la recherche d’un cristal, et ce dernier, il l’a vu briller autour de ton cou lorsque tu t’ai jeté sur lui. Si nous le relâchons, il est fort probable qu’il s’empresse de révéler ce précieux détail à ses dirigeants. Je savais que nous étions proche d’un grand évènement déterminant pour notre village, mais je ne pensais pas qu’il arriverait si vite. »
Le sage Caliomyr se leva de son siège et fit le tour des membres réunis en marchant lentement.
-« Apparemment, c’est depuis la venue de cette prophétesse que les disparitions étranges se sont produites aux abords des frontières et que les confrontations se rapprochent. Du moins c’est ce que le conseil en a déduit. Ireth, il va falloir accélérer l’entraînement des jeunes espions. Où en sont-ils ? »
L’amazone se leva pour s’adresser à l’assemblée.
-« Ils sont au nombre de huit actuellement. Nous avons terminé avec satisfaction la première étape, mais il leur manque encore les réflexes qui ne s’apprennent pas en seulement deux ou trois jours. Je pensais que j’aurais le temps encore, une semaine environ, pour approfondir ce qu’ils ont déjà vu, puis peut être faire des essais de passage de portail pour qu’ils s’habituent à ce genre de dispositif en cas d’ennuis. Moi-même, je n’y suis pas trop habituée et j’ai eu du mal à rester lucide et consciente après le dernier passage.» Elle tourna la tête et regarda le ranger. « Avec l’aide d’Eldûrmoth s’il le souhaite bien sûr. »
-« Je suis tout à fait prêt à aider dans ce domaine. Ma magie est à votre service du moment qu’elle peut aider à vaincre mes pires ennemis. »
Le ranger regarda Ireth avec un sourire sournois à peine visible et un regard rempli de flammes aux dernières phrases. La jeune elfe hocha de la tête, lui faisant savoir qu'elle avait compris le message.
-« Tu leur as laissé combien de temps avant le prochain apprentissage ? »
-« Deux jours de repos…… »
-« Parfait, vous avez deux jours alors pour faire une reconnaissance des lieux et de la situation. Je ne veux pas que l’on risque la vie de ces jeunes elfes avant de savoir où nous mettons les pieds.»
L’amazone resta de marbre mais était tout de même étonnée par l’annonce de son grand-père. Le temps devait pressé pour qu’il prenne une telle décision sans lui demander son avis.
-« Aucun problème ? Vous partirez au milieu de la nuit, après vous être reposés. Vous pouvez y aller. »
Les derniers mots de Caliomyr n’engageait aucune réponse de la part des deux futurs espions. Ils s’inclinèrent alors et sortirent de la salle du conseil. Ils marchèrent côte à côte en silence jusqu’à arriver au point de séparation. Ils se regardèrent droit dans les yeux puis Ireth se retourna pour se diriger vers sa chambre.
-« Ireth…. »
Elle se retourna, le regard d’Eldûrmorth semblait vouloir lui révéler quelque chose. Elle l’interrogea de ses yeux.
-« Bonne Nuit, Repose toi bien !! » Sa voix était d’une grande douceur.
-« Merci…Bonne Nuit à toi aussi »
Puis chacun se retourna rejoindre ses appartements pour dormir le peu d’heures qu’il leur restait. Lorsque l’amazone arriva dans la pièce, elle s’installa sur le sol, les jambes en tailleur, puis ferma les yeux. Elle émit alors la même prière que la fois d’avant, afin que sa mission n’échoue pas à cause de ses stupides réactions. Elle vérifia aussi que son cristal était bien dissimulé par la bourse de cuir puis se prépara pour aller se coucher. Elle doutait qu’elle arrive à s’endormir, mais au moins se reposerait-elle un peu si elle s’allongeait.
Elle fut sortie de sa torpeur par son grand-père. Elle se mit immédiatement sur ses pieds et se prépara pendant qu’il partait faire de même chez le ranger. Elle se chargea au minimum et se restreint au strict nécessaire : Son arc et quelques flèches, sa dague dont elle vérifia à plusieurs reprises sa dissimulation, ainsi qu’un peu de nourriture et d’eau. Elle se dirigea vers la salle du conseil où devait l’attendre le ranger et Caliomyr. Ce dernier avait les traits fatigués, peut être n’avait-il pas dormis de la nuit. Quant à celui qui l’accompagnera, il avait l’air frais et prêt pour l’aventure, sans pour autant ne pas avoir le visage grave.
