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Lundi 1 septembre 2008

Petit essai encore, commencé il y a bien plus de deux ou trois ans et sur lequel je suis retombée ce soir. J'ai un peu continué, j'hésite à en rajouter, peut être quelques modifications cette semaine lorsque je l'aurais fait relire. Si vous avez des objections, des fautes à corriger, des tournures à améliorer, n'hésitez pas, il est pour le moment en mode brouillon à revoir ^^ ! (en italique dans le texte, ce sont plus des pensées que des paroles...)

 

 

Eloïse est une jeune femme tourmentée par ses relations avec les habitants de sa nouvelle vie. Elle vient d’arriver dans ce pays où elle ne connaît personne, parle la même langue mais n’a pas la même culture ni les mêmes habitudes et façon de penser. Voici ce qu’il en ressort :

 

« Qu’est ce qu’une pièce rapportée, d’après vous ? Hum ? Genre quelque chose qui ne sert pas vraiment, mais qui est là, qui décore ou qui sert qu’à certain moment…quand on veut bien. Une chose ou…une personne. Vous savez, le genre de personne, comme moi, qui débarque un jour, dans une région, avec ses bagages - autant matériels que culturels - seule. »

 

Et surtout qui, malgré les rencontres et les soirées, reste seule tout de même. Le rejet non-avoué, indirect, je ne sais pas si beaucoup de gens le connaissent. En tout cas, c’est ce que ressent Eloïse :

 

« Comment peuvent-ils me permettre de leur adresser la parole, de discuter, quelques minutes, avec eux, et s’offusquer lorsque je leur demande ce qu’ils font dans 3 jours ? »

 

Et oui ! Le politiquement correct sûrement Eloïse. Ou on ne sait quelle autre expression.

 

Une pièce rapportée, une petite pièce, toute petite, qui n’est là que pour faire jolie, pour combler, pour ne pas être seul, ou que sais-je ? Eloïse était cette pièce rapportée, du moins c’est ainsi qu’elle le vivait. On lui posait les questions classiques :

 

« Tu vas bien ? Et le boulot ? »

 

Bien bien… le boulot, je cherche, je trouve, je recherche…

 

Bien bien… je me cherche, je me trouve, me recherche et me perd…

 

« Ah c’est bien ça ! »

 

Et on repart dans d’autres conversations avec les autres et on oublie pour un temps la pièce rapportée. Chacun parlant son langage sans essayer de comprendre celui de l’autre. Pourtant elle a essayé, elle. S’intégrer, comprendre, participer. Mais quand on ne peut regarder qu’à travers une porte à peine entrouverte, ou par le trou d’une serrure bien verrouillée, difficile d’entrer dans le monde. Passer en force ? Ce n’est pas le genre de la pièce rapportée. Pas le genre d’Eloïse, elle veut qu’on l’accepte pour ce qu’elle est, pas pour ce qu’elle fait. Là encore, dure entreprise que celle-ci.  Surtout quand celui qui a ramené la pièce rapportée ne juge que par rapport aux faits lui aussi.

 

« Ahahahahahahahahahaha ! Tu savais pas ça ? »

 

« Euh non… j’aurais du savoir ? »

 

« Ah non c’est vrai que tu peux pas comprendre… ! »

 

« Bah expliquez donc, je comprendrais peut être… »

 

« … »

 

Dur combat en effet… Surtout quand la réponse persiste dans : « Mais non, tu ne peux pas comprendre, t’es pas d’ici… » Bah bien sûr. Surtout n’expliquez pas, j’en ai pas besoin…

 

Alors quand on est une pièce rapportée, on se tait, on suit, ou on s’en va. Eloïse est restée, elle s’est battue, en vain. Il a fallut plusieurs années pour que certains avouent que, finalement, elle était acceptée… Mais c’était trop tard. Car tout est terminé à présent, bientôt même repartira-t-elle dans sa contrée, avec sa culture, sa vision des choses, nourrie de tout ce qu’elle ne veut plus voir ni subir… Et encore moins faire subir…

 

« Mais.. c’est pas trop dur ? »

 

Ca dépend pour quoi…

 

« Non pourquoi ? Je l’ai choisi, je l’assume, j’aime et rien d’autre… »

 

« Ah quand même hein, moi si j’étais toi… »

 

Oui mais personne n’est moi… C’est ce que les gens ne comprennent pas chez la pièce rapportée… Elle a besoin que d’une chose, c’est qu’on lui montre un peu de respect, qu’elle devienne une pièce à part entière de l’œuvre et non un truc qu’on peut enlever à tout moment sans qu’on ait l’impression que quelque chose manque. Faire partie du tout, pas du peut être… Jamais elle n’avait eu cette impression, et il y a des gens et des endroits qui font tout pour que vous ne fassiez pas partie de ce tout existentiel.

 

Heureusement, tout n’est pas rien et rien n’est pas tout. Et les choses évoluent, les rencontres se multiplient et les choses s’arrangent.

 

Une pièce rapportée ? C’est ce qui ne devrait pas se refuser. Une pièce rapportée, ça devrait se fondre et s’accepter. Une pièce rapportée c’est fait pour faire évoluer, grandir, agrandir le puzzle de la vie. Une pièce rapportée n’est pas là pour être brisée…

 

 

 

 

Par Opheliane - Publié dans : Essais - Communauté : Inspirations poétiques
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