-« Mes enfants, écoutez moi ! La mission qui vous attend n’est pas des plus simples, je le sais. Mais avant d’entreprendre quoique ce soit, vous savez que nous ne pouvons faire autrement que de vous y envoyer. »
Tous deux hochèrent la tête par consentement.
-« Ce que je vous demande, c’est de nous fournir le plus de renseignements possible sur leurs structures et leur organisation. Soyez prudents bien sûr, je veux vous revoir vivants. Bon courage ! »
Les deux aventuriers se regardèrent en hochant la tête et partirent en direction de la frontière Dark et Light, sans même un regard en arrière. Lorsqu’ils franchirent la lisière de la forêt qui délimite Canas Dolen, Eldûrmoth s’arrêta un instant et s’adressa à l’amazone.
-« Es tu sûre de vouloir participer à cette mission à deux ? »
Ireth se tourna vers lui, le regard étonné par sa question.
-« Mais bien sûr, où vas-tu chercher ce genre de question ? Tu ne veux pas m’accompagner c’est ça ? »
-« Non, non, pas du tout !! C’est juste que je me demandais si je ne te gênerais pas…. ou le contraire…..Nous n’avons pas souvent fait ce genre de chose ensemble, et j’espère que notre duo ne sera pas trop….. médiocre…. » Il hésita sur le dernier mot, et la jeune elfe sourit.
-« Ne t’en fais pas, je suis certaine que tout se passera bien, il suffit juste que chacun de nous écoute l’autre et que l’on reste prudent et maîtres de nous….. Allez viens, le temps file pendant que l’on discute et la lune disparaîtra bientôt si l’on ne se dépêche pas. »
Et ils reprirent leur chemin de manière à ce que personne ne puissent retrouver leur traces et les suivre depuis le village .
Ils parcoururent les quelques kilomètres les séparant de la frontière en passant d’arbres en arbres et en zigzagant silencieusement. Ils s’arrêtaient de temps à autre pour monter sur une haute branche et observer les alentours. Il ne fallait surtout pas manquer de prudence, cela pourrait leur être fatal.
Ils s’approchaient de plus en plus de leur cible présumée, lorsqu’ils entendirent des pas à quelques mètres. Ireth fit signe au ranger de monter dans l’arbre le plus proche et elle le suivit immédiatement. Au moment où elle rejoignit une branche sûre, un Haut-Elfe apparut en bas de leur repère, semblant chercher une chose inconnue.
-« Hey, mais que fais-tu ? On ne doit pas quitter notre poste, tu le sais bien….Sinon, on est foutu !! »
Un autre venait d’arriver, apparemment soucieux des ordres et de sa vie.
-« J’ai entendu quelqu’un venir, j’en suis certain. Je sais que on doit pas quitter nos postes, mais là c’est pour une raison valable ? Non ? »
-« Hum, Euh, oui si tu le dis, mais allez !! Viens !! Ca fait trop longtemps qu’on est parti !! »
-« Mouais, mais je suis sûr de ne pas avoir rêver. »
Soudain, le corps de l’amazone, peut satisfait de la posture qu’il avait adopté décida de bouger légèrement et la branche craqua. Elle retint sa respiration, tandis que le Haut-Elfe se retourna précipitamment en direction du bruit.
-« Tu vois je te dis que je n’ai pas rêver, il y a quelqu’un par ici j’en suis sûr. »
-« Mais ça doit être un petit animal, ou même un oiseau qui sait. Te fais pas de souci pour ça, s’il y a un elfe des bois qui passe par là tu sais bien qu’on les réceptionne toujours comme il faut. »
Le craquement recommença mais cette fois-ci, ce n’était pas Ireth. Elle leva les yeux et vit l’auteur du bruit, un corbeau s’envola en croassant et tourna autour des deux gardes.
-« Ah et bien tu vois, ce n’était qu’un corbeau ! Qu’est-ce que je t’avais dit. »
-« Oui bon ça va hein ! Retournons à nos postes ! »
Et les deux Haut-Elfes s’éloignèrent.
Le corbeau vint alors se poser à un mètre de l’amazone et d’Eldûrmoth et pivota sa tête comme s’il réclamait quelque chose. La jeune elfe le regarda attentivement, puis, prit sa gibecière et en sortit quelques miettes de gâteau sec. Le volatile s’empressa de les picorer, n’en laissant pas un seul reste.
-« Tu….tu connais cet oiseau ? » me demanda, surpris, Eldûrmoth.
-« Non, pas du tout. J’ai bien connu un corbeau qui m’a aidé à retrouver mon chemin lorsque je suis partie de mon village. Mais c’était il y a un peu plus de trente ans, et un corbeau ne vit pas aussi longtemps malheureusement.» Elle s’adressa à l’oiseau : « En tout cas, merci beaucoup à toi, mon ami. Tu nous as sauvé la vie. Je ne sais pas comment je pourrais te remercier…. »
Le corbeau s’approcha petit à petit des deux elfes et finit par grimper sur l’épaule d’Ireth.
-« Bon, je crois que nous avons un nouveau passager !! »
Les deux elfes et leur nouvel ami descendirent de leur cachette puis reprirent leur excursion discrète. Ils prirent vers l’Est tout d’abord, suivant toujours de quelques mètres l’orée du bois, là où les gardes guettent à longueur de temps la possible arrivée de quelconques espions ou visiteurs importuns. A chaque fois qu’ils se rapprochaient trop des gardes ou qu’un de ces derniers avait l’ouie plus fine, le corbeau leur était d’une grande aide et savait détourner leur attention, tandis que les deux espions s’éloignés silencieusement. Ainsi, ils parcoururent les deux cotés, faisant à chaque fois demi-tour lorsque la forêt s’arrêtait ou lorsqu’elle se détournait de la palissade de la cité. Ils purent analyser, pendant tout ce trajet, les différents tour de garde, les endroits mieux gardés que d’autres, et le sérieux des soldats. Quelque chose d’autre intrigua Ireth. Mis à part quelques portes pour que les tours de gardes se fassent plus rapidement, la grande entrée principale et celle qui lui faisait face dans ses souvenirs d’enfance, avait disparu. Ou du moins avait disparu de ce côté-ci de la forêt. Ainsi, son père aurait changé toute la sécurité de sa ville depuis bien longtemps. Les palissades avait pris de la hauteur, le nombre de garde avait triplé, si ce n’est plus, et les portes principales avaient été changés de place ou peut être même supprimé. La mission allait devenir plus difficile que prévu, surtout pour pourvoir entrer dans la cité. Ils décidèrent de s’éloigner un peu pour pouvoir discuter tranquillement et sans risque.
Eldûrmoth prit la parole en premier.
-« Ecoutes Ireth, je crois avoir trouvé une solution pour pouvoir entrer dans cette cité. »
-« Comment ça ? C’est la ville où je suis née et tu la connaîtrais mieux que moi ? Vas-y expose ton idée. »
-« As-tu bien observé les gardes ? Je veux dire par leur comportement mais leur visage ou leur morphologie ? »
-« Je t’avouerais que j’ai plus observé leur équipement et leur tours de garde que ce genre de petits détails….Où veux-tu en venir ? »
-« En fait, je les est bien observé, et je suis absolument sûr de pouvoir affirmer que certains sont des elfes des bois, et de notre village de surcroît. Je ne sais pas comment ça se fait, mais peut être que les fameuses disparitions dont parlait Caliomyr sont liées à ces gardes. Qui nous dit qu’ils ne les ont pas enrôlés pour s’en servir comme larbins ou comme gardes et que seuls les plus récalcitrants nous sont revenus morts ? »
L’amazone se mit alors à réfléchir suite aux remarques pertinentes de son compagnon de route. Cela résoudrait le problème des disparitions et en plus, cela leur permettrait de pouvoir entrer dans la ville sans être pris à défaut de morphologie non conforme.
-« Félicitations Eldûrmoth, alors là, sans toi, je crois que je serais passée à côté d’une telle information. Te rends-tu compte de ce que cela va nous ouvrir comme portes ? Et pas n’importe quelles portes !! »
Ils décidèrent alors de retourner près des murs et d’attirer un couple de garde dans leur direction. Ireth prit un caillou à terre et le lança à une bonne distance à sa droite. Un des soldats réagit et secoua le bras de son compagnon. Il lui murmura quelque chose et s’approcha seul du bruit. Les deux elfes des bois tenaient leur couteau dans la main, près à bondir sur leur proie. Puis le corbeau émit un léger bruit qui fit venir le deuxième. Voilà qui est mieux, se dit l’amazone. Les deux gardes avançaient à pas prudents, scrutant l’espace sombre devant eux. Eldûrmoth et Ireth se déplaçaient en même qu’eux afin de pouvoir se retrouver dans leur dos et les prendre par surprise. Chacun de leur pas étaient calqués par les deux espions. Quant ils furent assez loin de l’orée du bois, ils décidèrent de passer à l’action et fondèrent sur leur ennemis, couteau au poing ciblant la gorge sous le casque pour l’une et le dos entre deux pans d’armure pour l’autre. La mort était venu rapidement, juste un râle était sorti de leur bouche. Ils enfilèrent alors les armures en essayant de ne pas y mettre trop de sang. Ils se sentaient lourd sous ces épais bout de fer et n’avaient pas l’habitude de porter autant de protection sur eux. Il fallait se dépêcher, la relève n’aller pas tarder et il fallait que personne ne remarque l’absence de garde à cet endroit ci. Ils reprirent alors les places que les vrai gardes occupaient auparavant et attendirent qu’on vienne les remplacer. La jeune elfe des bois avait signalé au corbeau de les observer discrètement mais de faire attention de ne pas se faire attraper par les perfides. Après un certain temps, deux autres gardes arrivèrent enfin.
-« Hey !! vous deux !! c’est bon on prend vot’e place. Circulez, y’a plus rien à voir. »
Ireth voulut répondre à leur impertinence mais en croisant le regard de son compagnon, elle se rendit compte que cela serait très mal vu. En plus, c’étaient des Hauts-Elfes qui les avaient remplacé et à son avis, ils ne devaient pas traiter les elfes des bois comme leur égaux.
Ils baissèrent la tête pour acquiescer et prirent la direction de la petite porte. Plus que quelques mètres et ils seraient entre les murs de la cité. Elle essaya de ne pas presser le pas afin de ne pas trop éveiller les soupçons et franchit le porche des murailles. Ils refermèrent la porte et s’arrêtèrent face à la ville qui se dévoilaient sous leur yeux ébahis.
D’immenses bâtisses s’étalaient les unes à côté des autres. Le terrain allait en descendant jusqu’à une grande place, ce qui laissait aux nouveaux arrivés une vue prenante sur une grande partie de la ville. Les gens semblaient s’affairer comme dans toutes grandes villes, des commerçants vantaient leurs marchandises tandis que des enfants jouaient et riaient à gorges déployées dans les rues adjacentes, leurs yeux encore collés de leur longue nuit, les femmes bavardaient entre elle, peut être en train de colporter telle ou telle rumeur, ou tout simplement à parler couture et repas du déjeuner.
Les deux nouveaux soldats essayèrent de repérer la caserne du regard, Ireth ne se souvenant plus où elle se trouvait, puis les années passant, elle avait sûrement changé de place. Le palais, par contre, se distinguer sans problème aux abords de la grande place centrale. Des gardes étaient postés à chaque porte, immobiles, prêts à empêcher tout intrus d’y pénétrer. Soudain, en parcourant la cité des yeux, l’amazone repéra ce qui devait servir de caserne et de logis pour les soldats. Un bâtiment assez sévère mais assez grand pour une armée entière. Il allait falloir être prudent encore une fois. Même si il était peu probable qu’on leur pose des questions, il ne faudrait pas qu’ils fassent la moindre erreur. Observer, espionner, passer inaperçu, telles étaient les attitudes qu’ils devaient adopter.
Ils descendirent la route menant au centre de la ville, avant de bifurquer en direction de la caserne. Ireth se demanda s’il n’aurait pas mieux valu qu’ils aillent dans une taverne, comme tout bon soldat revenant de garde. Mais elle préférait attendre de voir comment les autres soldats elfe des bois réagissaient, avant de commettre la moindre erreur. Surtout que l’aube ferait bientôt place au matin et qu’il aurait été étrange qu’ils n’aillent pas se reposer après leur tour de garde.
Ils firent semblant de converser joyeusement le long du trajet, ne réveillant aucun soupçon chez les gens qu’ils croisaient. Ils ralentirent leur pas et leur discussion lorsqu’ils aperçurent la caserne. Apparemment, l’entrée des simples gardes ne se faisait pas par devant, ils durent donc contourner la baraque pour apercevoir un de leur nouveau compagnon de métier sortir par une petite porte derrière.
Au moment où ils la franchirent, un brouhaha incessant emplirent leur fines oreilles. Eldûrmoth plissa les sourcils de mécontentement et la jeune elfe fit de même. Quelques têtes se tournèrent à leur arrivée, mais les regards semblaient plutôt méprisant, et ils décidèrent de ne pas trop s’attarder dans cette pièce.
La salle était remplie de soldats buvant et mangeant à tout va, mais tous ressemblaient trait portrait au Haut-Elfe classique. Certains plus épais que d’autres mais tous avaient ce regard reconnaissable entre tous : méprisant et hautain. Ireth réprima son désir de tous les attaquer et traversa la pièce tête baissée jusqu’à la suivante. Ici, les même bruits, moins assourdissant mais aussi gênant. En levant les yeux, elle remarqua que la salle était moins remplie de monde. Et presque tous les occupants étaient des elfes des bois. Ils étaient au bon endroit.
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